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Grammaire de l’imagination de Gianni Rodari – Introduction à l’art d’inventer des histoires.


En ouvrant cet ouvrage, je m’attendais à un livre sur l’écriture et la fabrication d’histoires. Je me suis trompée sur le premier et le second sujet n’y est pas traité sous l’ange que j’espérais. La préface, rédigée par le traducteur français m’a tellement dérouté que je me suis arrêtée. Le livre a été proposé au programme d’un atelier de lecture par la personne qui m’en avait vanté les mérites (merci David). Cette fois, motivée par une possibilité d’échange, je me suis lancée dans la lecture, passionnante et souvent drôle, de ce bouquin inclassable.


Nourrir son imaginaire


Grammaire de l’imagination s’adresse en priorité aux parents et personnes qui travaillent avec des enfants. Une catégorie à laquelle je ne me sens ni légitime ni à l’aise pour revendiquer une quelconque affiliation. Pourtant, nous sommes tous d’ancien (ou moins ancien) enfant. Et l’imagination, la créativité, se nourrit d’un regard sur le monde capable de cultiver l’enthousiasme et la curiosité.

Si vous êtes un peu artiste, si vous aimez les histoires, ou si vous voulez développer votre imaginaire ou celui d’enfants, je vous encourage à ouvrir ce livre, avec moins de préjugés que moi ! Gianni Rodari propose en 45 chapitres une série d’exercices et de réflexions très pragmatiques, illustrées d’exemples pour affûter notre capacité à appréhender le monde tout en s’émancipant de ses règles souvent aliénantes.

Les courts chapitres s’enchaînent et construisent une pensée : l’auteur part souvent de son expérience vécu avec des enfants, donc d’une approche concrète, pour arriver à dégager des mécanismes généraux et des concepts, jusqu’à développer une réflexion philosophique sur l’importance de l’imagination dans notre monde. Paru en 1973 en Italie par un homme ayant connu les affres de la seconde guerre mondiale (il est né en 1920), son contenu reste très actuel.


Un ouvrage éclectique et amusant


Le début aborde des ateliers d’écriture à destination des enfants avec des exemples d’exercices souvent assez savoureux. Ces outils de développement de l’imagination (par association d’images et d’idées et jeu sur les sonorités) évoquent le surréalisme et le dadaïsme avec des textes d’apparence absurde et qui éveillent à une poétique débridée et libre, une base qui permet de s’initier notamment au réalisme magique. Rodari propose différentes constructions pour des textes très courts, de l’historiette au poème, à la devinette.

Ensuite, dans l’auteur travaille sur le conte, une matière très riche qu’il aborde de façon toujours très pratique et ludique en expliquant sa structure. Ce travail d’analyse a comme visée l’appropriation de la fabrication du conte et aussi l’ouverture sur un jeu avec des variations.

L’adulte apprend à l’enfant et si ce dernier est actif, il reste encadré par des propositions créatives. Au fil du texte, Rodari prend du recul et s’interroge sur le dialogue qui se tisse entre l’enfant et l’histoire qu’il fabrique. Il aborde le jeu, de l’imagination et de leurs impacts combinés sur la vision du monde. L’histoire devient un support pour les relations humaines et pour appréhender l’environnement. Il inclut dans son questionnement le tabou et la transgression (sexe et fonctions corporelles) décrits comme nécessités pour apprendre à remettre en cause l’autorité, à réfléchir par soi-même et à éviter l’écueil de l’auto-censure.

Enfin, il prend encore du recul et observe l’enfant dans son appréhension de l’histoire, dans sa façon de se l’approprier, d’interagir, de la poursuivre. L’enfant devient actif à partir d’une narration d’autrui. On passe d’une création imaginative débridé à un travail avec une contrainte forte mais où la créativité a toute sa place.

Le dernier chapitre dévoile enfin l’objectif du livre : enrichir d’expériences stimulantes le milieu où l’enfant évolue afin de développer sa créativité, pour changer le monde. La dimension politique assez idéaliste de l’auteur (et à mon goût très touchant et belle sur sa vision de l’humanité future) s’affirme alors.

Rodari étudie le jeu des enfants avec curiosité et tente de l’analyser pour en comprendre les processus inconscients. Cependant, ses interprétations psychanalytiques me laissent dubitative quant à leur véracité scientifique. Elles demeurent stimulantes sur le plan d’une réflexion intellectuelle. C’est l’unique bémol de ce livre, très riche pour cultiver son imaginaire, même lorsqu’on est adulte et sans enfant.


Lien :

Un autre article sur le sujet par le libraire deCharybde (Ground Control, Paris)



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La Fête des Ombres par l’Atelier Sentô, avis et entretien

 

 Source : https://blog.ateliersento.com

 

Dans un paysage noyé de brume, une jeune femme tient bien serré la main d’une enfant. Quand le vent dissipe les nuées, la fillette a disparu. Le souvenir de cette perte hante Naoko. Il ne s’agissait pas d’une enfant comme les autres, c’était une ombre, la trace amnésique d’un être qui fut vivant. Déjà, une autre ombre prends la place à ses côtés. 

