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Kemonozume : un anime saignant et cru à dévorer à pleines dents !


Le Japon actuel. Des monstres se dissimulent parmi nous. Des créatures qui nous ressemblent, vivent au cœur de notre société. Quand la faim les tenaille, leur appétit instinctif pour la chair humaine les transforme en bêtes sauvages. Une organisation secrète, le Kifûken, existe pour lutter contre ses êtres et pratique un art martial dédié. Leur crédo : seller le démon qui est en nous, et accessoirement, tuer du monstre.

Faim d'amour et de chair

Le beau et la bête
Alors qu'une vague d'apparition de shokujin (ogre mangeur d'hommes) sans précédent ravage le pays, le Kifûken vacille. Momota, son leader vieillissant doit passer le flambeau à l'un de ses deux fils.

Le plus jeune, Kazuma, soucieux de s'adapter au monde contemporain, se tourne vers la science pour combattre la menace. Il veut réformer l'organisation, la moderniser. L'aîné, Toshihiko, obsédé par la tradition et l'idéal de devenir plus fort, semble tout désigné pour la succession. Il ignore les regards amoureux de Rie, la seule femme de l'organisation qui, contre ses aspirations profondes, est préposée aux tâches ménagères.

Toshihiko semble le parangon de la force morale, d'une droiture à toute épreuve ; mais quand il croire la ravissante Yuka – qui croque de l'humain à ses heures perdues – le coup de foudre est réciproque. Leur histoire d'amour passionnée les consument alors que les shokujin continuent de se multiplier et de menacer les vies humaines. C'est alors que le leader du Kifûken est retrouvé mort, assassiné...



Le scénario, résumé ainsi, paraît très sérieux et tragique. Assez commun aussi. C'est sans compter tout les éléments délirants, baroques et souvent glauques qui se greffent joyeusement pour constituer une œuvre très particulière, où la monstruosité devient la normalité. Le titre Kemonozume signifie les griffes de la bête. En effet, si on ampute les shokujin de leur bras, les privant ainsi de leurs griffes, ils cessent d'être gouvernés par des pulsions cannibales.

Des pêches et des crocs

Si l'histoire de Kemonozume reste axée sur l'amour impossible entre un humain et une ravissante ogresse, la série présente une galerie de personnages secondaires bien travaillés. Ils oscillent souvent entre folie et fanatisme, avec des motivations multiples et imbriquées. Les relations familiales sont pourries pas les ambitions inavouées, les amours contrariés, les drames passées.
Entre les hommes du Kifûken, c'est un fraternité qui se fissure, se dénature et dévoile la noiceur des sentiments humains étouffés : jalousie, envie, tromperie...

La composition de la série est tout simplement parfaite. Elle met en place rapidement les éléments nécessaires à la compréhension. La trame devient de plus en plus complexe avec des flash-back intégrés avec intelligence et des petits digressions qui servent toujours la narration. L'univers s'étoffe ainsi et les personnages gagnent en épaisseur. On devine rapidement qu'une manipulation politique de grande ampleur assombrit l'avenir du Kifûken déjà incertain.

Autre surprise de la série, elle reprend à sa sauce épicée la fable populaire de Momotarô. Ce conte cristallise la notion de courage et bravoure. L'incorporation d'élément comme la pêche et le singe donne un aspect humoristique inattendu. Le héros souffre aussi de problème d'incontinence à des moments particulièrement cruciaux, rendant Kemonozume encore plus déjanté et bizarre.



Une expérience visuelle de junkie

La série démarre sans finesse, avec un parti pris graphique fort, de la violence qui flirte avec le gore et une très forte dimension sexuelle. Bref, un anime franchement pour adultes mais d'un abord très étrange et volontairement bordélique.
 Avec le génial Yuasa Masaaki à la réalisation, cette série de 13 épisodes ne pouvait qu'être un OVNI. Quand au dessin, avec Ito Nobutake au chara-design, il plaira plus aux amateurs de comics underground et de Bill Plympton qu'aux fans habituels de la japanim bien lisse.


Kemonozume demande de ranger au placard ses préjugés et ses attentes pour apprécier d'un œil neuf et curieux une animation absolument terrible, vive et fluide, sans concession d'ordre esthétique. La bande originale épouse aussi cette univers sous acide avec une musique swing jazz teintée d'accords punk. Elle rehausse et accompagne avec justesse les délires visuels et scénaristes.

Kemonozume sort des sentiers battus. Son graphisme étonnant rebute les timides et bouscule les conventions ; son scénario faussement linéaire remue la lie des sentiments humains, interroge sur la force qui nous anime.



