A la campagne, en Normandie

Cette semaine le thème bucolique du projet 52 A la campagne ne rentre pas vraiment dans les clous parisiens. Il est peu probable que j'ai l'occasion de m'éloigner de la capitale ou même de me promener dans un jardin ces prochains jours.
Je profite donc pour rattraper mon retard dans le tri et le traitement des mes photos. Je vous propose des images de Normandie, dans le petit village de Cailly et ses alentours.


Ce jour là nous étions partis, la moustache et moi, squatter honteusement chez des amis exilés en pleine cambrousse. Il a donc fallu nous adapter aux moeurs locaux de chasseur-cueilleur. Enfin, surtout cueilleur. J'ai grandi entre les champs et la forêt.
Dans un jardin, je suis à mon aise.
Dès que je peux gratter la terre, j'en profite. Cependant, je n'avais jamais été dans une ferme où on peut cueillir ses légumes. Rien à voir avec le potager de mon papa ! Plein d'immenses champs avec légumes et fruits à porter de main sans avoir les inconvénients de l'entretien. Merveilleux... Surtout le champs de fraises et l'allée plantée de framboisiers...



A la campagne, j'aime aussi observer les bestioles, surtout les plus petites. Une araignée couleur pomme Granny, la danse d'une coccinelle dévergondée, le clin d’œil d'un escargot. Autant de rires cachés sous les feuilles. Pour qui sait regarder, les cadeaux sont à portée de pupille !





Et puis, ce jour là, j'ai enfin trouvé des coquelicots prêts pour jouer la vedette. Depuis le printemps je cherchais un modèle à mon goût, pas trop farouche. Ceux de la ferme sont habitué aux gesticulations des enfants, aux brouettes qui dérapent. Alors, sous le feux de la rampe, rien ne les effraye !



Outre les bons petits plats vietnamiens concoctées par notre hôte, les balades à pied et en scooter, les litres de thé, les viennoiseries méga top bonnes de la boulangerie locale, je retiens de cette escapade la plus belle des activités : le farniente ! J'avais comme rivale une pro de la discipline : Misha, la minette de la maison, planquée à l'ombre sous mon transat.

La critique du manga Yotsuba est ici !


Pour les curieux, l'album intégral est à consulter ici :
https://picasaweb.google.com/Kaeruchan/ALaCampagneWeekEndACailly
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Carbone modifié : un polar cyberpunk très couillu


Pour moi, cyberpunk rime avec Gibson pour les livres et Shirow pour les mangas. Je suis assez difficile à satisfaire dans ce domaine. Richard Morgan signe avec Carbone modifié un foutu bon bouquin qui reprend les bases du genre, y ajoute une dose de SF tendance Space Opera et le tout servi par une histoire policière très bien ficelée. Alors tenté ?

L'homme digital

Premier roman de Morgan écrit en 2002 et salué par la critique, Carbone modifié se base sur un concept novateur : dans un futur (26ème siècle) où l'humanité ne se limite plus à pourrir la surface de la terre, la technologie permet d'être digitalisé. Il est possible de copier et sauvegarder la mémoire et la personnalité d'une personne dans une pile corticale. En cas de décès, on peut être réinjecté dans une enveloppe. On peut aussi faire des copies à distance avec des clones de sécurité pour devenir virtuellement immortel, à condition bien sûr d'avoir les finances.

Avec cette allongement de la vie et la possibilité de changer de corps - devenue une simple enveloppe - le système carcéral a évolué. En cas d'infraction, on peut écoper de plusieurs dizaines ou centaines d'années d'emprisonnement virtuel avec une confiscation de son corps. Là encore, pour le récupérer, il faut de l'argent. Beaucoup d'argent.