 

Naoko, entre morts et vivants


La BD La Fête des ombres nous raconte l’étrange histoire de Naoko et de son quotidien dans un village reculé du Japon rural où la population décline et le maintien des coutumes est menacé. Les auteurs de l’atelier Sentô, Cécile Brun et Olivier Pinchard, signent un nouveau livre poignant. On reconnaît leur style graphique et leur découpage si particulier qui change notre rapport au temps. Ce récit mystérieux prend un chemin de traverse. Avec lenteur et tranquillité, on suit l’héroïne que l’on découvre par touche, grâce à l’incorporation de scènes de flash-back. L’élément fantastique apparaît comme un poids, une entrave pour la jeune femme. Elle porte le fardeau d’un devoir conséquence d’un don surprenant : elle a toujours pu voir des entités bizarres qui évoluent dans ce village et la campagne environnante. Lors de la fête des ombres, au cœur de l’été, certaines apparaissent à des habitants et ils en ont alors la charge pour une année. Il leur appartient de discuter avec elles, de les aider à se souvenir de leur identité afin qu’elles poursuivent leur voyage.

Mis à part Katsu, un jeune homme compétent en informatique qui aide aux recherches, Naoko est entourée de personnes âgées, de gens qui l’ont connu enfant et ne réalisent pas toujours qu’elle est maintenant une adulte. Sa mère voulait qu’elle parte, qu’elle ne reprenne pas le flambeau de cette mission, et pourtant, elle est toujours là, seule, dans la demeure familiale…

Le récit commence à la fin de l’été. Le passage des saisons, très marquées au Japon, scande les étapes de la vie de Naoko. Elle habite une maison traditionnelle en bois, ce type d’habitation rend le quotidien bien plus perméable aux actions des éléments, vent, pluie, humidité et froid s’immiscent à l’intérieur. Et puis, il y a la douceur du soleil qui chauffe la coursive. La frontière entre le dedans et le dehors, la vie et la mort semble soudain floue. D’autres ombres errent aussi, monstrueuses, elles ont oublié jusqu’à leur humanité. Ces âmes en peine affamées effrayent et bouleversent. Crainte et compassion se partagent ainsi le cœur du lecteur.

Cette BD aborde frontalement la question de la perte, du deuil mais aussi, ce qu’il reste lorsqu’une personne a disparu. Si la mère de Naoko n’est pas revenue comme ombre, sa présence et ses désirs, pèsent toujours sur la jeune femme. La mort rôde, incarnée dans les corps chétif et rabougris des petits vieux, étonnamment vigoureux et pourtant si fragile. Naoko sait qu’elle ne devrait pas s’attacher aux ombres, mais dès la scène d’ouverture, le lecteur comprend que c’est impossible pour elle. Empathique et généreuse, Naoko tisse des liens forts avec ceux qu’elle côtoie. Ce jeune homme dont elle doit retrouver l’identité et qui apparaît incolore, insipide, gagne en substance au fur et à mesure des pages. Qu’adviendra-t-il si ses souvenirs ne reviennent pas ?

Justesse des mots et des ambiances


Si j’ai trouvé la fin attendue, la force du livre vient de son traitement du sujet, de la normalisation de l’élément fantastique, et de ce qui est dit sur le rapport à la mort, son intrication dans le quotidien. Les ombres ne sont pas des fantômes désincarnés mais des êtres avec une action sur le monde, une possibilité de contact physique. Les ombres peuvent sentir, toucher.

La présence des petits vieux, invisibles dans notre société, à mon moins d’être soignant où aidant (ou vivre sur la Côte d’Azur !) saute aux yeux lorsqu’on voyage dans la campagne japonaise. Il s’agit d’un des aspects les plus frappants du Japon : le vieillissement de sa population. La ville dessinée par l’atelier Sentô s’anime : sa galerie commerçante couverte barrée des rideaux de fer des boutiques fermées, le temple perché sur les hauteurs accessibles en grimpant des escaliers raides, le sentô, la maison de Naoko en lisière de forêt…

Le résultat est saisissant de réalisme, avec un choix graphique lâché presque naïf. Le contraste réside dans le décalage entre les personnages, au design flirtant avec la caricature, et le détail minutieux des décors. Cette juxtaposition d’imprécisions et de justesse donne une vie incroyable au dessin dans un style qui m’évoque par sa force d’évocation sensorielle, celui de Florent Chavouet. Le travail de couleur rend les plats appétissants, les joues roses d’émotion, la profondeur de la nuit palpable. La maîtrise de la construction narrative s’accompagne des ambiances de couleurs travaillées, avec une indication claire du passage du temps. La lisibilité du dessin grâce à un encrage efficace conserve aussi l’énergie des croquis. L’atelier Sentô réussit ce tour de force de transcrire avec réalisme et onirisme le Japon rural des petites gens, ce Japon qui agonise doucement, sans se plaindre et pousse même la vie vers les grandes villes, en encourage les jeunes à étudier, à partir. Mais certains et certaines, comme Naoko, restent, parfois sans savoir pourquoi.

Et de belles histoires s’enracinent. Du cœur, des tripes, des cendres et beaucoup de joie et tristesse, côte à côte, main dans la main, sans se lâcher.