Une série qui dépeint des personnages dévorés de l'intérieur, affamés de pouvoir, d'amour, de reconnaissance. En final, monstres cannibales et humains partagent plus que leur apparence...
Pour ceux que le générique de début intrigue, le titre Auvers est très probablement une référence à Van Gogh, ce qui, vu la patte graphique très impressionniste, me paraît probable.

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Pour les curieux :
Très bon article sur les travaux de Yuasa Masaki chez Jevanni





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Métro, boulot, nendo ?!

Parmi mes petits travers et obsessions, j'apprécie les figurines inspirées de manga ou d'animation japonaise. Si ma collection reste modeste, elle s'est enrichie à l'occasion de la Japan Expo d'une petite nouvelle : une nendoroid de Miku.

Une nendo quezako ?

Une nendoroid est un type de figurine inventée par la société Good Smile company. Il s' agit d'une en version "SD" (super-deformed) d'un personnage. Une sorte de caricature mimi d'un personnage, qui est vendue avec plusieurs visages et accessoires permettant de faire des mises-en-scène rigolotes.

Quand au personnage de Miku, il est la quintessence de la culture pop japonaise : une idole virtuelle qui s'est échappée de son programme informatique de synthèse vocale, Vocaloid 2, et qui donne maintenant des concerts bien réels dans le monde entier.



Des photos "cheerful" pour ne pas oublier le Japon

A l'occasion du salon Paris Manga qui aura lieu le week-end du 1er et 2 octobre, Good Smile organise un concours photo via sa page facebook (dans la partie "événement" avec des super lots. Le gagnant remportera une nendo de Madoka, une série animée dont j'avais déjà parlé ici.

Pour des raisons de conflits d'intérêt, je ne peux pas participer au concours. Mais j'ai profité d'une balade sur les bords de Marne pour faire mes premiers essais de photo de figurine. Chez moi, la lumière fait vraiment défaut.





J'avoue que l'exercice m'a séduit. Je me suis prise au jeu et j'ai super envie de recommencer ! Miku est un modèle pas enquiquinant, elle prend les poses sans rechigner et reste bien immobile !

Et puis, cette figurine a une importance particulière. Il s'agit de la première d'une série "Cheerful Japan" destinée à récolter des fonds pour les sinistrés japonais. Grâce à elle, plus de 74 millions de yens ont déjà été récoltés et donnés à la croix rouge.
Pas mal pour un p'tit bout de bonne femme virtuelle, même pas haut comme une seule pomme !


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Puella Magi Madoka Magica : Imposture ou révolution ?

Le genre magical girl obéit à des stéréotypes stricts et s'adresse particulièrement à des petites filles. Si les Clamp avaient dévoyé un peu l'affaire en nappant leur Card Captor Sakura d'un voile de perversité et de complexité, Puella Magi Madoka Magica donne un grand coup de pied (chaussé de Doc coquées) dans cette institution codifiée qu'est l'anime de magical girl.

Générique délicieusement mensonger

Regardez le générique : les couleurs pastels, les étoiles, la transformation moé, la mascotte mimi ! On nage dans le kawaï à outrance, les bons sentiments épicés d'une pointe de larmes et d'humour.

Le tout servit par une animation de grande qualité, un design graphique épuré, très actuel et une musique pop niaise à souhait.
Hormis la qualité technique, tout le reste est une belle imposture, un condensé parfaitement calibré de tout ce que vous ne verrez pas dans la série !

Et oui, Madoka est aux antipodes des promesses du générique. La scène d'introduction, surréaliste, angoissante, violente même, ne ment pas sur la marchandise ! Alors, fans de gnangnan et de kawairies sucrées, passez votre chemin. Par contre, si vous aimez être surpris, bousculé, Puella Magi Madoka Magica est un animé à se mettre sous les mirettes.

Madoka fait un rêve étrange. Une fuite éperdue qui s'achève dans un décor apocalyptique où une jeune fille tente de se battre en vain contre un étrange monstre. Madoka, impuissante assiste à la scène.
A ses cotés, une bestiole blanche, sorte de croisement entre un lapin et un pokémon qui, d'une voie fluette et fataliste lui explique l'issue funeste du combat. Mais, elle ajoute aussi, que elle, Madoka, peut faire la différence. Elle peut sauver une personne et changer la donne, à condition qu'elle accepte de devenue une magicienne.

