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Et si on apprenait le japonais pour de vrai ?


 

Ces dernières années, les méthodes d’apprentissage ont beaucoup évolué. Applications sur smartphone, podcasts, chaînes de vidéo à la demande comme Netflix où on peut mettre les sous-titres dans la langue de son choix… L’accès aux langues étrangères devient plus aisé et surtout moins onéreux. Il est temps pour moi de dépoussiérer ma façon d’apprendre !

 

Bloquée à un niveau débutant depuis trop longtemps !

J’ai commencé mon apprentissage du japonais il y a des lustres par un semestre à la fac de Jussieu, alors que je travaillais à plein temps. J’ai validé un semestre puis, j’ai lâché l’affaire, incapable de mener de front boulot et études. Plusieurs fois, j’ai repris et même retrouvé mon niveau, progressé, avant d’arrêter, et tout oublier ou presque. L’évaluation de mes connaissances est déjà un problème en soi.

Il y a un an, avant mon voyage au Japon, je me suis remise à dépoussiérer mon japonais dans l’optique de me débrouiller sur place. Nous allions dans un coin pas très touristique. J’ai découvert avec l’application Duolingo (qui ne propose pour l’instant que des cours de japonais pour les anglophones) une approche ludique novatrice, bien éloignée de mon expérience très scolaire. Le chaos de ces derniers mois a mis en pause mon implication et mon envie. J’ai aujourd’hui du temps, beaucoup de temps, mais peu de concentration. Je cherche donc des moyens de recouvrer le goût de l’effort sans m’épuiser ni me décourager. En plus, parler japonais me paraît un atout utile si je veux y rester quelques semaines ou mois.

Que vous soyez grands débutants, que vous aussi ayez connu des tentatives d’apprentissage malheureuse ou intermittente, voici quelques réflexions, liens et outils qui peuvent vous aider si vous souhaitez parler et lire le japonais.


Avant toute chose : pourquoi voulez-vous apprendre la langue ?

Cette raison détermine en partie quel type d’enseignement mais aussi d’investissement (temps, financier, énergie) vous êtes prêt à mettre. Voulez-vous étudier la langue pour vivre au Japon ? Si oui, avez-vous d’autres compétences professionnelles ? Voulez-vous étudier la langue pour l’enseigner ? Pour être bilingue ou juste vous débrouiller ? Êtes-vous curieux de la culture et de l’histoire ou juste fan de pop culture ? Connaître les raisons et aussi les motivations nous aide à évaluer leur force et leur priorité dans notre vie. Cela a une conséquence directe dans le choix de la méthode d’apprentissage.

Souvent, on ne prend pas le temps de se demander « pourquoi » et on passe directement au « comment ».

Attention, le Japon a la cote et en naviguant sur le web, j’ai repéré des trucs douteux qui jouent sur la soi-disant très grande difficulté de l’apprentissage de la langue, de l’impossible mémorisation des kanji à moins d’avoir THE méthode inventée par le super formateur… Quand quelqu’un dit révolutionner l’apprentissage d’une langue qui est pourtant maîtrisée depuis un siècle et demi, je me méfie. Donc avant de casser votre tirelire, vérifiez le sérieux de l’école, du prof ou du bouquin. Et surtout, essayez déjà ce qui est gratuit ou très abordable.

Pour ceux qui souhaitent consacrer leurs études aux Japonais, les universités françaises ou l’INALCO, ou  restent les solutions évidentes. L’apprentissage de l’histoire, de la culture, de la linguistique sont compris dans le cursus, pas toujours funky mais à la qualité éprouvée. De plus, depuis mon passage sur les bancs de la fac, l’enseignement a évolué avec par exemple des cours de culture populaire du XX ème siècle. L’image d’austère et d’élitisme qui  perdure ne correspond donc plus à la réalité. Les débouchés sont cependant restreints à certains champs, si vous n’avez pas d’autres compétences : enseignement, recherche, traduction, interprétariat… Il s’agit d’apprendre un Japonais parlé mais aussi littéraire.

Il existe aussi des cours du soir diplômant dispensés par l’université de Paris, accessibles pour ceux ayant une activité professionnelle. Avec quatre heures de langue par semaine et une heure et demie de civilisation, cela demande de l’implication. Je n’ai pas fait les calculs, mais si vous êtes sérieux et engagé, le coût sera très probablement nettement inférieur à celui des écoles privées.

Si vous voulez apprendre le japonais pour « parler » simplement avec des gens, ou que seule la culture pop vous branche, un cursus académique avec une progression assez lente risque de vous décourager. Il existe d’autres méthodes d’apprentissage peut-être plus en adéquation avec vos besoins et vos objectifs. Une fois que vous avez déterminé « pourquoi » vous voulez apprendre le japonais, il sera aisé de trouver « comment ».

