Affichage des articles dont le libellé est Poésie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Poésie. Afficher tous les articles

Hiatus

Six mois exactement, une demi-année de silence ici, de mots étouffés par la crainte qu'ils soient volés, détournés… Si je n’ai pas de contrôle sur les émotions que mes propos suscitent, leurs conséquences bien concrètes m’ont conduite à me taire, dans les circonstances actuelles de ma vie. 
Ce blog va prendre une direction un peu différente, moins personnelle, tant que je ne me sentirai pas libre de m’exprimer. J’espère que ce recul nécessaire n’aura pas conduit à une désertion totale de mon maigre lectorat. 
Merci à celles et ceux qui continuent de passer par ici.

 

 

Sur le marbre les vivants déposent leurs chrysanthèmes,
tandis que sous la terre dorment les graines du printemps
Premier novembre.
 
 
 

 


Photos prise au cimetière du Père Lachaise



/ /
Commentaires : 2 commentaires

Joli mois de mai ?

 

Tête courbée et pieds nus,

Caressé par la pluie de mai

Un brin de muguet



Dans la jardinière délaissée

Pile à l'heure pour le premier

Le bouton se fendille



Résonne encore 

Le glas de l'an passée

Printemps amer



Les clochettes retardataires

Sous l'orage chantent des vies

Futures



Merci à toi lecteur curieux d'être passé dans ce désert.







/ /
Commentaires : 1 commentaire

La nuit la plus longue...




Le solstice d'hiver. L'amoureux des ombres. Les vieilles peurs qui entravent et la fragile lumière d'une bougie pour conjuguer les mystères, le trop grand, l'incompréhensible, ou simplement, le bizarre et le dérangeant.

Cette nuit de décembre exacerbe le besoin de lumière, de chaleur. De contacts aussi. Elle ravive les absences et rend les présences et leur continuité plus précieuse.

Bientôt l'année nouvelle et sa cohorte joyeuse de résolutions, d'absolutions, de vent frais. Vider, trier, créer l'espace physique et mental pour accueillir la p'tite jeunette. J'ai envie d'un grand ménage, comme la tradition japonaise qui consiste à briquer la maison et purifier notre lieu de vie sur les derniers jours de décembre.
Nettoyer du sol au plafond et surtout, se séparer des choses inutiles et cassées, à moins que leur esthétique de l'usure ou leur importante affective ne mérite d'être élevée au rang d'objet précieux.
Envie de vide et d'un plein choisi.



Cette année j'ai déménagé.
J'ai gagné en lumière. J'ai gagné en chaleur.
J'ai perdu en ombre et en humidité.



J'ai gagné de la confiance en moi.
J'ai perdu ma capacité à m'adapter aux autres au détriment de moi.
J'ai perdu une amie.

J'ai gagné de l'équilibre, ou plus exactement, en capacité de récupération dans mes déséquilibres.
J'ai gagné des mots, des dessins, des odeurs.
J'ai perdu des rancœurs.
J'ai retrouvé l'espoir pour une relation que je pensais perdu.

J'ai retrouvé mon envie de dessiner.
J'ai perdu le courage pour remplir des puis sans fond.
J'ai gagné en légèreté, en richesse, en diversité.
J'ai perdu mes réticences à dessiner. J'ai lâché prise sur ma créativité, mes tentatives de la mettre dans des cases étiquetées. J'ai lâché la bride. Parfois, elle se barre. Alors j'attends son retour.

J'ai gagné en discipline. J'ai gagné en liberté. J'ai gagné en souplesse.
J'ai perdu des illusions. J'ai perdu l'illusion qu'on a un impact sur les autres, qu'on peut montrer un chemin clair dans une forêt d'ombres.
Je me suis perdu dans la foret.
J'ai apprivoisé des ombres. Les miennes.
J'ai laissé les autres.
J'ai gagné un peu en sagesse, perdu un peu en innocence, en croyance de puissance, de contrôle.

J'ai perdu un kilo.
J'ai gagné un kilo.

J'ai gagné un cœur gros.
J'ai perdu quelques litres.

J'ai gagné en amplitude, en racines, en étoiles, en silence, en filaments étranges. En possibilité. En connexions neuronales. En amour.


Bilan neutre ? Ça dépend des dimensions, des perceptions.
Après cette nuit, il y aura une pause, une hésitation. Puis, encore une fois, la nuit refluera. Un nouveau cycle. Une nouvelle saison qui pourrait sembler figée pourtant, elle est une préparation sourde et tranquille à la fête à venir.

Je vous souhaite une belle nuit, une belle fin d'année. 


/ / /
Commentaires : 4 commentaires

Rouillée





Rouillée
Les doigts gourds
Le cerveau boueux
Fausses excuses. Pas dupe.
Pas vraiment.
La peur au commande. Le ventre noué.
Anticiper c'est ne pas vivre au présent. Ne pas vivre.
Pas vraiment.