 

 Source : https://blog.ateliersento.com


Entretien avec les auteurs de l’Atelier Sento

 

Vous aimez la campagne, au Japon comme en France, et vous aiguisez votre regard sur les petits détails qui nous paraissent insignifiants. Dans ce livre, vous abordez un sujet existentiel qui ne surprendra pas ceux qui ont quelques connaissances des faits sociaux et démographique du Japon de l’envers. L’exode rural continue massivement et le vieillissement de la population s’inscrit dans le paysage. Est-ce que vous pouvez nous en dire plus sur la naissance de la Fête des ombres ?

En effet, lors de nos séjours au Japon,  nous avons été sensibles à la vie rurale, au charme des villages qui se désertifient et nous avons partagé le quotidien des personnes âgées qui continuent d’y vivre, entourées de leurs croyances et de leurs rites. Les émotions qu’ont fait surgir en nous ces rencontres nourrissent notre inspiration. La Fête des Ombres est née de l’envie de raconter une histoire émouvante autour de personnages tels que les gens que nous avons côtoyés au Japon


Vous avez choisi d’incarner vos fantômes. Est-ce que vous pouvez parler de ce choix et de ses raisons ?

En habitant au Japon quelque temps, nous avons remarqué que la vie de tous les jours était parfois très imbriquée avec le souvenir des morts qui bénéficient d’offrandes les invitant à participer à la vie quotidienne. Au Japon les morts ont une forme de réalité. Leur présence dans le rituel des vivants les fait exister de manière presque palpable.

 

Les ouvrages édités chez Issekinicho bénéficient toujours d’un grand soin apporté à la maquette mais aussi à la fabrication (reliure, qualité du papier…). Est-ce que vous pouvez nous parler un peu de votre collaboration avec vos éditeurs ? Est-ce que vous êtes associés au procédé de fabrication ?

Oui, Alexandre et Delphine d’Issekinicho sont très impliqués à nos côtés et nous échangeons beaucoup. Ce sont des amoureux du travail bien fait et comme ils pratiquent eux-mêmes le dessin et l’illustration nous nous sentons proches d’eux. C’est très agréable de travailler dans ces conditions. Et nous espérons que les lecteurs apprécient la qualité de leur travail. En ce qui nous concerne, nous sommes ravis de la qualité de La Fête des Ombres en tant qu’objet car le papier que nous avons choisi ensemble permet d’apprécier l’aquarelle et de retranscrire la douceur des teintes. Alexandre a également fait un superbe travail de design sur le titre et le motif à l’arrière du livre qui non seulement mettent en valeur notre travail mais surtout sont porteurs de sens et permettent une meilleure immersion des lecteurs dans cette étrange aventure.

 

Vous avez choisi de travailler de manière traditionnelle. Pouvez-vous nous parler un peu de votre approche du dessin ?

Bien que nous appréciions aussi le travail numérique, nous privilégions la technique manuelle car nous la maîtrisons mieux et nous y trouvons une forme de sobriété. L’idée de pouvoir dessiner n’importe où avec peu de moyens nous est chère. Nous transportons nos boîtes d’aquarelles et nos crayons partout avec nous, en voyage et ce sont les mêmes outils que l’on utilise en BD comme s’il s’agissait de la continuité de nos aventures au Japon. 

 

Merci beaucoup à Cécile et Olivier pour leur gentillesse et leur disponibilité !


 Source : https://blog.ateliersento.com

 

À lire : l'article et entretien très complet par Alice Monard sur Le Journal du Japon

 



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La tendre ménagerie de Satoe Tone

 

Autrice et illustratrice de plus d’une dizaine de livres jeunesse, Satoe Tone séduit les petites et aussi les plus grands par la douceur de ses dessins et par la dimension intime de son travail. Si elle a grandi au Japon, elle vit maintenant à Milan. J’ai eu le plaisir de la rencontrer plusieurs fois sur des salons (vous savez, ce truc qui existait avant). Ses livres m’ont apporté beaucoup d’émotions que j’avais envie de partager avec vous



Trois albums pour rêver

Satoe Tone est publié chez plusieurs éditeurs, notamment Baliverne, une maison indépendante qui apprécie l’imaginaire et la poésie, deux caractéristiques fondatrices de l’œuvre de cette artiste.

 Le livre le plus drôle de ma collection s’intitule La très grande carotte. Une fratrie de six lapins découvre un jour une gigantesque carotte et s’interroge sur les utilisations possibles qui sont d’ailleurs, pour un regard d’adultes rationnels, totalement impossibles ! Les lapins de Satoe Tone, tout en rondeur et douceur, sont une figure récurrente dans ses dessins. Avec une tête à la fois bonhomme et espiègle, je les trouve très attachant. Mon faible pour ces bestioles colore évidemment mon jugement sur cet album.

 

 

 Le plus tendre, Doux rêves de moutons raconte comment ces animaux apportent des rêves aux enfants. Cette caractéristique sera d’ailleurs reprise dans son autre titre Le voyage de Pipo. Le plus jeune frère mouton doit commence son travail pour la première fois, il est en proie aux doutes et craint de ne pas être à la hauteur. Heureusement, il n’est pas seul. Comme dans le livre précédent, on suit l’animal dans une suite de tableaux oniriques aux couleurs pastel, aux formes rondes et mignonnes avec une grande richesse de détails.