Juste un cauchemar ?
Le lendemain à l'école, une nouvelle élève arrive. Homura ressemble exactement à la jeune fille dont Madoka a rêvé. Et à la fin de la journée, après l'école, Madoka entend la voix de la petite créature la supplier de lui venir en aide. Dans un lieu sombre, elle la trouve gisant au sol, gravement blessé par Homura. Alors que Sayaka, l'amie de Madoka, arrive sur ces entre-fait, la réalité bascule...

Kyubey, le faiseur de miracle ?

Le premier épisode utilise encore les poncifs du genre. Si les éléments malsains et bizarres qui truffent le début ne vous convainquent pas de l'originalité de la série, je vous encourage quand même à regarde jusqu'à la fin du troisième. A partir de là, vous aurez une idée assez juste du reste de la série.


Petit à petit, une ambiance lourde s'instaure. Kyubey, la créature, assène avec aplomb et franchise vérités et prophéties. Il propose aux gamines le marché suivant : exaucer un vœux en échange de leur engagement comme magicienne avec comme mission de rechercher et détruire les sorcières, des monstres qui sèment tristesse et désespoir chez les humains. Leur seule présence exacerbe les émotions négatives et peut pousser les gens faible au suicide.
Face à cette proposition, Madoka hésite. Elle se sent médiocre, elle redoute de ne pas être à la hauteur de la tâche. Et surtout, aucun vœux n'éclot spontanément dans son cœur. Sayaka elle, voyant la possibilité miraculeuse de résoudre un un drame personnel, s'engage rapidement. Kyubey plie la réalité au souhait de la jeune fille et, comme promis, elle reçoit un bijoux scintillant preuve de son état de magicienne.



Malgré ses tergiversations, Madoka accompagne quand même son amie dans ses combats et lui apporte son soutien moral.La froideur et le pragmatisme implacable de Kyubey tranche avec son apparence douce et mignonne. Sa présence distille un malaise de plus en plus profond. L'indécision de Madoka le rend  alors très insistant pour recruter la gamine, qu'il annonce être la plus puissante de toutes....

La tentation de Madoka, du drame et des tripes !

Cette série de 12 épisodes a été diffusée au Japon au printemps dernier. Elle bénéficie d'une réalisation de grande qualité (studio Shaft) : le parti-pris graphique pour jongler entre la réalité d'une normalité affligeante et les combats glauques et absurdes est une réussite totale.
On oscille entre une ambiance d'animation moderne aux couleurs acidulés, baignée de lumière, avec des décors modernes et légers. Et puis, soudain, on perd pied.




Des collages psychédéliques (avec des références culturelle multiples en peinture, cinéma...) s'anime en 2 D. Les éléments sont toujours vaguement inquiétants, avec un travail sur des demi-teintes ou des tons criards qui cassent l'harmonie léchée de la vie quotidienne. La musique de Yuki Kajiura accompagne avec des envolées épiques les scènes dramatique et un générique de fin bien sympathique. Reconnaissables entre mille, son style colle bien à l'ambiance.

Alors, Madoka révolutionne le genre ?
Pas vraiment.
Difficile en effet de le cantonner à la catégorie magical girl. Si cet animé sort des sentiers battus et met une grande claque dans la guimauve poussiéreuse des séries du genre, l'aspect SF du scénario est, lui, plus conventionnel. Un tantinet démagogique sur la façon qu'elle a de démonter le genre des Magical Girl, Puella Magi Madoka Magical est une bonne série avec une réalisation novatrice visuellement. La fin, moins jouissive et moins radicales que mes attentes, reste dans la suite logique du scénario.

Mon verdict : pas un chef d'oeuvre intemporel certes, mais un animé qui démange, incontournable pour les curieux. Il démonte la mécanique trop parfaite du genre magical girl pour le reconstruire en un artefact bizarre, tordu, avec cette esthétique très graphique à la fois épurée et baroque, simplifié à l'extrême et totalement barrée.
En attendant une éventuelle sortie en France et une traduction des mangas, les figurines très rose bonbon des héroïnes sont disponibles, avec même un Kyubey à l'échelle 1/1 sorti chez Good Smile !
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The tatami Galaxy - Yojō-Han Shinwa Taikei : expérience sous acide


Adaptation d'un roman de Tomihiko Morimi, cette comédie courte en 11 épisodes raconte les destins possibles d'un étudiant. Un voyage dans des mondes parallèles étrangement similaires où tout semble découler d'un choix intial : l'inscription à un club de l'université. L'objectif du héros ne varie jamais. Il désire ardemment se trouver une petit amie...