L'enquête piégée

Carbone modifié est le premier tome d'une trilogie narrant les aventures de Takeshi Kovacs. Ancien du Corps diplomatique (des troupes d'élites d'intervention et de renseignement), Kovacs est tué de façon brutale dans une intervention à la légalité douteuse. Il se trouve alors ré-enveloppé sur Terre, planète où il n'a jamais mis les pieds.
Il a pour obligation de jouer les détectives pour un notable richissime. Ce dernier, ré-enveloppé après son suicide, souhaite que Kovacs enquête sur les conditions de sa mort. Il ne croit pas à la thèse officielle et pense avoir été tué. Le hic : sa mémoire de la funeste journée a été définitivement perdue. L'affaire pue la manipulation et le chantage... D'ailleurs, tout dégénère très vite.

Si la mise en place est parfois un peu téléphonée et malhabile, très vite la narration prend ses marques. Comme il s'agit du premier tome de la série, certains éléments ne prendront leur dimension que dans les volumes suivants. Le style, raide au départ, s'assouplit vite, prend les atours craspecs et gluants qui siéent si bien au genre. Et bientôt l'intrigue captive le lecteur.

Carbone modifié est avant tout un excellent polar. Morgan n'utilise pas la technologie pour faire joli et futuriste. Elle est le moteur de l'histoire, sans elle, rien ne serait possible. Par contre, une fois les concepts posés, Morgan se concentre sur l'humain, ses doutes, ses vicissitudes.
Pas de mélo mais une ambiance sombre et violente. Kovacs n'est pas un protagoniste aussi simple et amoral qu'il n'y parait. Les personnages secondaires sont également bien travaillés. L'auteur se joue des stéréotypes avec talent. Il raconte une bonne histoire avec une écriture plus que correct et une narration bien menée. Ni temps mort et ni accumulation fatiguante de scène d'actions interminables. Le rythme captivant amène le lecteur dans les méandres d'un futur où l'humanité cède à ses penchants les moins glorieux.


Baston !

Attention, le bouquin est assez trash. Personnellement, j'ai eu beaucoup de plaisir à sa lecture mais certaines critiques mentionnent sa violence omniprésente. Elle ne m'a pas dérangée, elle accompagne le récit de sa nécessaire présence dans un univers franchement pas youpi-yop.
Cependant, j'avoue que certains passages explicites peuvent déranger. Bref, âmes sensibles s'abstenir.

On retrouve avec Carbone modifié les poncifs du cyberpunk. Les vices et dérives du capitalisme sont poussés à leur paroxysme (qui a dit qu'il suffirait juste d'une pichenette ?) avec une élite qui détiennent des corporations surpuissante et la masse du peuple abêtie, écrasée. Kovacs, pris entre le marteau et l'enclume, se dépatouille avec les moyens du bord. Ses actions et sa morale laissent souvent un goût de cendre. Il se retrouve dans des situations intenables avec des dilemmes moraux pas piqués des hannetons. Il n'y a pas de "bon" choix. Juste de la survie en limitant les dégâts. En final, ces interrogations sont très contemporaines.

L'équilibre entre réflexion et action donne au lecteur sa dose de baston jouissive et de cogitation. Sans atteindre les capacités visionnaires d'un Brunner où la poésie d'un Gibson, Richard Morgan se taille une place dans la cour des grands, certes avec un couteau commando et quelques litres d'hémoglobine versés sur le passage. Mais on lui pardonne :)

Carbone Modifié réussi le pari d'être un bon polar et un bon bouquin de SF. Il ne me reste qu'à attaquer le second tome, Anges Déchus, tout aussi prometteur.

Le site officiel de Richard Morgan :
http://www.richardkmorgan.com
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Photo 52 : jaune

Et hop, la photo de la semaine pour le projet photo 52 avec comme thème Jaune. J'avais déjà eu a subit l'exercice avec le défi Nuancier. Et... je n'aime toujours pas le jaune. Une seule photo donc pour vos mirettes, histoire de ne pas vous infliger cette couleur !

Popotin en jaune dans le 3ème...

Les infos techniques sur la photo :

ISO : 100
Exposition : 1/80 s
Ouverture : 4.7
Longueur focale : 15mm
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Photo 52 : transparence 2ème round !