Le plus joyeux s’appelle La fanfare des grenouilles et raconte le raz le bol d’un groupe de batraciens alors qu’il pleut sans arrêt. Ils décident de jouer de la musique pour attirer l’attention du soleil et rendre ainsi la météo plus clémente. Des oiseaux viennent leur prêter main forte, en chantant. Le trait caractéristique de l’autrice avec une simplification des animaux stylisés en adorables créatures transmet la joie et l’énergie du récit. Ce titre jouit aussi d’un travail graphique sur la mise en page du texte très dynamique.

Ces trois albums sont assez légers et positifs. Mais Satoe Tone a également écrit et illustrée des histoires avec une palette d’émotion plus complexes et moins joyeuses.

 

Où est mon étoile : appréhender le deuil

Cet album grand format, parut chez Nobi Nobi traite d’un sujet difficile, la perte d’un être cher, avec une approche poétique et très juste. Une petite souris, le cœur lourd cherche son ami disparu, ses proches lui expliquent qu’il n’est pas perdu à tout jamais, mais qu’il est transformé en étoile ; elle se lance alors dans une quête qui pourrait paraître vaine mais qui lui apportera réconfort, compréhension et espoir. Il s’agit du titre le plus bouleversant de j’ai lu de Satoe Tone.

Dans un camaïeu de bleu, on suit la souris, elle grimpe toujours plus haut dans un paysage nocturne, mystérieux et magnifique. Comme dans les autres albums de l’auteur, l’expressivité des animaux, mignons mais jamais mièvres transmet beaucoup d’émotions.

Un autre article sur le sujet :

https://japonpapierrelie.home.blog/2016/04/07/ou-est-mon-etoile



 

 

Le voyage de Pipo

Une grenouille, Pipo a perdu ses rêves. La rencontre avec une brebis, porteuse de songes, est le début d’un grand voyage qui durera plusieurs mois. Au fil de larges doubles pages, on suit les deux comparses, dans des paysages brumeux, du fond des océans aux forêts, les saisons passent. Pipo et la brebis découvrent le monde et une amitié se tisse. Il s’agit de mon titre favori. Un album contemplatif avec une harmonie parfaite entre une impression vaporeuse et des détails soignés. Il a d’ailleurs remporté un prix prestigieux qui aura beaucoup aidé Satoe Tone à gagner en notoriété. Également édité chez Nobi Nobi, comme Où est mon étoile, Le voyage de Pipo bénéficie d’une qualité de fabrication avec un papier épais, mat parfais pour mettre en valeur les illustrations ainsi qu’une sublime couverture avec verni sélectif.

Outre que le protagoniste soit une grenouille, l’ambiance particulière de cet ouvrage m’apaise et en même temps, m’apporte de l’énergie et de l’espoir dans les périodes difficiles. Chaque double page se regarde comme un tableau, avec lenteur et abandon.

 



Une vidéo qui montre le travail de l’artiste sur Le voyage de Pipo :

https://www.youtube.com/watch?v=JCernMAgAsU&feature=emb_logo



 

Cette jeune japonaise née en 1984 qui a fait ses études à Kyoto mais aussi en Angleterre a choisi de vivre en Italie. Elle travaille à la gouache, de façon traditionnelle, avec plusieurs sous-couches qui donne à ses tableaux beaucoup de profondeur. La particularité de son dessin vient de la grande expressivité de son bestiaire qui arrive à transmettre avec peu de mots des émotions fortes. Une nostalgie se dégage de ses livres, elle n’hésite pas à aborder la solitude, le doute, la perte, en filigrane de ses histoires, toujours avec beaucoup de subtilité et d’espoir. Aborder ainsi des expériences perçues comme négative, ou difficile en proposant un voyage pour les sublimer apaise le lecteur. Ses personnages sont souvent un peu perdus, un peu hésitants, parfois, ils se laissent porter, lâche prise et toujours à la fin, ils ont grandi, trouvé du sens, se sont ouverts sur le monde. Satoe Tone est une artiste d’une grande sensibilité, curieuse et avide de découverte. J’espère que cet article vous aura donné envie d’ouvrir ses livres.


Si vous appréciez son travail ou si vous voulez mieux la connaître, la NHK a réalisé une vidéo en 2014. Elle y parle très librement de ses sentiments, de ce qu’elle met dans son travail et de ses raisons intimes de faire des livres.

https://www.youtube.com/watch?v=b56j0l-DHJo





Voici une lecture de Cœur d'étoile faite par Diana, idéal pour découvrir un autre des livres de Satoe Tone :
https://youtu.be/y6Tm0R_sfCg


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L’histoire authentique de Sadako Sasaki et des mille grues

 
 
Savez-vous pourquoi, au Japon, on plie des grues en origami ? Et pourquoi cet animal de papier est devenu après la seconde guerre mondiale un symbole de paix ? Sue DiCicco, sculptrice et autrice américaine raconte la courte vie de Sadako Sasaki, enfant née à Hiroshima, en 1943. Son frère, Masahiro Sasaki toujours vivant, a coécrit l’ouvrage en apportant son témoignage.


En attaquant cette lecture, je savais qu’elle ne serait pas légère. Je connaissais la fin de l’histoire : une fillette qui meurt et laisse une marque d’espoir dans l’Histoire ainsi qu’un poignant message universel. Cependant, j’ignorais tout de sa vie, de son caractère, de sa ténacité. Cette existence recèle une force qui traverse les décennies et inspire, encore aujourd’hui, la défense de la paix.
 