Et la marmotte...

Les même personnages gravitent toujours autour du héros et les situations alternent entre étranges et cocasses pour devenir franchement abracadabrantes.
On retrouve Ozu et son physique monstrueux, toujours prêt à foutre le boxon, le "maître" un étudiant à vie habillé d'un kimono traditionnel, la jolie Akashi à la moue boudeuse...

 A la fin de l'épisode, l'horloge fonctionne à rebours.
 Une boucle temporelle sensiblement différente à chaque fois. Et c'est repartie pour un amoncellement de situations délirantes, cyniques où notre étudiant tombe de Charybde en Sylla. Le dénominateur commun : son insatisfaction profonde, son incapacité à s'épanouir...
 

Pourtant, peu à peu on réalise que les possibilités ne sont pas infinies. Les intrigues se recoupent et s'emboîtent. The Tatami Galaxy n'est pas une accumulation d'histoires sans queue ni tête. Le scénario est juste tordu pour arriver à son terme après de multiples circonvolutions.

L'avant dernier épisode est d'ailleurs une des expériences les plus barrées et réussies que j'ai pu voir en animation. Quand à l'épisode de clôture, il est tout simplement génial !
 


Fumer le tatami nuit gravement à la santé mentale...


Si l'histoire ne brille pas par son originalité, le traitement narratif lui frise le délirant et l'inaccessible. Graphiquement, cette série est une gageure, mêlant de multiples techniques sans jamais perdre de sa cohésion visuelle.
Une touche très traditionnelle avec un travail des motifs pour un chara-design résolument contemporain, dynamique et minimaliste. Un mariage détonant !

Produit par le studio Madhouse, The tatami Galaxy est réalisé par Masaaki Yuasa, déjà connu pour Kaiba et Kemonozume, des animes qui sortent des sentiers battus. Le monsieur étant aussi passé par le studio 4°C, la qualité est au rendez-vous. Un anime réservé donc aux amateurs d'OVNI et à ceux avec une curiosité hypertrophiée !

Comédie acide aux dialogues incisifs, au débit de paroles mitraillette et à la débauche d'effets visuels bizarres. Ces chroniques d'une pièce de 4,5 tatami entraînent le spectateur dans un monde clos au temps répétitif. Le visionnage demande un effort de concentration et nous récompense avec son humour corrosif.



Une fois la série achevée, on s'interroge sérieusement sur la portée de nos actions et l'accumulation de nos frustrations. Un anti-effet  "battement d'aile du papillon", puisqu'en final, quelques soient les agitations et les tergiversations, toutes les conséquences des actes s'agglomèrent en un seul lieu.
Tout se résout dans une pièce, avec quatre tatami et demi...

La bande-annonce




Le site de l'illustrateur Yusuke Nakamura qui a fait le design original :
http://www.yusukenakamura.net/

Lien vers les génériques, totalement en accord avec le ton de la série :
http://youtu.be/VyYCYd2wHY4
http://youtu.be/kfAACoS4OU8
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Denno Coil, circle of children


Après l'excellent Ghost Hound, j'ai eu envie de regarder une autre série dans la même veine : Dennô Coil. Encore de l'anticipation intelligente où la science fiction n'éclipse pas l'humain. Dans la droite ligne de Serial Experiment Lain mais plus simple dans la narration et plus facile d'accès, cet anime de 26 épisodes est une oeuvre marquante.


Des lunettes pour téléphoner!
 Le début, très traditionnel, nous raconte l'arrivée de Yasako, une gentille gamine d'une douzaine d'années. Elle vient d'emménager avec sa famille dans la ville de Daikoku. L'histoire se déroule dans un futur proche.

Grâce à des lunettes spéciales, bijoux de technologie, tout le monde a accès à la couche de réalité augmenté (RA), une réalité virtuelle qui se superpose à la notre.



Guerre des boutons dans le cyber-monde

Le cyber toutou de Yasako se perd dans une zone obsolète et est infecté par un virus étrange. Une autre jeune fille, versée dans l'utilisation de la RA, l'aide dans son aventure. La récupération du chien sain et sauf n'est pas sans conséquence et Yasako se retrouve enrôlée de force dans l'équipe des cyber-détectives à la botte d'une hacker de génie... Qui n'est autre que sa grand mère !