Samedi soir, en catastrophe, j'ai posté ma photographie pour le récapitulatif du projet photo 52. Mon choix guidé par la fatigue et le stress m'a laissé un goût d'inachevé désagréable. Voici donc quelques autres clichés inspirés par ce thème.

La transparence en image est un autre regard sur la lumière, sur son comportement insaisissable, ses jeux et ses caprices. Elle fait couleur et chaleur de la photographie. Sans elle pas d'ambiance, pas de vie, pas de magie.
La transparence est la capacité mystérieuse d'un corps à laisser passer tout ou partie de la lumière, à être traversé, transpercé. Bien sûr, l'eau et le verre arrivent fièrement quand on discute de transparence. Et je n'ai pas pu résister face au reflet miroite dans l'eau vive...
 

 Pourtant, quand je songe à transparence, les images qui s'imposent sont organiques plus que minérales. Un pétale diaphane dans le soleil, la toile d'une araignée, la bave d'un escargot... Autant de transparences que seule une lumière coopérative nous révèle avec le bon angle et le regard affûté. Je vous fait partager mes découvertes :)



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Grandir en peinture !



C'est mon troisième stage d'expression libre à l'Atelier de la cabane. Et je suis dans mes petits chaussons, au sens propre comme au figuré. La surprise des premières fois, l'adaptation aux contraintes et la pointe d'inquiétude face à une activité nouvelle se sont envolées. Il ne reste que le plaisir de laisser glisser le pinceau sur la feuille, choisir sa couleur et s'écouter.


Apprivoiser le pinceau !

Depuis le début je travaille toujours sur le même tableau. A l'atelier, on peint sur le format de son choix, dans le temps de son choix. Si on n'a pas terminé, la fois prochaine Anne raccroche le tableau.
J'apprécie l'absence de toute précipitation, de toute pression. En plus, comme je prend des photos, je m'interromps souvent. Savoir que, quand la séance se termine, je peux continuer à la prochaine séance est rassurant.

Du coup, j'éprouve encore plus de plaisir et cela devient plus simple pour se concentrer, rentrer dans son tableau, à l'écoute des formes et des couleurs. Raconter une histoire qui se nourrit d'elle-même. C'est en peignant que l'inspiration vient.



Trouver sa place dans la musique des enfants 


 Je me suis aussi habituée à l'énergie et aux sons des enfants. Certains chantonnent, se taquinent gentiment, s'agitent ou au contraire, s'installent dans leur bulle avec un sérieux étonnant.
Leur présence au départ me troublait.
Pas dérangeante mais déstabilisante.

Certains enfants sont plus remuants que d'autres, certains étonnamment matures, ou timides. Et puis, certains aussi ont des difficultés très concrètes d'expression, par exemple de la dysphasie.
Et il y a aussi ceux qui n'ont pas été épargnées par la vie...

Je ne suis pas habituée à évoluer parmi des loupiots. Quand on est ainsi confrontée à leur problèmes, à leur mal être, rester concentrée devient parfois un peu compliqué.



Avec les stages, j'ai appris paradoxalement à être plus à l'écoute et en même temps à être plus distante, à laisser les loupiots déplacer du vent, faire des tornades sans m'arrêter de peindre. Et si certains me touchent ou m'agacent, j'apprends à être plus tolérante, plus adulte aussi.

Moi qui ne veut absolument pas d'enfant – et ceux depuis que j'en suis une ! - j'apprécie leur sincérité, l'énergie de leur simple présence. J'apprécie de partager avec eux une activité épanouissante et respectueuse où chacun fait son bonhomme de chemin, en harmonie avec ses voisins, et avec le sourire !

Alors, moi aussi, je continue de grandir, avec de la peinture sur le bout des doigts.





D'autres articles sur l'Atelier de la Cabane :
- l'histoire d'un atelier pas comme les autres, d'une aventure humaine :
http://etang-de-kaeru.blogspot.com/2011/02/larc-en-ciel-dans-la-cabane.html
- le déroulement d'une séance d'expression libre en peinture :
http://etang-de-kaeru.blogspot.com/2011/04/la-grenouille-en-vacances-episode-3-la.html
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Photo 52 : transparence

Juste une image. La lumière qui traverse un pétale, la lumière qui joue avec la trace organique irisée d'un insecte. La transparence....