Le livre s’ouvre sur la naissance de Sadako, le 4 janvier 1943 et parle de son quotidien dans un pays dévasté par la guerre mais où les enfants s’adaptent et conservent quand même une certaines insouciance malgré les difficultés. Si le sujet demeure difficile, l’autrice trouve un ton juste, sans misérabilisme. Elle donne de nombreux détails sur la vie de tous les jours qui permettent de comprendre le dénuement de la famille mais aussi les petites joies nichées dans l’énergie d’une reconstruction et d’un avenir qu’on espère plus doux que le présent. Outre la tragédie de la maladie, la situation financière des parents de Sadako rend le récit encore plus poignant. Le coût des soins et les sacrifices qu’ils engendrent résonne avec un écho particulier sous la plume d’une autrice américaine. On suit Sadako dans son combat contre la maladie, un mal encore mystérieux mais que déjà les médecins diagnostiquent comme une conséquence de la bombe atomique. On découvre une enfant charismatique, pleine d’empathie et de ressources, très consciente de ce qui se déroule autour d’elle, alors même qu’elle est de plus en plus confinée à sa chambre d’hôpital. 
 
Lorsqu’elle apprend la signification des guirlandes de grues en origami qu’on offre aux malades, elle décide de se lancer dans le pliage. La légende dit que si on réussit à plier mille grues dans l’année, notre vœu sera exhaussé. Hélas, même si une version populaire sur Internet prétend que Sadako serait décédée avant d’avoir achevé sa tâche, elle est fausse : la fille a non seulement plié ses mille grues sans être guérie, mais elle a persévéré, avec un nouveau vœu, altruiste. À son décès, ses camarades se sont mobilisés. Une statut à son effigie a pu être érigé et le mouvement de solidarité ainsi amorcé perdure encore, liant à tous jamais la vie de cette enfant au terrible drame des irradiés d’Hiroshima et Nagasaki.

 
 
 
L’écriture limpide et illustrée de dessins et photos d’archive s’adresse à un jeune public. La puissance du texte et de son message sur la quête de sens peut aider enfant et adulte à franchir certaines épreuves, surtout en ces temps étranges. D’ailleurs, suite à la rencontre avec l’histoire de Sadako, Sue DiCicco a fondé l’organisation Peace Crane Projet afin de continuer la transmission.
Cependant, je reproche à l’ouvrage son manque de clarté sur l’implication du Japon dans la seconde guerre mondial, sous-entendant une position de victime. Quand on connaît le négationnisme toujours en vigueur aujourd’hui, j’aurais apprécié plus de nuance. Un écueil probablement inévitable, étant donné que l’autrice est elle est américaine et qu’elle a coécrit l’ouvrage avec le frère de la victime. J’émettrai aussi un bémol sur le portrait de Sadako, frôlant parfois le panégyrique. Mais comment écrire la vie d’une môme qui décède à douze ans d’une leucémie en endurant une douleur inimaginable, tout en laissant à ses proches et à ceux qui l’ont croisé sa route un souvenir aussi lumineux ?

Si le ton m’a parfois semblé mélodramatique, c’est l’espoir et la volonté de vivre qui traverse ce texte et se transmettent à son lecteur. L’histoire authentique de Sadako Sasaki et des mille grues a sa place dans les bibliothèques et aussi dans les programmes scolaires, il est un merveilleux outil pour enseigner l’empathie et le courage, en évitant l’écueil du discours moralisateur.

Cet ouvrage a été reçu en service de presse et je remercie l’éditeur Sully Le prunier. 

Sadako, mars 1955
Attention, le contenu de la page wikipedia en français est faux.
  • Interview de Masashiro Sasaki (en anglais) :
https://en.wikipedia.org/wiki/Sadako_Sasakihttps://en.wikipedia.org/wiki/Sadako_Sasaki

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Et si on apprenait le japonais pour de vrai ?


 

Ces dernières années, les méthodes d’apprentissage ont beaucoup évolué. Applications sur smartphone, podcasts, chaînes de vidéo à la demande comme Netflix où on peut mettre les sous-titres dans la langue de son choix… L’accès aux langues étrangères devient plus aisé et surtout moins onéreux. Il est temps pour moi de dépoussiérer ma façon d’apprendre !

 

Bloquée à un niveau débutant depuis trop longtemps !

J’ai commencé mon apprentissage du japonais il y a des lustres par un semestre à la fac de Jussieu, alors que je travaillais à plein temps. J’ai validé un semestre puis, j’ai lâché l’affaire, incapable de mener de front boulot et études. Plusieurs fois, j’ai repris et même retrouvé mon niveau, progressé, avant d’arrêter, et tout oublier ou presque. L’évaluation de mes connaissances est déjà un problème en soi.

Il y a un an, avant mon voyage au Japon, je me suis remise à dépoussiérer mon japonais dans l’optique de me débrouiller sur place. Nous allions dans un coin pas très touristique. J’ai découvert avec l’application Duolingo (qui ne propose pour l’instant que des cours de japonais pour les anglophones) une approche ludique novatrice, bien éloignée de mon expérience très scolaire. Le chaos de ces derniers mois a mis en pause mon implication et mon envie. J’ai aujourd’hui du temps, beaucoup de temps, mais peu de concentration. Je cherche donc des moyens de recouvrer le goût de l’effort sans m’épuiser ni me décourager. En plus, parler japonais me paraît un atout utile si je veux y rester quelques semaines ou mois.