Une joyeuse bande de gamin gravite dans la ville, jonglant entre les réalités, jouant, flirtant avec la légalité et parfois même piratant sans vergogne les systèmes.
Rivalité d'enfants et guerre entre les clubs de l'école pimentent le quotidien. Mais l'arrivée d'une autre nouvelle, Amasawa Yûko, rend le jeu soudain très sérieux. Cette gamine surdouée cherche quelque chose et ne lésine pas sur les moyens...
Malgré le ton léger des premiers épisodes, on devine que la série ne s'adresse pas à un jeune public.


Densuke, le cyber toutou,

Kyoko, la petite soeur...

...qui aime jouer avec Densuke !


Les chiens androïdes rêvent-ils de nonos électriques ?

Dans une ambiance de ville paisible évoquant avec la magie d'un film des studio Ghibli, Yasako et ses comparses s'interrogent sur les étrangetés et les mystères de la RA.
Peu à peu, une trame complexe se distingue. Des éléments inquiétants apparaissent. La frontière entre la couche du réel et du virtuel s'effiloche. Il y a Kana, l'enfant morte dans un accident de la circulation. Il y a la légende urbaine de Michiko, créature qui apparaîtrait si l'on complète une quête et exaucerait un voeux. Il y a les illégaux, des créatures sombres à la morphologie et aux objectifs changeants...

La mise en place du scénario, ludique et drôle, nous amène vers des chemins complexes et sombres. Bientôt, la notion même de réalité vacille.

Dennô coil utilise l'humour et la chronique plutôt que les discours scientifiques et le suspens. Mais le résultat est le même : on est d'abords séduit, intrigué puis littéralement happé. La série ne connaît pas de passage à vide. Même le demi épisode central de résumé est bien ficelé et apporte des éléments nouveaux et capitaux.

Si Dennô Coil est plus accessible que Ghost Hound, c'est une oeuvre tout aussi passionnante. La spiritualité est abordée sous un autre angle, original et surprenant. Certains programmes sont représentés dans la RA comme des o-fuda (talisman en papier avec une inscription de protection).
Si vous ne suivez par attentivement chaque épisode, vous risquez d'être largué en cours de route quand les indices patiemment semés germent enfin, deviennent une forêt.



Dennô Totoro

Dennô Coil m'a immédiatement évoqué Totoro. C'est normal ! Le réalisateur Mitsuo ISO a engagé des anciens de Ghibli pour bosser sur le projet. Sa concrétisation aura pris une dizaine d'année ! Un grand soin est apporté à l'animation, au chara-design, au décor, à la musique.
Cette qualité reste homogène durant les 26 épisodes. Le chara-design, très "Miyazakien", et le choix d'une histoire ancrée dans le quotidien des enfants dénote des canons du genre dans la SF et l'anticipation. Cela fonctionne parfaitement !


Beaucoup d'éléments m'ont séduit dans cette série telle que l'utilisation pertinentes d'éléments de la culture informatique Unix. Probablement pas très gênant pour des spectateurs qui ne possèdent pas les références, mais diablement séduisant et malin pour ceux qui les comprennent.
Si les enfants sont les protagonistes principaux, les adultes ne sont pas absents. Le choix de la grand-mère comme célèbre crack de l'informatique m'a plut. Ceux qui ont découvert l'informatique dans les années 70 et 80 vieillissement. Les papis et mamies de demain ne seront plus des inadaptés des nouvelles technologies.
Le rôle donnés aux parents m'a aussi beaucoup émus.

A l'heure des réseaux sociaux, des téléphone portables, on oublie la chaleur du contact physique. Dennô Coil trouve l'équilibre entre un discours humaniste, ancré dans le réel, et l'acceptation de la RA, de ces lunettes qui ouvrent les yeux sur un monde virtuel. J'ai énormément apprécié la fin de l'histoire et le choix du message, fin et intelligent. Un anime incontournable. D'ailleurs, je songe à le regarder une seconde fois avec mon moustachu...




Pour en savoir plus (attention aux spoilers) : 
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Ghost Hound : science sans conscience...


L'abondance de séries d'animation japonaises rend parfois le suivi des nouveautés acrobatique. J'ai tendance à stocker les titres qui m'attirent, quitte à les regarder plus tard, parfois, beaucoup plus tard. En ce début d'année, j'ai enfin visionner Ghost Hound, sorti à l'automne 2007. Et quelle claque...

Voyage astral

L'histoire se concentre sur trois lycéens. Liés par une étrange capacité de projection astrale, ils deviennent amis.