Dans mon cas, l’apprentissage de la langue, outre l’intérêt de communiquer, et aussi de mieux appréhender la culture du Japon. En effet, la structure même de la langue influe sur notre rapport aux autres et au monde.

 

Un parcours d'apprentissage très chaotique

Dans mon cas, la motivation première venait de mon boulot de pigiste manga et puis, parce que des copains s’étaient inscrits à l’université, je les ai suivis !

J’ai commencé à la fac, avec une méthode adulée par certains et mise au feu par d’autres, le Minna no nihongo. A priori, elle fonctionne bien à condition d’être dans un cadre d’un cours et pas en autodidacte. J’ai ainsi appris les bases de la grammaire, un socle qui me reste toujours. J’ai aussi fait des stages intensifs chez Tenri (avec plusieurs heures de cours de soir durant quelques semaines). Pour commencer, si vous êtes très motivé, et que vous avez un peu de temps de cerveau disponible (par exemple durant les vacances) cela peut être un moyen de commencer sur des chapeaux de roue et d’être très vite capable de vous débrouiller. J’ai aussi suivi les cours de la Mairie de Paris, pas cher mais avec des profs japonais pas toujours très qualifiés pour enseigner, et surtout avec une progression très lente.

Attention (bis) un natif qui donne des cours n’a pas toujours les compétences pour enseigner. En France, si on veut donner des cours de français à des étrangers, il existe une formation (FLE) avec une pédagogie adéquate. Beaucoup de Japonaises (ce sont souvent des femmes) donnent des cours alors qu’elles parlent très mal notre langue, sont incapables de répondre à des questions précises de grammaire… Les répétitrices engagées dans les universités doivent avoir obtenu le Japanese Language Teaching Competency Test. 

Une personne qui a appris la langue adulte et parfois mieux à même de l’enseigner que celle qui l’a intégrée doucement en étant enfant. Cependant, les cours de conversation avec un ou une native sont parfaits pour pratiquer. Aujourd’hui, il est possible de trouver des solutions gratuites via des applications, notamment Tandem (que je n’ai pas testé).

D’ailleurs, j’ai moi aussi suivi des cours avec une prof japonaise qui intégrait à nos échanges les notions de grammaire que je connaissais déjà, tout en en ajoutant des nouvelles au fil des semaines. Hélas, elle est subitement repartie au Japon. Cela avait coupé mon élan car j’avais eu de réelles difficultés à trouver une personne prête à me « remettre à niveau » sans me faire acheter un énième manuel, et à un tarif tout à fait raisonnable.

Après mon voyage de l’automne dernier – dans une autre vie – j’ai de nouveau lâché pendant quelques mois. Cette fois, m’y remettre me semble plus facile. Comme préconisé plus haut, je travaille tous les jours. J’ai du temps, j’y consacre donc plusieurs heures, mais sans « bachoter » et en multipliant les approches (révision par répétition espacée, lecture de la grammaire, écoute, visionnage de vidéo et toujours, des séances de lignes).


Quelques pistes pour commencer, reprendre où se perfectionner

En préambule, le conseil le plus important : en faire TOUS les jours.

D’abord, si vous voulez parler la langue, il faut se retrouver en immersion. Sans être dans le pays, il y a aujourd’hui des solutions grâce aux outils numériques. L’important est de ne pas se décourager et de tenir sur la durée. Pour cela, l’économie de sa volonté facilite grandement les choses. Plutôt que de procrastiner, de se dire « qu’il faut s’y mettre » et négocier chaque fois âprement avec soi-même quand on flanche, il existe un truc simple : faire de l’apprentissage de la langue une habitude aussi solide que se lever le matin. Cela implique de travailler tous les jours, au moins 30 minutes. Tout le monde peut le faire avec les podcasts et les applications : dans les transports, en marchant (à moins d’un km de chez soi et avec son attestation en poche), en nettoyant son foyer… Si le japonais est une priorité pour vous, vous trouverez le moyen de gagner du temps.

Encore une fois, savoir pourquoi on veut apprendre donne la motivation, après il faut déterminer quelle méthode nous convient pour ne pas se décourager.


Conseil numéro 1 

Apprendre en intensif hiragana et katakana  rapidement afin de ne PAS PASSER par le rômaji (alphabet latin). Il est absurde d’apprendre le japonais sans son système d’écriture. Deux à quatre semaines est la durée idéale, définie par l’université et aussi préconisée par d’autres enseignants. Si des appli gratuites peuvent vous aider, je vous déconseille d’investir dans cette étape basique. Elle demande un réel effort et permet de mesurer votre motivation à apprendre la langue.

Pour les débutants qui aiment les applications ludiques, Duolingo reste pour l’apprentissage du vocabulaire de base et la révision des kana un outil fun. Après, je trouve qu’elle est rapidement limitée lorsqu’on veut progresser rapidement.