Que vous soyez grands débutants, que vous aussi ayez connu des tentatives d’apprentissage malheureuse ou intermittente, voici quelques réflexions, liens et outils qui peuvent vous aider si vous souhaitez parler et lire le japonais.


Avant toute chose : pourquoi voulez-vous apprendre la langue ?

Cette raison détermine en partie quel type d’enseignement mais aussi d’investissement (temps, financier, énergie) vous êtes prêt à mettre. Voulez-vous étudier la langue pour vivre au Japon ? Si oui, avez-vous d’autres compétences professionnelles ? Voulez-vous étudier la langue pour l’enseigner ? Pour être bilingue ou juste vous débrouiller ? Êtes-vous curieux de la culture et de l’histoire ou juste fan de pop culture ? Connaître les raisons et aussi les motivations nous aide à évaluer leur force et leur priorité dans notre vie. Cela a une conséquence directe dans le choix de la méthode d’apprentissage.

Souvent, on ne prend pas le temps de se demander « pourquoi » et on passe directement au « comment ».

Attention, le Japon a la cote et en naviguant sur le web, j’ai repéré des trucs douteux qui jouent sur la soi-disant très grande difficulté de l’apprentissage de la langue, de l’impossible mémorisation des kanji à moins d’avoir THE méthode inventée par le super formateur… Quand quelqu’un dit révolutionner l’apprentissage d’une langue qui est pourtant maîtrisée depuis un siècle et demi, je me méfie. Donc avant de casser votre tirelire, vérifiez le sérieux de l’école, du prof ou du bouquin. Et surtout, essayez déjà ce qui est gratuit ou très abordable.

Pour ceux qui souhaitent consacrer leurs études aux Japonais, les universités françaises ou l’INALCO, ou  restent les solutions évidentes. L’apprentissage de l’histoire, de la culture, de la linguistique sont compris dans le cursus, pas toujours funky mais à la qualité éprouvée. De plus, depuis mon passage sur les bancs de la fac, l’enseignement a évolué avec par exemple des cours de culture populaire du XX ème siècle. L’image d’austère et d’élitisme qui  perdure ne correspond donc plus à la réalité. Les débouchés sont cependant restreints à certains champs, si vous n’avez pas d’autres compétences : enseignement, recherche, traduction, interprétariat… Il s’agit d’apprendre un Japonais parlé mais aussi littéraire.

Il existe aussi des cours du soir diplômant dispensés par l’université de Paris, accessibles pour ceux ayant une activité professionnelle. Avec quatre heures de langue par semaine et une heure et demie de civilisation, cela demande de l’implication. Je n’ai pas fait les calculs, mais si vous êtes sérieux et engagé, le coût sera très probablement nettement inférieur à celui des écoles privées.

Si vous voulez apprendre le japonais pour « parler » simplement avec des gens, ou que seule la culture pop vous branche, un cursus académique avec une progression assez lente risque de vous décourager. Il existe d’autres méthodes d’apprentissage peut-être plus en adéquation avec vos besoins et vos objectifs. Une fois que vous avez déterminé « pourquoi » vous voulez apprendre le japonais, il sera aisé de trouver « comment ».

Dans mon cas, l’apprentissage de la langue, outre l’intérêt de communiquer, et aussi de mieux appréhender la culture du Japon. En effet, la structure même de la langue influe sur notre rapport aux autres et au monde.

 

Un parcours d'apprentissage très chaotique

Dans mon cas, la motivation première venait de mon boulot de pigiste manga et puis, parce que des copains s’étaient inscrits à l’université, je les ai suivis !

J’ai commencé à la fac, avec une méthode adulée par certains et mise au feu par d’autres, le Minna no nihongo. A priori, elle fonctionne bien à condition d’être dans un cadre d’un cours et pas en autodidacte. J’ai ainsi appris les bases de la grammaire, un socle qui me reste toujours. J’ai aussi fait des stages intensifs chez Tenri (avec plusieurs heures de cours de soir durant quelques semaines). Pour commencer, si vous êtes très motivé, et que vous avez un peu de temps de cerveau disponible (par exemple durant les vacances) cela peut être un moyen de commencer sur des chapeaux de roue et d’être très vite capable de vous débrouiller. J’ai aussi suivi les cours de la Mairie de Paris, pas cher mais avec des profs japonais pas toujours très qualifiés pour enseigner, et surtout avec une progression très lente.

Attention (bis) un natif qui donne des cours n’a pas toujours les compétences pour enseigner. En France, si on veut donner des cours de français à des étrangers, il existe une formation (FLE) avec une pédagogie adéquate. Beaucoup de Japonaises (ce sont souvent des femmes) donnent des cours alors qu’elles parlent très mal notre langue, sont incapables de répondre à des questions précises de grammaire… Les répétitrices engagées dans les universités doivent avoir obtenu le Japanese Language Teaching Competency Test. 

Une personne qui a appris la langue adulte et parfois mieux à même de l’enseigner que celle qui l’a intégrée doucement en étant enfant. Cependant, les cours de conversation avec un ou une native sont parfaits pour pratiquer. Aujourd’hui, il est possible de trouver des solutions gratuites via des applications, notamment Tandem (que je n’ai pas testé).

