Farniente



Après des mois d'inactivité du blog pour cause de suractivité de la grenouille, voici un petit message pour vous informer qu'enfin... je ne fais vraiment rien !

Je viens de partir en vacances ! 
L'étang reprendra vit en septembre.
En attendant, vous pouvez toujours me retrouver sur les réseaux sociaux notamment sur la page fb du blog et mon compte Instagram. 



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Mazarine Book Day : l'opportunité d'une rencontre avec un éditeur



Pour la troisième année consécutive, en parallèle au salon du livre de Paris, l'éditeur Mazarine, appartenant à la maison Fayard, proposait aux auteurs de défendre leur projet devant un jury composé d'un éditeur, un blogueur et un libraire. Il suffisait de s'inscrire en ligne, gratuitement, en rédigeant un pitch, une courte bio et un résumé du projet. Évidement, je me suis lancée.


Saisir sa chance !


Avant de m'inscrire, même si j'étais tenté, je me suis renseignée sur l’événement. Merci à David pour l'info, sans que j'aurai peut-être encore raté le coche.
Sur le web, les retours très positifs des participants des années précédentes m'ont encouragé à tenter l'aventure. J'ai donc repris mon bâton de pèlerin et ressorti du tiroir le manuscrit que je démarche plus ou moins activement depuis septembre dernier. J'avais donc la certitude d'avoir sur mon texte achevé il y a deux ans, le recul nécessaire pour une présentation évitant le panégyrique.
Mon état de stress a contribué à saper le peu de confiance qui me restait. Mon objectif n'était donc pas tant de briller que profiter de la lumière ambiante. Rencontrer des éditeurs pro dans l'optique de présenter un texte est une chance assez rare.


Où, quand, comment 


Pour ceux curieux du déroulement de l'affaire, qui souhaiteraient éventuellement participer l'an prochain, voici un compte rendu du machin :
- courant février : l'inscription en ligne.
On choisit son créneau horaire, on remplit une courte bio, une phrase d'accroche et un résumé du projet, pas nécessairement achevé et tout genre confondu (fiction, essai, autobiographie...)
- en mars, le samedi du salon du livre : l'épreuve !
Rendez-vous à l'horaire prévu avec la fiche d'inscription déjà remplie et une dizaine de page de son manuscrit.
Un seul conseil : dès février 2019 surveillez les réseaux sociaux


La bizarre aventure de l'enveloppe manquante


Ayant un doute sur la validité de mon inscription (je n'avais pas reçu de confirmation), j'ai contacté Mazarine avec l'adresse mail fournie pour l’évènement. Réponse rapide et rassurante. J'ai donc patienté jusqu'au samedi 17 mars.
Pour des raisons pratiques, j'avais pris le premier de 13h30 à 14h30. Je devais ensuite faire de passionnante courses de… carrelage.
Mes samedi sont exotiques.

Évidement, les participantes (car la gente féminine représentait une écrasante majorité) des tranches plus tardives sont venues avec une avance considérable. C'était un beau bordel dans le hall du café-restau l'Alcazar, où se tenait les festivités. Des dizaines d'auteurs en devenir, toutes plus flippées les unes que les autres, amassées dans le hall alors que dehors, le ciel jetait des seaux d'eau pour nous encourager.
Après, il a opté pour la neige, faute de confettis.

Dès le début, j'ai remarqué la gentillesse du personnel de Mazarine. Des éditeurs aux stagiaires, tout le monde sur le pont, accueillait et renseignait la bande de féroces écrivaillons plus ou moins pomponnés et plus ou moins humides (personnes ne pleurait, il pleuvait juste beaucoup).
Ma terreur (si, j'en étais là, ce n'est pas très glorieux) s'est atténuée grâce à la présence d'une sœur de plume, Leslie Guyon et d'autres vaillantes participantes du MOOC Draft Quest. Une commisération dans l'angoisse et l'anticipation de présenter, parfois pour la première fois, notre projet devant un professionnel reconnu.

Au moment de décliner mon identité pour vérifier ma présence sur le listing, je me rassure intérieurement « tu as demandé un mail de confirmation. En cas de pépin, hop, tu dégaines le smart phone. Tout va bien se passer ma fille ! »
Le rituel était le suivant : une fois le nom donné, une enveloppe mystérieuse était remise à l'auteur. La jeune femme proposait alors de suivre un « entrainement » à la présentation avec des équipes de communicants pédagogues et rompus à l’exercice.
Bien sur, qui n'a pas eu son enveloppe, malgré son nom correctement inscrit ?
Panique is back

J'ai donc abandonnée les « moocqueuses » à leur volonté de tester une dernière fois leur pitch et me suis glissé vers le fond, la main crispé sur le ticket numéroté qu'on m'avait remis.
Je voulais passé le plus vite possible.
Que tout se termine.
Pas d'enveloppe.
Mais j'ai mon ticket. Tout va bien se passer.
Une mélopée en boucle à laquelle je ne croyais plus trop.