Je n’ai pas essayé, mais les vidéos de Julien Fontanier plaisent beaucoup. Ses cours sont gratuits, très structurés. Par choix de vulgarisation, il utilise ses propres termes pour expliquer la grammaire qui peuvent être différents de ceux qu’on trouve dans les manuels.

Pour ceux qui ont besoin d’un support papier ou qui ont envie de progresser à leur rythme (et non à celui imposé par la vidéo) j’ai beaucoup utilisé Le Japonais en manga (ne faites pas attention aux dessins tout moches). Les nombreux tableaux récapitulatifs pour la grammaire et la conjugaison sont des aides précieuses. Seul bémol : la présence de rômaji, que je trouve désagréable, et pire, ne vous motivera pas à apprendre les syllabaires rapidement.


Conseil numéro 2

Apprendre en parallèle les bases de la grammaire et les kanji (surtout ne pas laisser les kanji à plus tard. Il y a beaucoup d’homophones en japonais).

J’ai commencé comme beaucoup à apprendre avec le Kanji to Kana. Les kanji dans la tête  est une référence récente souvent citée : plutôt que de classer les idéogrammes par ordre de fréquence, il fonctionne par clef et par regroupement visuel. Cependant il n’y a pas les lectures (prononciation), ce qui est pour moi rédhibitoire.. Dans le même style, le Manuel de Kanji Usuel, chez l’Asiathèque est bien meilleur, mais hélas épuisé. Ce type d’ouvrage coûte assez cher, une quarantaine d’euros. Attention, vous pouvez trouver des manuels moins chers comme Kanji Kakitai ! Cependant il ne compte que 600 des 2 141 kanji officiels.

Pour le début, vous commencerez en apprenant par exemple tous les kanji listés à la fin du manuel le Japonais en manga. Cependant, investir dans un manuel de kanji sera nécessaire. Je vous conseille aussi l’application kanji study (en français malgré son nom). Non seulement elle est très complète mais permet d’adapter l’ordre d’apprentissage en fonction de la méthode que vous suivez.

En effet, apprendre les kanji au fur et à mesure de leur introduction reste le plus simple et le plus facile pour les associer à du vocabulaire et surtout, les utiliser ! Si vous êtes autodidacte, comme repère de temps, en première année de fac, il y avait 370 kanji à apprendre sur 22 leçons (une par semaine), ce qui est raisonnable en masse de travail.


Conseil numéro 3

En faire TOUS les jours (oui, c’est le même que le conseil de préambule). Il est facile d’utiliser Duolingo chaque jour puisque l’application est conçue ainsi, avec des défis, une ligue, des bidules à débloquer. Si on commence ainsi, on prend l’habitude d’étudier un peu chaque jour. Par contre, rapidement, vous allez sentir ses limites.

L’écoute est importante. J’ai commencé par des animés et des films. Cependant, aujourd’hui, j’ai besoin d’une écoute plus dense. Je suis donc passée au podcast, entièrement en langue japonaise. Les scripts sont en général disponibles sur un site, ou il peut y avoir des vidéos du texte. Essayez de trouver un podcast avec un sujet et une voix qui vous plaît.

Une langue est faite pour communiquer, comprendre l’autre. C’est con, mais quand on étudie, parfois on oublie cette évidence. Si on a envie de comprendre ce qui est raconté, l’attention nous coûtera moins d’effort et à la fin, le plaisir l’emportera. Ce sera plus facile de mettre en place une habitude si on éprouve la fierté d’avoir compris, la saine frustration d’avoir raté un truc qu’on sent juste à porter, la curiosité et la joie de découvrir la culture, ou même de suivre un podcast avec du suspens !

Pour l’apprentissage des kanji et du vocabulaire, la technique de répétition espacée a fait ses preuves. L’application Anki (libre sous Android, payante sous iPhone) est la solution idéale. Elle n’est pas super intuitive (pour moi en tout cas), mais des tutoriels sur YouTube vous expliquent son utilisation. Pour ceux qui utilisent la méthode Minna no Nihongo, l’application Minna no Flashcards propose une révision rapide et simple. Je pense d’ailleurs qu’elle peut aider tous les débutants, car le vocabulaire est basique et utile.

Si vous regardez le temps passer sur les réseaux sociaux, dégager une demi-heure ou même une heure par jour pour bosser le japonais est raisonnable. En combinant par exemple Duolingo le matin durant dix minutes, Anki à midi durant vingt minutes, et un podcast ou un animé de 20 à 30 min, vous varierez les plaisirs. Il faut aussi se caler des sessions plus costaudes, au moins une ou deux fois par semaine, pour apprendre la grammaire et la conjugaison.

Dès que vous vous sentez vaguement prêt à baragouiner, il est possible de trouver des correspondants pour des échanges de langue. Je n’ai pas encore testé l’application Tandem, mais elle est plébiscitée.