D’ailleurs, j’ai moi aussi suivi des cours avec une prof japonaise qui intégrait à nos échanges les notions de grammaire que je connaissais déjà, tout en en ajoutant des nouvelles au fil des semaines. Hélas, elle est subitement repartie au Japon. Cela avait coupé mon élan car j’avais eu de réelles difficultés à trouver une personne prête à me « remettre à niveau » sans me faire acheter un énième manuel, et à un tarif tout à fait raisonnable.

Après mon voyage de l’automne dernier – dans une autre vie – j’ai de nouveau lâché pendant quelques mois. Cette fois, m’y remettre me semble plus facile. Comme préconisé plus haut, je travaille tous les jours. J’ai du temps, j’y consacre donc plusieurs heures, mais sans « bachoter » et en multipliant les approches (révision par répétition espacée, lecture de la grammaire, écoute, visionnage de vidéo et toujours, des séances de lignes).


Quelques pistes pour commencer, reprendre où se perfectionner

En préambule, le conseil le plus important : en faire TOUS les jours.

D’abord, si vous voulez parler la langue, il faut se retrouver en immersion. Sans être dans le pays, il y a aujourd’hui des solutions grâce aux outils numériques. L’important est de ne pas se décourager et de tenir sur la durée. Pour cela, l’économie de sa volonté facilite grandement les choses. Plutôt que de procrastiner, de se dire « qu’il faut s’y mettre » et négocier chaque fois âprement avec soi-même quand on flanche, il existe un truc simple : faire de l’apprentissage de la langue une habitude aussi solide que se lever le matin. Cela implique de travailler tous les jours, au moins 30 minutes. Tout le monde peut le faire avec les podcasts et les applications : dans les transports, en marchant (à moins d’un km de chez soi et avec son attestation en poche), en nettoyant son foyer… Si le japonais est une priorité pour vous, vous trouverez le moyen de gagner du temps.

Encore une fois, savoir pourquoi on veut apprendre donne la motivation, après il faut déterminer quelle méthode nous convient pour ne pas se décourager.


Conseil numéro 1 

Apprendre en intensif hiragana et katakana  rapidement afin de ne PAS PASSER par le rômaji (alphabet latin). Il est absurde d’apprendre le japonais sans son système d’écriture. Deux à quatre semaines est la durée idéale, définie par l’université et aussi préconisée par d’autres enseignants. Si des appli gratuites peuvent vous aider, je vous déconseille d’investir dans cette étape basique. Elle demande un réel effort et permet de mesurer votre motivation à apprendre la langue.

Pour les débutants qui aiment les applications ludiques, Duolingo reste pour l’apprentissage du vocabulaire de base et la révision des kana un outil fun. Après, je trouve qu’elle est rapidement limitée lorsqu’on veut progresser rapidement.

Je n’ai pas essayé, mais les vidéos de Julien Fontanier plaisent beaucoup. Ses cours sont gratuits, très structurés. Par choix de vulgarisation, il utilise ses propres termes pour expliquer la grammaire qui peuvent être différents de ceux qu’on trouve dans les manuels.

Pour ceux qui ont besoin d’un support papier ou qui ont envie de progresser à leur rythme (et non à celui imposé par la vidéo) j’ai beaucoup utilisé Le Japonais en manga (ne faites pas attention aux dessins tout moches). Les nombreux tableaux récapitulatifs pour la grammaire et la conjugaison sont des aides précieuses. Seul bémol : la présence de rômaji, que je trouve désagréable, et pire, ne vous motivera pas à apprendre les syllabaires rapidement.


Conseil numéro 2

Apprendre en parallèle les bases de la grammaire et les kanji (surtout ne pas laisser les kanji à plus tard. Il y a beaucoup d’homophones en japonais).

J’ai commencé comme beaucoup à apprendre avec le Kanji to Kana. Les kanji dans la tête  est une référence récente souvent citée : plutôt que de classer les idéogrammes par ordre de fréquence, il fonctionne par clef et par regroupement visuel. Cependant il n’y a pas les lectures (prononciation), ce qui est pour moi rédhibitoire.. Dans le même style, le Manuel de Kanji Usuel, chez l’Asiathèque est bien meilleur, mais hélas épuisé. Ce type d’ouvrage coûte assez cher, une quarantaine d’euros. Attention, vous pouvez trouver des manuels moins chers comme Kanji Kakitai ! Cependant il ne compte que 600 des 2 141 kanji officiels.

Pour le début, vous commencerez en apprenant par exemple tous les kanji listés à la fin du manuel le Japonais en manga. Cependant, investir dans un manuel de kanji sera nécessaire. Je vous conseille aussi l’application kanji study (en français malgré son nom). Non seulement elle est très complète mais permet d’adapter l’ordre d’apprentissage en fonction de la méthode que vous suivez.

En effet, apprendre les kanji au fur et à mesure de leur introduction reste le plus simple et le plus facile pour les associer à du vocabulaire et surtout, les utiliser ! Si vous êtes autodidacte, comme repère de temps, en première année de fac, il y avait 370 kanji à apprendre sur 22 leçons (une par semaine), ce qui est raisonnable en masse de travail.