Une jeune femme vint indiquer la démarche à suivre à ma compagne de droite :
— Si vous avez une table préférée, vous pouvez vous mettre devant, sinon, ici, ce sera votre tour juste après.
Elle réitère à ma compagne de gauche. Et moi, tintin...
Je finis pas l'attraper et, posément, lui indiquer que même si je n'ai PAS d'enveloppe, je suis une participante. J'ai résisté à l'envie de lui collé fébrilement mon ticket dans la figure pour attester de mon droit de présence. L'hystérie pointait son museau.
Après une attente paradoxale, pénible ET agréable, à deviser avec d'autres candidates, le temps du numéro de claquette est venu.
L'absence de MON enveloppe a pris dans mon crâne de grenouille une importance incommensurable et j'ai évidement commencé à partager mon désarrois sous les yeux ébahis (mais bienveillants) du jury. Heureusement, j'avais les infos manuscrites dans ma pochette.

Le déroulé de l'entretien d'une dizaine de minutes fut grosso-modo le suivant :
- On m'a demandé ma bio. J'avais prévu de commencer par le pitch, le résumé, puis la bio. Re-panique exprimée avec force de mots confus par votre serviteur.
- Proposition aimable du jury devant mon hystérie maintenant galopante : faites donc dans le sens qui vous convient.
- Moi : non non non ! Je m'en tiens à ce qui est demandé.
- Ont suivi quelques questions sur mon activité bloguèsque et sa portée (j'ai dissipé tout possible malentendu sur ma notoriété et influence). Une écoute vraiment agréable et une attitude d’intérêt pour mettre à l'aise.
Étonnamment, je ne me suis pas pris les pieds dans le tapis. J'ai parlé de mon projet, résumé l'histoire et exposé mon intention.
Quand à la fin, on m'a demandé si j'avais des questions, prise de cours, j'ai de nouveau regarder le jury avec un air de merlan fris.


Pour conclure...


Mon impression générale est très positive en raison de l'attitude des interlocuteurs (qui ont rigolé plusieurs fois à mon état) mais aussi de tout le personnel présent. J'avais préalablement lu plusieurs articles de blog vantant l’accueil du Mazarine Book Day jusqu'à la lie. Méfiante et un chouia cynique, j'ai mis cet enthousiasme général sur la crainte de la critique, pour ne pas se faire « griller » dans l'édition.
Mon expérience s'inscrit dans ces retours dithyrambiques.
Si, par chance, ma prestation a été mémorable, je doute que ce soit pour l'originalité de mon texte. Le truc dont je suis assez satisfaite est d'avoir réussi à établir un dialogue avec les membre du jury, même si ce n'était pas vraiment super calibré ni même super calculé.

Pour chercher la petite bête, je dirai qu'au départ, en raison de la foule, je me suis sentie perdue (et puis je n'ai pas eu MOM enveloppe).
130 auteurs inscrits, à raison de 10 minutes par personnes, cela fait non seulement du temps de passage mais aussi beaucoup à débriefer. La foule m'impressionne toujours. Il me semble que les organisateurs ont été pris de court par la première vague d'arrivée. La situation s'est régulée assez vite.

Mazarine, avec son approche ouverte et généreuse (chaque participante repartait avec un grand format de leur maison et quelques bricoles sympa, cahier, stylo, pop-corn...), dépoussière la route d'entrée dans l'édition toujours pavée d'embuches. Si éditer un premier texte reste parcours du combattant, rencontrer « en vrai » un professionnel, soumettre son projet et se présenter demeure un exercice précieux et formateur.
Dernière info utile : les retours prennent entre deux semaines et quatre mois.
Je ne sais pas ce qu'il adviendra de mon texte, mais l'an prochain, si un de mes projets achevés correspond à la ligne éditorial de Mazarine ou de Fayard, je rempilerai !



Un autre avis sur le sujet à lire sur le blog Mécanisme d'histoire 


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Grand froid




Quand l'hiver étale sa force à grand renfort de blanc et de gris, qu'il lisse le paysage et le plie sous ses intempéries, il s'affaiblit.
Une posture. Que de la gueule.