Conseil numéro 4  

Tenez bon, mais si vous abandonnez, comme moi, sachez qu’il est plus facile d’apprendre une seconde fois ce qu’on a déjà appris et oublié. Cela permet de « lâcher » un peu la pression. Même si, dans mon cas, je suis lasse de toujours tenter de retrouver un niveau intermédiaire que je n’ai, pour l’instant, pas réussi à récupérer. On verra si, mi-décembre, j’ai réussi à tenir mon défi.

Bon courage à tous et surtout, n’hésitez-pas à laisser en commentaire les livres que vous appréciez, ou ceux qui vous ont déçu. Je vais dans un prochain article vous donnerais une recommandation de podcast que j’apprécie.

Mise à jour : voici une liste de podcasts qui pourraient vous aider que vous soyez débutant ou intermédiaire.


Conseil numéro 5  

Excepté pour Duolinguo, je ne vous donne que des références en français. À moins d’être bilingue ou d’avoir une connaissance approfondie de la grammaire, conjugaison et syntaxe d’une autre langue, il me paraît important d’apprendre le japonais à partir de sa langue maternelle. De la même manière qu’une personne native sans compétence adéquate n’est pas la mieux placée pour enseigner la structure du japonais, passer par une langue tierce, comme l’anglais, risque de rendre les choses plus difficiles et pire, d’induire des erreurs. Par contre pour les kanji et le vocabulaire qui demandent de la mémorisation plus que de la compréhension, le passage par l’anglais ne me paraît pas problématique.


Un article du blog

http://etang-de-kaeru.blogspot.com/2021/01/quelques-podcasts-pour-apprendre-le.html


Récapitulatif des applis utiles :


  • Duolingo(version gratuite avec nombre de vie limitée, ou abonnement mensuel)
Je vous conseille comme mot clef pour chercher le pour les decks « Japonais » « JLPT ».
  •  Kanji Study (version gratuite avec 80 kanji, la version complète coûte 10 €, très raisonnable à mon avis, traduite partiellement en français)
  •  Tandem : pour trouver des correspondants et faire de l’échange de langue


D’autres ressources :

  • Lire les news avec un Japonais accessible et des furiganas (qui indiquent la prononciation des kanji) :
https://www3.nhk.or.jp/news/easy

  • Manuel de kanji “The New Nelson Japanese-English Character Dictionary, conseillé par un ami prof de japonais. Pour lui, les manuels de grammaire en anglais ont une pédagogie hélas inégalée dans les manuels disponibles en français. 

  • Les kanjis dans la tête, de Yves Maniette. Les avis sont mitigés, le livre ne propose pas les prononciations et la mémorisation subjective ne fonctionne pour tous.

 

Des articles sur l’apprentissage :


Liens sur l’intérêt de l’apprentissage au quotidien :

Add-on "Rikachan" ou "Rikaichamp" traduction des kanjis dans votre navigateur :

    https://addons.mozilla.org/fr/firefox/addon/rikaichamp


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Pourquoi j’écris ?


 

Il y le bruit de la rivière et puis les pieds qui marchent et qui écrasent des feuilles, derrière au loin un moteur, peut-être la route ou une tronçonneuse, enfin, il y a la présence sonore de la forêt avec le pépiement des oiseaux, des petits craquements, la boue, et ce bruit habité rappelle que je ne suis pas seule. Je suis seule à marcher, mais je ne suis pas seule. Déjà parce qu’il y a dans ma main ce bijou de technologie qui s’appelle smartphone avec son GPS. Même si je ne connais pas cette forêt, que je n’ai pas de carte, je sais qu’elle n’est pas très grande, que je ne peux pas vraiment m’y perdre, je peux téléphoner, parler, chatter et en même temps, je suis seule parce lors de ma promenade quotidienne que je tâche d’effectuer par beau temps, depuis que je suis ici. 

Mettre les jambes en mouvement, mettre le corps en mouvement, c’est une autre façon de mettre la tête en mouvement et éveiller cette partie un peu magique qui fait qu’on écrit.


Dimanche matin, j’ai assisté à une réunion, une rencontre informelle sur le web d’un groupe qui s’appelle Écrire à Tokyo et qui a été initiée par deux Français qui habitent à Tokyo, Julien Bielka, qui réside dans la ville depuis 2006 et Lionel Dersot, depuis 1985. En 35 ans il a constaté les évolutions de la perception du Japon, arrivé à une époque où le pays n’était pas du tout à la mode, ni comme il l’a justement dit "un produit marketing". Écrire à Tokyo regroupe des personnes d'horizons différents avec en commun un intérêt pour l’écriture, quel que soit sa forme. Lors de la dernière réunion était présent trois Français de Tokyo dont les deux concierges fidèles, un autre compatriote vivant à Takamatsu, que j’ai eu le plaisir de rencontrer par hasard lors de mon dernier voyage et un Japonais vivant à Paris. Quant à moi, j'ai assisté depuis mon exil belge.