L'automne tire sur la fin. Langueur de la nuit en quête de toute puissance. Phase d'hibernation ou d’apitoiement ?
Art is the guarantee of sanity Louise Bourgeois



Croquer n'est pas créer. Exercer le regard, affuter ses outils n'est pas créer.
Se disperser, se nourrir, picorer. Revenir au papier, à l'encre.





Dissoudre l'angoisse dans le faire. Dissoudre les doutes dans le présent. Dissoudre un peu de soi dans les mots. Dissoudre la souffrance et ces choses qu'on porte malgré soi. Un bain d'acide. Ronger le métal pour que la forme apparaisse.

Se débarrasser de la gangue. Nettoyer le cerveau.
Attiser le sang. Raviver les nerfs. Réveiller les doigts.
Accepter les excuses. Même les siennes. Même fausses.
Accepter la peur aussi. Repenser à F. Herbert.
Sourire.



/ /
Commentaires : 0 commentaires

Fragment d'hanami à Kyoto [jeu d'écriture]



Agnès a des antennes.

Voici la second fois qu'elle jette ses dés de mot en un exercice d'écriture ludique et amusant. Le jeu tombe à pic alors que je traverse une période de panne sèche. Pour participer, il suffit de commenter sur son blog :

Le tirage est le suivant :
- Le halo de la lune
- Tituber
- Pétale de rose
J'ai tout de suite repensé à une soirée particulière, lors de mon séjour à Kyoto, l'an passé. Comme je vous ai peu parler ici de ce merveilleux voyage, en voici un fragment.





Dans les allées du jardin botanique, le crépuscule tend sa toile vive, depuis le sol au ciel trop bleu. Une vibration presque douloureuse.
Ils sont là, pour la parade, nimbés d'une neige douce, dans la chaleur d'un soir de printemps.
Ils sont là pour être admirés, cajolés de regards ébaubis, effleurés du bout d'un index timide, flattés pour leur houppe et leur magie diffuse.

L'occasion mérite notre attention.
Bâches bleues et alcool translucide. Vêtements de soie. Motifs ancestraux. Costumes fripés par une journée de labeur. Uniformes scolaires parfumés de sueur. Pousser la bicyclette. Se rendre à la fête.
Pique-niques organisés au cordeau ou bentos choisis à la va-vite au konbini du coin. 
La nuit appartient au jardin.
Nous ne sommes que des invités de passage, à profiter de leur présence.

Le temps ne se compte pas pareil pour les arbres et les hommes.
Tordus, vieillis, parfois malades, leur charme impressionne encore plus la foule dans son hommage unanime.

La présence de centaines d'espèces d'une foison de forme, de fragrances hésitantes, de tailles et de textures, de droiture et de courbes noueuses, rappelle nos différences. 
Vieillis, parfois malade, leur charme vénérable impressionne encore plus la foule dans son hommage unanime.

Alors, nous déambulons, tantôt dans les allées, tantôt sur les pelouse.
Nous buvons dans des gobelets de plastiques à leur santé. Grignotons une boulette de riz. Toujours, le nez en l'air, à observer les frémissements des pétales.

Demain ou après-demain, peut-être, le temps tournera à la pluie. Leur fière allure s'évanouira en une autre pluie, moins drue, sèche et voletante. Comme sa jumelle d'eau, elle termina sa vie dans le caniveau, à la surface des étangs et canaux, avant de sombrer lentement. Un tapis blanc maculant sable, herbe et bitume.

Et, l'an prochain, de jour, comme de nuit, se presseront les humains, ivre du spectacle éphémère d'hanami.



Accords de l'astre et l’électricité
Tant que dure le chant des cerisiers
Nuit d'avril ignorée










Pour les curieux, ma première participation :  http://etang-de-kaeru.blogspot.fr/2016/11/la-fournis-poeme.html

/ / / / /
Commentaires : 2 commentaires

La fourmi [Poème]

Petit poème pour suivre le défi d'Agnes Domergue, lancé sur son blog
Les règles :
- Écrire un souvenir avec un insecte de votre choix
- Que vous évoque le mot murmurer ?
- Utiliser La brise fraîche 



Elles préparent la conquête...
Cimes des parasols ajourés,
Je flâne, ivre d'été
Jaunie, tassée, douceur de l'aiguille émoussée
Tapis moelleux sous mes pied nus

Elles préparent la conquête...
Parfum d'eucalyptus
Son bouquet de plumes bleuté
Tombé du ciel, vire à l'ambre
Feuilles cassantes sous mes pieds nus

Elles préparent la conquête...
Myrte entêtante dans le maquis
De part et d'autre du sentier
Fleur d'or et d'artifice
Sables brûlants sous la plante

Devant, lointain, embruns et brise fraiche
Le chant de la mer et ses promesses
Hâter le pas vers la dune

Elles lancent l'offensive...
De leur tertre, elles jaillissent
Sur les aiguilles, se pressent
Entre les feuilles, se glissent
Aïe !
Au bout de mon gros orteil
La fourmi noire
À capturer une proie
Bien trop grosse pour son estomac !