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"Kafka sur le rivage" bercé par le bruit du vague à l'âme

C'était le dernier livre dans ma liste pour le défi In the mood for Japan  qui s'est achevé fin juin. Je prends enfin le temps de chroniquer ce chef d'oeuvre d'Haruki Murakami. Cet auteur a beaucoup de succès, à juste titre. Son style à la fois simple et étrange plaît au public et à la presse. Et moi aussi, je suis tombée sous le charme.


Un pèlerinage à Shikoku...

Comme pour Les bébés de la consigne automatique, je vous déconseille la lecture de la quatrième de couverture. Elle révèle quand même des événements qui se déroulent à la page 450... Ce n'est pas vraiment nécessaire de dévoiler ainsi certains mystères.
Si vous n'êtes pas familier avec le style de Murakami, je vous conseille en première rencontre de débuter plutôt par un ouvrage moins épais, comme Le passage de la nuit. Si vous êtes gros lecteur ou amateur de littérature contemporaine, alors l'expérience mérite le détour.

Kafka sur le rivage est un parcours initiatique, une invitation à laisser dernière soi ses doutes et ses préjugés pour se laisser guider par le flot, se laisser porter par la magie des rencontres et l'âme des lieux.
Murakami nous conte en parallèle deux histoires, deux quêtes qui raisonnent et convergent.
D'abord, il y a cet adolescent à l'existence écrasée par le poids d'un secret digne d'une tragédie grecque. Et puis, il y a un vieil homme marqué par une aventure bizarre survenue enfant et qui l'a rendu amnésique et illettré. Tous deux vont, chacun suivant sa route, se rendre à Shikoku, dans une petite ville de campagne, loin de l'agitation tokyoïte.


Une forêt d'arbres et de livres...

Marée basse...
Malgré le nombre de pages conséquent, la narration reste fluide et d'une construction parfaite. L'écriture ne connaît aucun temps mort, aucune faiblesse. J'aime le style de Murakami, dans la retenue et la pudeur.
Pourtant, une fois les personnages établis et l'histoire mise en place, l'émotion croit, se déploie pour tout envahir.

Ce livre donne envie de lire, envie de lire dans une bibliothèque, envie de fouler le sous-bois d'une forêt profonde, envie de partir à Shikoku, parcourir la campagne et se retrouver.

Murakami nous raconte un lieu, sa magie sauvage et nécessaire. Il parle de ses refuges si importants et si purs qu'on a besoin d'y retourner ponctuellement mais où il nous est impossible de vivre.
Nous ne sommes qu'humain...

Et puis, la notion du "temps propice", et de l'attente est aussi au coeur de se roman où les rencontres se produisent toujours au bon moment, quand le personnage est prêt à recevoir les bénéfices d'une providence tantôt taquine tantôt clémente.
Un autre élément que j'ai énormément apprécié est la transformation par la découverte de la musique classique. Un personnage médiocre prend conscience de sa condition, se remet en cause et décide de se changer. Il ne s'agit pas du coeur du roman mais cet aspect m'a beaucoup touché.


L'âme allégée

Kafka sur le rivage est un livre heureux. Cependant, il n'est pas facile. Le héros, un adolescent prisonnier de la folie de son père brise ses chaînes, casse la dynamiques d'un cercle vicieux en enfreignant des tabous. Le voyage ne s'effectue pas sans douleur et l'amour n'est pas un miracle à l'eau de rose.

Mais on peut se défaire des charges que les autres nous imposent. Il est possible avec de l'obstination et de la patience d'aller jusqu'au bout, d'achever sa quête, d'être libéré !

Une oeuvre résolument positive, parfois dérangeante, mais sans aucune vulgarité ou complaisance. Elle me donne envie de continuer à lire cet auteur, qui me surprend toujours par son univers complexe, sa vision onirique et son intelligence.
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