Nous avons discuté du « pourquoi d’écrire ». Ce sujet me touche tellement que j’ai été incapable de prendre la parole. J’ai écouté soigneusement les paroles de chaque participant détaillants leurs motivations et je me suis retrouvées dans certaines, notamment dans celle de Julien « pour ne pas devenir fou ». Dans mon cas, le glissement vers la folie est une de mes plus grandes peurs et l’entendre ainsi énoncée, avec une simplicité abrupte, m’a énormément ému et retournée. Je n’étais pas en état de prendre la parole. 

 

J’ai beaucoup réfléchi. 

J’écris pour ne pas devenir dingue, pour sortir de moi certaines émotions, parfois, des choses très mesquines et des choses très moches que je n’ai pas envie de conserver ni de cultiver.

Cette écriture prend place dans mon journal. Elle n’est pas destinée à être lu. Je documente aussi de façon factuelle l’épreuve que je traverse depuis la rupture avec mon compagnon, parce que ma mémoire est très défaillante. J’oublie les choses désagréables sauf si sont associées à des épisodes ou j’ai ressenti une vive honte, dans ce cas, je n’arrive pas à m’en débarrasser. C’est marqué au fer rouge dans mon esprit. J’y repense souvent et la honte se double d’une culpabilité terrible et protéiforme : de ne pas avoir su agir correctement, ne pas avoir su dire les choses, ne pas avoir écouté l’autre…

Cette écriture qui n’a pas pour objection d’être divulguée.


Pourtant, de ce travail cathartique, une partie qui atterrit sur mon blog. Ma motivation première reste « ne pas devenir dingue », cependant, des bouts de texte subissent un travail de sublimation. Je peux donc les divulguer. On est dans le deuxième effet kiss cool de la catharsis qui consiste à purifier, et livrer au monde quelque chose de beau, une fois qu’on s’est débarrassé du caca intérieur. À moins qu’il ne s’agisse du stade ultime de la décomposition : de la pourriture qui permet de nourrir des jeunes pousses. Actuellement, mon projet de texte dans le cadre du NaNoWriMo aborde ce thème.


 

 

L’autre type d’écriture est fictionnelle.

Mes motivations diffèrent pour celle-ci. Cette écriture demande par ailleurs d’être bien, car je dois réfléchir, structurer. Je suis plus architecte que jardinier, même si mon mode d’élaboration devenait de plus en plus chaotique avec l’expérience. J’écris de la fiction pour partager. Pour moi, l’histoire est presque secondaire. Ce que je veux transmettre est plus de l’ordre d’une ambiance et d’émotions.

Un des participants a parlé de son désir de transmission en lien au fait qu’il n’avait pas d’enfant. Dans mon cas, n'en voulant pas, cela ne me dérange pas. Cependant, je pensais finir ma vie avec mon compagnon, ce qui ne sera pas le cas. J'ai aussi ce souhait de transmettre, de laisser quelque chose derrière moi. Même si mon manque de confiance me souffle que déjà, ce n'est pas hyper intéressant, et en plus que la notion de postérité est très narcissique. Je fais ce que je peux, en fonction de mes capacités.

En fait, j'écris, car je n'ai pas le choix. Si je n'écris pas, je vais très très mal. Les périodes sans écriture me transforme en une personne que je n'approuve pas, qui n'est pas agréable et surtout, je n'ai pas de plaisir de vivre.


Pour résumer, j’écris pour ne pas devenir folle, j’écris pour me faire plaisir, j’écris pour transmettre, et peut-être – c’est mon côté mégalo – parce que ce que je n’écris pas moi, personne d’autre ne l’écrira. Même si mes mots ne sont ni originaux ni novateurs, cela reste mes mots, ma singularité. Même si l’intérêt ne dépasse pas celui d’un cercle restreint, j’ai choisi de m’exprimer en public sur mon blog, depuis 2010. Les circonstances actuelles font que j'ai passé en privé ma présence sur les réseaux sociaux. Je souhaitais me soustraire au regard de mon ex-compagnon et pouvoir m’exprimer sans trop d’auto-censure. Cependant, ce retrait est probablement temporaire, j’assume ce que je raconte, même lorsque la qualité n’est pas au rendez-vous, même lorsque mon avis évolue.

Enfin, j’écris aussi probablement pour avoir des retours, pour combler mon grand besoin de reconnaissance, pour avoir ces petits coups de pouce, cette empathie, ce lien avec des parfaits inconnus qui me disent « moi aussi, je te comprends ». Le plus beaucoup compliment que je puisse avoir c’est lorsqu’une personne vient me dire que j’ai exprimé qu’elle ressent et qu'elle-même n'arrivait pas à verbaliser. Ces instants rares balayent les doutes qui surgissent à intervalle trop régulier.
Et vous, pourquoi écrivez-vous ? Ou, pourquoi n’écrivez-vous pas ?