Taro souffre d'un traumatisme profond : onze ans plutôt, lors d'un kidnapping, sa soeur est décédée dans des conditions horribles. Après le drame, le père de Makoto, un de ses camarades, se suicide en se tranchant la gorge. Les deux fait divers laissent leur empreinte dans cette petite communauté campagnarde du nord de Kyushu.

L'arrivée d'un nouvel élève, Masayuki, curieux comme un chat, donne l'impulsion aux deux adolescents pour tenter de comprendre les mystères de leur passé. Animé chacun par des motivations intimes, les jeunes se lancent dans une quête quasi obsessionnelle de la vérité.

Dans cette bourgade tranquille, au creux des montagnes sacrées, les contrastes entre tradition et modernité sont exacerbés. Une entreprise de biotechnologie qui expérimente au mépris de toute déontologie cohabite avec des activités ancestrales comme celles de la famille de Taro, éleveur de Saké.

Les cultes locaux gardent encore de la vigueur avec la grand-mère de Matoko, prêtresse d'un culte sectaire jadis très influent. Dans un autre temple, accroché au flanc de la montagne, vit une enfant aux yeux grands ouvert sur l'invisible...

Et, enfin, il y a l'ombre du barrage en amont. Une partie de la vallée a été engloutie, là où se trouvait un hôpital. Un lieu abandonné, à demi enseveli sous les limons. Des boues agitées d'esprit qui ne devraient pas agir sur notre réalité...

Ces créatures que les adolescents "voient" quand, endormis, ils glissent hors de leur enveloppe charnelle et accèdent au monde des esprits, une dimension parallèle qui se superpose à la notre. Ils supputent que c'est là, dans cette autre réalité, qu'ils trouveront des réponses. Mais l'impact de leur actions dépasse leur investigations, bientôt d'autres forces se mettent en branlent.

Pour le plaisir des yeux et des oreilles


Produit pour par le studio IG pour fêter son 20ème anniversaire, Ghost Hound est une série qui demande un effort intellectuel certain.

Cet ovni, ce bijoux étrange demande de l'attention, de la concentration. D'ailleurs, il suffit de regarder les noms du staff pour connaître le niveau de qualité : à la conception, Shirow Masamune, à la réalisation Nakamura Ryûtarô et au scénario Konaka Chiaki.
Trois noms dont le talent sonne comme des douces promesses, un éveil pour les esprits assoupis par la mollesse et la médiocrité. Et mes attentes ont été comblées. Sciences et spiritualité se mêlent, s'interrogent et se confrontent dans un scénario construite méticuleusement. Peu à peu, on découvre l'ampleur des dégâts, les personnages secondaires apportent des touches de plus en plus complexes.


Attention, Ghost Hound n'est pas une série facile. Les dialogues sont ardus avec des concepts scientifiques qui demandent parfois de faire quelques recherches. Le rythme est lent – mais sans longueur – avec une mise en place du scénario. Ghost Hound se mérite. Fan de SF, de cyber-punk mais aussi de chroniques quotidiennes, de tranche de vie contemplative, j'ai trouvé tout les éléments qui me touchent et mettent ma cervelle de batracien en ébullition.

Le cara-design, très neutre est compensé par une animation de qualité, pas démonstrative, mais efficace. Niveau visuel, l'anime est de bonne facture sans être extraordinaire.
Le design, les couleurs et la qualité du décor concourent à donner un aspect passe-partout. Comme si l'image venait après les mots, après le récit et surtout, après les bruits. Une neutralité volontaire pour mieux surprendre à vos oreilles !

Le travail de la bande son est juste incroyable. Je ne parle par de la musique, sympa sans être extraordinaire, mais bien des bruitages, des effets sonores qui contribuent à une impression de lourdeur, de pression. L'ambiance de certaine scène ne tient parfois qu'à des petites modification subtiles dans la bande son. Elle entretient un niveau d'angoisse latent.


Ghost Hound : générique

Ghost Hound est une série déroutante. On ressent la claustrophobie d'une monde sous marin écrasé sous la pression de l'eau, cette même sensation que l'on peut avoir dans une forêt trop veille, quand les arbres sont trop hauts, trop proches et masquent le ciel. Psychanalyse et spiritualité se mêlent dans des théories séduisantes, qui associées à la froideur des neuro-sciences conduisent des humains à jouer à Dieu. Nos trois adolescents se débattent avec leur héritage de névroses mais aussi d'amour. Et le titre du dernier épisode, "passage" donne le ton initiatique de la quête.

Un anime d'excellente qualité qui s'adresse à un public restreint, mais qui ne fait aucune concession. Pour mon plus grand plaisir !




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