Conseil numéro 3

En faire TOUS les jours (oui, c’est le même que le conseil de préambule). Il est facile d’utiliser Duolingo chaque jour puisque l’application est conçue ainsi, avec des défis, une ligue, des bidules à débloquer. Si on commence ainsi, on prend l’habitude d’étudier un peu chaque jour. Par contre, rapidement, vous allez sentir ses limites.

L’écoute est importante. J’ai commencé par des animés et des films. Cependant, aujourd’hui, j’ai besoin d’une écoute plus dense. Je suis donc passée au podcast, entièrement en langue japonaise. Les scripts sont en général disponibles sur un site, ou il peut y avoir des vidéos du texte. Essayez de trouver un podcast avec un sujet et une voix qui vous plaît.

Une langue est faite pour communiquer, comprendre l’autre. C’est con, mais quand on étudie, parfois on oublie cette évidence. Si on a envie de comprendre ce qui est raconté, l’attention nous coûtera moins d’effort et à la fin, le plaisir l’emportera. Ce sera plus facile de mettre en place une habitude si on éprouve la fierté d’avoir compris, la saine frustration d’avoir raté un truc qu’on sent juste à porter, la curiosité et la joie de découvrir la culture, ou même de suivre un podcast avec du suspens !

Pour l’apprentissage des kanji et du vocabulaire, la technique de répétition espacée a fait ses preuves. L’application Anki (libre sous Android, payante sous iPhone) est la solution idéale. Elle n’est pas super intuitive (pour moi en tout cas), mais des tutoriels sur YouTube vous expliquent son utilisation. Pour ceux qui utilisent la méthode Minna no Nihongo, l’application Minna no Flashcards propose une révision rapide et simple. Je pense d’ailleurs qu’elle peut aider tous les débutants, car le vocabulaire est basique et utile.

Si vous regardez le temps passer sur les réseaux sociaux, dégager une demi-heure ou même une heure par jour pour bosser le japonais est raisonnable. En combinant par exemple Duolingo le matin durant dix minutes, Anki à midi durant vingt minutes, et un podcast ou un animé de 20 à 30 min, vous varierez les plaisirs. Il faut aussi se caler des sessions plus costaudes, au moins une ou deux fois par semaine, pour apprendre la grammaire et la conjugaison.

Dès que vous vous sentez vaguement prêt à baragouiner, il est possible de trouver des correspondants pour des échanges de langue. Je n’ai pas encore testé l’application Tandem, mais elle est plébiscitée.


Conseil numéro 4  

Tenez bon, mais si vous abandonnez, comme moi, sachez qu’il est plus facile d’apprendre une seconde fois ce qu’on a déjà appris et oublié. Cela permet de « lâcher » un peu la pression. Même si, dans mon cas, je suis lasse de toujours tenter de retrouver un niveau intermédiaire que je n’ai, pour l’instant, pas réussi à récupérer. On verra si, mi-décembre, j’ai réussi à tenir mon défi.

Bon courage à tous et surtout, n’hésitez-pas à laisser en commentaire les livres que vous appréciez, ou ceux qui vous ont déçu. Je vais dans un prochain article vous donnerais une recommandation de podcast que j’apprécie.

Mise à jour : voici une liste de podcasts qui pourraient vous aider que vous soyez débutant ou intermédiaire.


Conseil numéro 5  

Excepté pour Duolinguo, je ne vous donne que des références en français. À moins d’être bilingue ou d’avoir une connaissance approfondie de la grammaire, conjugaison et syntaxe d’une autre langue, il me paraît important d’apprendre le japonais à partir de sa langue maternelle. De la même manière qu’une personne native sans compétence adéquate n’est pas la mieux placée pour enseigner la structure du japonais, passer par une langue tierce, comme l’anglais, risque de rendre les choses plus difficiles et pire, d’induire des erreurs. Par contre pour les kanji et le vocabulaire qui demandent de la mémorisation plus que de la compréhension, le passage par l’anglais ne me paraît pas problématique.


Un article du blog

http://etang-de-kaeru.blogspot.com/2021/01/quelques-podcasts-pour-apprendre-le.html


Récapitulatif des applis utiles :


  • Duolingo(version gratuite avec nombre de vie limitée, ou abonnement mensuel)
Je vous conseille comme mot clef pour chercher le pour les decks « Japonais » « JLPT ».
  •  Kanji Study (version gratuite avec 80 kanji, la version complète coûte 10 €, très raisonnable à mon avis, traduite partiellement en français)
  •  Tandem : pour trouver des correspondants et faire de l’échange de langue


D’autres ressources :

  • Lire les news avec un Japonais accessible et des furiganas (qui indiquent la prononciation des kanji) :
https://www3.nhk.or.jp/news/easy

  • Manuel de kanji “The New Nelson Japanese-English Character Dictionary, conseillé par un ami prof de japonais. Pour lui, les manuels de grammaire en anglais ont une pédagogie hélas inégalée dans les manuels disponibles en français. 

  • Les kanjis dans la tête, de Yves Maniette. Les avis sont mitigés, le livre ne propose pas les prononciations et la mémorisation subjective ne fonctionne pour tous.

 

Des articles sur l’apprentissage :


Liens sur l’intérêt de l’apprentissage au quotidien :

Add-on "Rikachan" ou "Rikaichamp" traduction des kanjis dans votre navigateur :

    https://addons.mozilla.org/fr/firefox/addon/rikaichamp


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