Si le groupe Écrire à Tokyo a piqué votre curiosité, les informations sont disponibles ici :  

https://www.ecrirea.tokyo




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Le jour de la Terre où elle eut (un peu) la paix


Plus de 4 milliards d’humain se serait trouvé confinés, à la louche, plus de la moitié de la population mondiale selon un média environnemental. Check news de Libération, en décompte 2 milliards au 30 mars.

La planète souffle.

Économie en suspens, activités polluantes et grouillantes soudain à l’arrêt ; alors que l’humanité semble en apnée, les autres espèces, elles, profitent de la tranquillité. Si la pollution atmosphérique a connu une baisse drastique, la réalité reste moins youpi-yop avec notamment la multiplication de décharge sauvage. Sans personne pour surveiller, il est facile de vider sa merde dans les rivières, dans champs, dans les forets.
Cependant, on peut mesurer durant cette période extraordinaire les impacts de nos vies, y compris dans des domaines surprenants comme l’activité sismique. Les scientifiques collectent des données assez incroyables. Après, nous sommes balèzes pour ne pas les écouter lorsque les conséquences de nos actions impliquent de changer de façon de vivre, de « perdre » du confort, d’abandonner un mode de consommation mais aussi de penser. Trop difficile ; trop pénible. 
On verra plus tard. 
Les prochains se débrouilleront.

Le jour de la Terre, comme la « journée de la femme », me laisse dubitative ; l’existence même de l’évènement donne la dimension du problème. Pour la moitié de l’humanité, une fois par an, on tâche de rappeler qu’elles ont les même droit et que cette égalité est un combat encore difficile. Pour la planète, une fois par an, on pense à ce qui se trouve sous nos pieds, à ce qui passe au-dessus de notre tête. 
Le sol, pas toujours solide, l’air, par toujours transparent.
Menacés par l’infiniment petit, obligés de nous terrer, cette commémoration prend des atours insolites voire franchement ironiques. L’environnement revient sur le devant de la scène, rentré par une porte microscopique, pour nous prouver que nos actions ont des conséquences, souvent très complexes.



Le ciel est dégagé en cette soirée douce du 22 avril.
Pas de nuages. Comme depuis six semaines, je me réjouis d’observer ce morceau quadrillé par les immeubles du 20e, sans qu’il soit haché par les trainés des avions. Les bruits sont limités aux conversations, rires et hurlements d’autres parisiens. Pas de vrombissement lointain. Pas de sirène. Aucun klaxon. Et le crétin en scooter qui fait des tours de quartier se limite à un seul, probablement de crainte de se manger un coup de pelle. 

Sur la terrasse, un pigeon gonfle ses plumes. Il a raté son atterrissage il y a une heure et s’est presque assommé. On le laisse tranquille, en attendant qu’il recouvre assez ses esprits. 

Le crépuscule force les ombres et les arêtes de béton tranche le bleu roi. La température baisse. Bientôt, à la fenêtre, certains applaudiront. Le jour de la Terre s’achèvera, discret 50e anniversaire dans les médias. Le pigeon me regarde et se rapproche de la baie vitrée ouverte. Tant qu’il n’ouvre pas le frigo pour prendre une bière, je le laisse tranquille.

Dans mon pot de compost, les bactéries et les insectes s’en donnent à cœur joie. Si je ne peux pas faire grand chose pour l’état de la Terre, au moins, je peux contribuer à en renouveler, sans majuscule.


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Ces temps étranges...



Confinement :
(Par extension) Procédure de sécurité visant à protéger des personnes dans des espaces clos afin d’éviter, un contact avec un nuage nocif (de gaz ou radioactif), ou la propagation d’une maladie infectieuse.

Je me sens pas confinée.
Je me sens entravée, menacée dans mes libertés, en colère face à une situation d’une extrême complexité, angoissée par le manque de cohérence de nos gouvernants, inquiète pour mes proches face à une maladie qu’on ne soigne pas.



La guerre comme joker


J’étais en Bretagne, à Quiberon, pour quelques jours au vert et au bleu, quand le confinement a été instauré. Il y avait un TV dans la loc. Je l’ai regardé, un truc qui ne m’était pas arrivé depuis des années. J’ai ainsi suivi en direct l’allocution notre Jupiter national. « Nous sommes en guerre » a-t-il martelé. Mais contre qui ? Ai-je songé. Parce qu’il me semble dans une guerre, il faut au moins deux camps. Soyons clairs, Covid19 s’en cogne de nous, c’est un virus, il n’a pas d’intention de nuire, juste de survivre et de faire ce que font les virus.
Être en guerre, c’est pratique, rassembleur, on enterre nos différents, on s’unit, on se serre les coudes (mais de loin, distance sociale oblige).
Immédiatement, j’ai repensé à mère, infirmière, qui allait à Paris manifester au milieu des années 80 pour la sauvegarde de l’hôpital public. Je me souviens de ma trouille diffuse de gosse de dix ans, devant les infos et les charges de CRS – déjà à l’époque – qui les arrosaient à coup de lacrymo. Depuis, le démantèlement du service public a continué, avec une logique unique : financière. L’humain, on s’assoit dessus.