Le chant de l'hiver, étouffant, mordant s'avère une gigantesque supercherie. Il joue au caïd, assoit par l'intimidation sa supériorité de façade. Il crame les feuilles agonisantes, joue au bras de fer avec les persistants, ils poussent les étourdis et les faibles à la glissade, aux chutes et aux dérapages. 





Il assoit son autorité comme un enfant capricieux. Derrière le masque impassible, un vieillard sénile et agonisant.
Il oublie que, sous la couche superficielle jeté à la va vite sur le paysage, d'autres lois régissent le monde. Bientôt les bourgeons percent.
La chape de froid et son apparente stérilité prépare un autre avenir. Déjà, sa vie s'épuise. Par en dessous, la terre prépare le plus sournois des putschs.
Perce neige et autres plantes à bulbes prépares une révolution fleurie.





Grand froid.
Pouvoir illusoire d'une saison qui plie déjà bagage.
Grand froid.
Ce sont les faibles, les souffreteux, les accidentés de la vie qui succombent à son baroud d'honneur, à cette dernière tentative pitoyable d'assoir un statue-quo stérile, figé. Inerte.
 
Grand froid achève les épuisés et les désespérés. Faute d'espoir ou de réserve, certains ne passent pas l'hiver.
La grande imposture de l'éternité promisse embarque dans son sillages réfugiés de l'automne et enfants abandonnés de l'été tardif.
Sous les atours égalitaires de sa large capuche blanche, il ne touche que les plus démunis. Ceux dont la protection - ou son absence - donne le référent d'humanité - ou de son absence - de notre société. 

Un mirage calme. Une extrême violence.
La seule protection : l'épaisseur des couches fiduciaires planquées dans nos doudounes en plumes.
Grand froid ravive nos âmes d'enfants, pétillent nos yeux devant tant de beauté.
Nos mains tachées. Nos cœurs souillés.
Quand survient la fonte, il y a des cadavres sur les pavés.





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Inondation






En janvier, je me suis astreinte au défi proposé par David Meulemans pour les utilisateurs de « DraftQuest » : écrire quinze minutes par jour et voir où cela nous mène, quelle fiction serait engendrée.
J'ai détourné l'affaire, me contentant de remplir deux pages par jour d'un cahier (en respectant le temps imposé). Si au début j'ai choisi de travailler à partir de couleurs, pour m'inspirer, le projet a évolué vers un travail de journal de création de mon texte en cours.
La lecture de « Comment naît un roman (ou pas) » de Marie-Aude Murail où elle raconte le processus de fabrication de son ouvrage « Le tueur à la cravate » m'a fortement influencé vers cette voie.
Voici le dernier texte du mois de janvier. Je souhaite continuer l’exercice au moins jusqu'à ce que ce mon projet en cours soit achevé.





31 janvier, marron

Marron clair et verdâtre.

La couleur de la Seine en crue qui embarque tout sur les berges, et rappelle dans son étalement qu'il est nécessaire de lui laisser la plaine. Plaine alluviale n'appartient à personne d'autre que l'eau. Rivières et fleuves encadrés, bétonnés, délimités par les hommes imposent leur nature. Indépendante. Impétueuse.
Les débordements se font réguliers.
Pourtant, notre faculté d'oublie n'a de cesse de me surprendre.

Les limons charriés n'enrichissent plus la terre. Les engrais viennent d'ailleurs. Des hommes. De leur artificialité empoissonnée.

La Seine commence sa décrue. Dans son sillage, la boue demeure, riche et nourricière. Des arbres morts, branchages et détritus. Canettes. Sacs poubelles. Le grand nettoyage du lit s'achève en une lit marron inesthétique. Murs et pavés de la villes doivent maintenant être récurés. Paradoxe.

L’hygiénique vision de l'homme du XXIe s’accommode mal des hoquets des forces naturelles. Pourtant, à la fin, ces dernières gagnent toujours.

Laissons donc en prévision, un peu de place à l'eau si l'on souhaite éviter les inondations répétés. Les inondations qui s'infiltrent dans les murs, sapent les fondations, usent les barrières, et toujours causent des ravages dont nous sommes les seuls responsables. Vanités et arrogances humaines ensevelies sous l'étendue marron. Lissées. 