Alors, dès ce fichu discours, je me suis sentie très très mal. En début d’année, quand les soignants défilaient en une énième tentative pour demander des moyens de bien faire leur métier, la réponse était matraque et flash balls. Soudain, dans la bouche présidentielle, ils deviennent des héros. C’est bien pratique les héros, en temps de guerre, ça tombe comme des mouches. Au moins, y a ni pension ni retraite à leur verser ; ils accomplissent leur « devoir » .
Rapidement, le statut de héro a été largement distribué à tout le monde. Il suffit de rester enfermé. « Rester chez vous, sauvez des vies ». Quelle facilité ! Surtout quand on vit dans un lieu sympa, avec de l’espace, qu’on peut télétravailler, qu’on a pas de gosse, qu’on ne se retrouve pas au chômage partiel, et qu’on est suffisamment introverti pour supporter l’absence de contact...


Injonctions contradictoires à gogo


Restez chez vous, mais allez voter.
Restez chez vous, mais allez bosser.
Voilà qui m’a copieusement embrouillée. Alors, j’imagine l’effet sur des personnes moins informées, moins éduquées, abreuvées par les infox et les conneries alarmistes qui tournent en boucle sur les chaines TV préoccupées uniquement par leur audimat.
— Il a dit quoi ?
— Ben faut rester enfermés.
— Ha, OK.
— Mais dimanche, faut quand même aller voter. Et puis, en fonction des métiers, faut aller bosser, car il faut bien faire tourner les pays. Mais on va être des héros.
Caissière, livreurs, soignants... Hop, eux aussi ont leur badge de héro. Parcontre, pour le salaire décent et la pérennité du boulot, là, ils peuvent toujours courir (mais pas à plus d’un kilomètre de chez eux). Quant aux enseignants, ils sont donc en vacances, hein ! Ces branleurs.

Les élections ont eu lieu.
30 000 communes ont un nouveau maire, seules 5 000 en sont dépourvues… Sauf qu’en raison du confinement, les nouvelles équipes d’élus ne peuvent pas se réunir, donc l’ancienne continue d’assurer. Évidement, certains assesseurs ont été contaminés.
La logique de l’affaire m’échappe, après tout, je ne suis pas homme politique, mais je doute qu’elle réponde à une préoccupation de santé.





Le prix de la peur

 

Alors le pays ralentit. Les sorties sont stigmatisées. Il faut une attestation. On a l’impression que sortir acheter un paquet de biscuit – qui n’est pas un produit de nécessité – est une transgression folle. L’ambiance s’alourdit. On regarde les autres. La peur de la contamination, l’ennemi invisible…
Une situation que j’ai vécue en 2011, lors de la catastrophe de Fukushima, à distance mais avec une grande implication émotionnelle. Je n’oubliai jamais mon voyage au Japon en février 2012 pour raisons professionnelles. Mais l’autre n’était pas un danger ni une victime potentielle.

L’anxiété conduit à des comportements irrationnels.
On est prêt à croire le premier guignol venu qui offre de l’espoir et une solution. La méthode scientifique passe à la poubelle. Quant aux tyrans et assoiffés de pouvoir, ils débitent les âneries les plus absurdes avec un aplomb assassin.
L’anxiété conduit à l’envie, aux jalousies. On pointe du doigt les « riches » qui partent à la campagne, mieux encore s’ils vivent à Paris. Ils répandent le mal. Aujourd’hui on sait que le virus est entré simultanée par plusieurs points d’accès dans le pays. Les personnes qui ont quitté Paris ont permis de faire baisser la densité de population et donc le risque (on est la 7e ville la plus densément peuplé au monde) car le principal problème vient du sous dimensionnement des services de réanimation.

Il faut des coupables. Les riches, c’est pratique.
Il faut des coupables car si tu sors, tu n’es pas un héros.
Tu tues des gens.

Et les 100 000 proprio de toutous qui vivent à Panam ? Et les familles ou colocations entassées dans des apparts miteux insalubres, les couples qui s’entre-déchirent, les femmes qui se font maraver la gueule ? Comment on « mesure » ceux qui peuvent sortir ?
L’anxiété conduit à la violence. La nouvelle attestation, plus stricte mais permettant aussi plus de solidarité donne cependant lieu à des vérifications de police parfois musclées voire abusives.
Un autre effet, moins relisant est la délation.

Le confinement, une solution qui masque l’insoutenable.


Il y a une chose qui est insupportable : cette maladie n’a pas de remède. C’est le corps qui se débrouille comme il peut pour la combattre. Cette maladie nous met dans la tronche qu’au XXIe siècle nous sommes toujours mortels et impuissants. Non, même si on a la capacité de détruite la planète, nous ne sommes pas les plus forts.
L’unique propagation virus est par le contact : des gouttelettes respiratoires (bref, des postillons), par contacts directs avec des sécrétions ou liquides biologiques (qu’on trimballe sur les mains), ou encore par l’intermédiaire d’un objet contaminé. Pour ce dernier, il n’y a aucun cas de contamination avéré.
Par contre, cela génère beaucoup d’inquiétude.

Le côté bénéfique : si les gens ont la trouille, ils restent chez eux.
Le côté négatif, la peur conduit à des comportements irrationnels, voire dangereux ou carrément mortels.

Alors, pour limiter les contacts, la distanciation sociale et le confinement sont les uniques solutions pour faire face au cœur du problème : nos hôpitaux sont saturés. Et cette saturation est la conséquence d’années de gestion avec comme objectif unique : ne pas perdre de thune. En fait, si on pouvait en gagner, ça serait mieux. La santé des personnes ne rentrent en compte que sous l’angle comptable : les soigner coûtent cher, autant qu’elles soient en forme. Et puis, une pandémie signifie un arrêt de la production, vu qu’il n’y a plus de travailleurs. La santé et le bien-être sont réduits à des facteurs dans la grande équation magique de l’économie capitaliste.


Punir les coupables ?


Le confinement a un coût humain, les malades, ceux qui hélas succombent, et tous les autres. Les PME, les TPE, les free-lances, les artistes, le secteur de la culture, du tourisme, des loisirs, mais aussi les précaires, ceux qui vivent dans des petits apparts, ceux qui sont SDF ou pire, à la rue… Les invisibles, les laissez-pour comptes coulent en silence. Ces gens-là payent et vont payer la déroute du service public. Après plus d’un an de manif de gilet jaune, après les grèves de décembre, les inégalités sociales demeurent toujours plus criantes.
Et dans ce bordel, on applaudit gentiment à 20h à la fenêtre, les soignants qui manquent de lits et de respirateurs.
En 2008, l’état a renfloué les banques ; je doute qu’une fois passée la tourmente de la pandémie, la politique soudain se rende compte de la nécessité vitale et humaine de sortir du modèle économique actuel.
Je n’y crois pas.
Faire volte-face, sortir de la logique de rentabilité du service public avec des contractuels et des sous-traitants privés est à mon avis l’unique moyen pour rétablir un équilibre et une justice sociale.




Je n’ai pas peur d’être contaminée, pas peur d’être malade, pas vraiment. Je suis assez fataliste sur la question, et ma constitution reste robuste. 
Par contre, je suis dévorée d’angoisse quand je pense aux inégalités et aux injustices qui sont méthodiquement exacerbées, nourries et même fabriquées car elles servent les mécanismes de fonctionnement actuels de la société.

Je suis dévorée de colère face aux réponses du gouvernement, face aux mesures qui rabotent les libertés et qui nous aliènent sous motif de nous protéger alors que les plus précaires et les plus faibles servent de variables d’ajustement. Si je vis la colère comme émotion très destructrice, qui me paralyse et me fait du mal physiquement, elle a aussi un rôle d’alerte.

Mettre des PV aux récidivistes qui bravent le confinement, s’en prendre à ces « criminels » me file la nausée. Faute de savoir guérir et d’être en mesure d’accueillir tous les malades, on cherche des coupables.

En conclusion, je respecte sagement la loi, je reste « confinée » et je sors dans le cadre autorisé.
Mais je ne suis pas dupe. 
Nous payons les choix qui ont mené à la crise sanitaire. Ces choix sont politiques (pour résumer, sacrifier les services publics au profit du privé, de la « start-up nation »). Les intérêts individuels de personnes puissantes sont favorisés au détriment du peuple. Si nous n’avons pas tous les mêmes capacités à appréhender les conséquences de nos actes et à surpasser nos mécanismes de survie primaire assez égoïste, les injonctions contradictoires et l’infantilisation conduisent à des comportements sociaux dangereux et moralement assez sales. 

Quant à certaines mesures, comme les couvres-feu, et l’utilisation de données perso des téléphones pour « surveiller » les déplacements basculent dans l’autoritarisme « pour notre bien ». Un discours imminemment flippant.
Encore une fois, on cherche des coupables, des boucs émissaires qu’on veut offrir à une population apeurée prête à tout pour retrouver son confort.
Cette dérive me terrorise. 

Si j’ai peu d’espoir dans l’espèce humaine, au moins, nous allons peut-être réaliser avec le p’tit Covid 19 que non, nous ne sommes pas tout puissant sur cette foutue planète.

Dans ma tête, comme un mantra, je me souviens que tout passe, évolue, même si on a parfois l'impression d'être prisonnier dans un bloc d'ambre, dehors, les nuages continuent de cavaler tranquilles. Le ciel n'est jamais été aussi bleu, l'air aussi pur et la ville aussi calme. L'humanité en apnée.

Prenez-soin de vous et de vos proches.


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