Ce que nous imposons à la Terre, nous l'imposons à nos cœurs.
Se blinder. Se murer. Contenir ses émotions. Colmater les brèches pour prévenir l'inondation. Se retenir. Se restreindre. Respecter les cadres sociaux. Bétonner l'intérieur. Suivre le cours balisé, passer sous le pont, s'adapter au tuyau sous-terrain du canal.
Un jour, la crue, l'inondation.
Le barrage qui cède. Le pont emporté.
Un désastre d'eau. Parfois de sang.
La revanche du liquide.

À refuser de méandrer tranquille sur la plaine, de dépenser son trop plein d'énergie et d'émotions, l'homme fabrique les conditions de l'inondation. Laissons les plaines aux forêts, aux rizières, aux cultures inondables amies de l'eau et des limons. Profitons des crues pour monter sur les hauteurs. Observons le spectacle de l'eau vive libre.

Acception l’infiltration. Les débordements.
L'eau, elle, trouve toujours son chemin.



Photos de la Seine prises à paris le dimanche 28 janvier 2018. 


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2018, bienvenue


Encore une nouvelle année sur la Terre.

Plus elles s'empilent et plus je suis satisfaite du chemin parcouru. Certes, le monde qui m'entoure, surtout la société des hommes me déplait profondément. Je n'ai que peu de pouvoir dessus, pas la peine donc de m'en inquiéter. Résolument, j’observe la lisière argenté des nuages d'orage, comme dans l'idiome américain. Le monde est vaste, surprenant, poétique pour qui prend le temps de l'observer. Cruel et beau, violent et tendre.

Je vous souhaite, lecteurs de passages, inconnus perdus et amis fidèles, une nouvelle année riche et vivante, les pieds dans la terre, la tête dans les étoiles et le cœur vulnérable aux rencontres.


Je m'essaye depuis quelques temps à l'aquarelle et à divers patouillage aqueux. Je bosse beaucoup d'après mes photos du Japon, un moyen de raviver le bonheur du voyage. Pour ce début d'année je peuple donc l'étang de quelques visiteurs chatoyants.


fqs
f
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Neige de décembre






Au début du mois, je suis partie pour une escapade en Moselle. Il a neigé. Je vous souhaite à tous de passer une agréable fin d'années et de joyeux fêtes
Je vous laisse en compagnie d'un petit texte dont l'écriture accompagne mon thé surprise découvert dans le calendrier de l'Avent.



J'ai marché dans la neige.
Je l'ai écouté étouffer, avide, chaque son autre que le sien. 




La neige, tyran de l'uniformisation par l'absence. Égalitariste par excellence. Elle tire sa ligne molle d'horizon identique depuis les toits jusqu'aux sommets des arbres. Nivelle trottoirs et rues. Elle attendrit le paysage, éclaire de sa pâleur spectrale le sol et le bas tandis qu’en haut, elle voile le soleil, relégué ampoule faiblarde.




Crissement sous les semelles. Nez et yeux brûlants, j'observe ses doux dégâts en ce dimanche matin de décembre, dans une petite ville de l'est sinistrée, sous perfusion en provenance du Luxembourg. Riches et pauvres, face à la neige et ses glissements dangereux, nous marchons tous d'un même pas précautionneux.
Le temps de quelques heures, elle gagne.



Tout converge, blanchit, se mouille, puis de nouveau, les différences reprennent ses droits en niveau de gris, semant la zizanie bouilleuse. 

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Week-end au jaune



Sur le plateau normand, un bout de forêt en novembre.
De la vieillesse sous les pieds, de la mort accrochée au grillage, de l'or dans les lignes brisées. La bizarrerie de la vie, ni animale ni végétale, sur un tapis de pourri. 
Les petits trésors qu'on ignore.

De l'air piquant. Les doigts glacés sur le déclencheur, la quête commence.
Craquement et pépiement. Si je tend l'oreille, au loin le murmure d'une conversation. Connivence d'une mère et son fils.

Accroupie dans les feuilles, puis à demi allongée, j'admire le champignon. Un bruit étranger. Mon cœur loupe un battement. La silhouette d'un promeneur hors du chemin. Ha, il cherche son chien.
Chacun sa quête. 
Épousseter le pantalon, taper les semelles boueuses, réchauffer les mains rougies, souffler dans l'écharpe. Je suis maintenant à la traîne. Je courre un peu, pour les rattraper. A l'orée du bois, la lumière décroit. 
Ils m'attendent.
Derrière moi, le bout de forêt.
Une portion congrue de mystère et d'humus au milieu des champs.
A bientôt...



 







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