Pour la petite histoire, il y a des années, gamine, en vacance en Corse, je me suis fait "mordre" à sang par une grosse fourmis noire. La demoiselle, pas du tout dérangée par mes gesticulations a refusé de lâcher mon gros orteil, à priori très gouteux. J'ai dû l'enlever à la main (sans la tuer, parce que j'aimais bien les fourmis jusqu'à ce jour). 
Je me suis toujours dit qu'elle avait probablement crâner au près de ses copine.


/
Commentaires : 2 commentaires

Enjoy the silence


Je manie les mots.
Je communique, dialogue, me dispute parfois, surtout je m'exprime avec les mots. Dans ma tête, ils se tamponnent en un joyeux chaos.
J'aime les mots.
J'aime vérifier encore et toujours les définitions, apprendre l’étymologie, découvrir de nouveaux termes comme autant de possibilités de jeux. Autant d'enrichissements de mon vocabulaire et de mon expression.
Autant d'outils pour aller vers soi et vers l'autre.

Souvent, nous parlons la même langue mais pas le même langage.
Souvent, les mots sont teintés du sens subjectif que nous leur donnons. De nos souvenirs, de notre ignorance, de nos erreurs.

J'aime les mots et pourtant, malgré toute leur diversité, leur précision, parfois, le mot se transforment en simples sons.

Des sons brouillés. Des sons flous, mélangés. Des sons dissonants. Des sons fatigants. Des sons traîtres, des sons mensongers.
Des sons porteurs d'émotions qui font mal. D'émotions qui ne nous appartiennent pas.




J'aime les mots.
Parfois, pourtant leurs sons m'échappent. 
Leur sons me blessent.
Je les laisse.
Je me laisser aller.
Aller au silence bleu, au vide tranquille.
Au regard.




Debout, au bord du bassin d'Honfleur,
 au crépuscule.
Tout se joue sur la surface mouvante 
d'un miroir contenu.
Les marques de l'automne. 
La servitude des bateaux amarrés.
Le dernier voyage 
d'une pâquerette esseulée.
La vie qui réside et résiste, 
surtout où personne ne l'attend.








Toutes les photos ont été prises fin octobre à Honfleur. Le titre de cet article est une référence à la chanson éponyme de Depeche Mode.


/ / /
Commentaires : 1 commentaire

Parfois, on n'y arrive pas

(Comme un lundi)

Parfois on n'y arrive pas.

Parfois on a un coup de mou, plus rageant qu'un coup de genou.
Parce que tout est là, tout se tuile bien. La vie sourit et patati et patata.
Ben, quand même, on n'y arrive pas...

Le soleil se pointe, fait danser la poussière du monde dans un ballet incessant.
Un parfum de lilas, 
un envol à tire d'aile, 
un rire d'enfant.
Rien n'y fait.

Comme un insulte à l'incommensurable beauté de la vie, 
un pied de nez aux bons conseils. 
On n'y arrive pas. 


Quand même, laborieusement, on avance. 
Pour avoir bonne conscience.
On raye avec méthode et précision 
les lignes de la liste infinie de l'avenir qui s'empile. 
Pas de sensation du devoir accompli. 
Pas de soulagement.

Une vague nostalgie. 
Une vague amertume.
Faiblarde. 

Comme si rien n'y arrive. 
 Même pas la méchante humeur ou la déprime. 

Même elles jettent l'éponge. 
Elles jettent leur dévolue sur des âmes plus propices à leur charmes pélagiques.



On a envie de tout envoyer balader, 
nos passions, 
nos gris-gris,
 nos rituels et nos manies. 

Tout mettre en orbite. 
Loin de soi, mais pas perdu non plus.
  À porté de main pour le moment opportun. 

S'alléger un peu. 
Se dépouiller, 
pour voir si on pourrait léviter. 
Croire un peu. 

Nous aussi, à tire d'aile, dans un rire innocent, 
sur un rayon diaphane d'or et de paillettes, décoller d'ici. 
Dans une fragrance fleurie. 
Voir ailleurs si j'y suis. 



 Photo prises à Kyoto, parc de  Katsurazaka, mars 2016

/ /
Commentaires : 0 commentaires

Laisser couler [Mono no Aware Project #18]



A la surface, une feuille surnage
épuisée de l'automne
grignotée par le temps

Elle hésite à sombrer,
en sa piètre compagnie
Fleurs fanées et lambeau de vie
S'accrochent encore.
Entre deux eaux,
Entre deux temps,
Révolu et suspendu,
Décomposition.


Sous la pellicule argenté
Reflet d'un ciel chagrin.

Laisser couler rose, soucis et pensée.
Laisser les couler.
La fontaine continue son chant discret
Sur l'eau, son écho dessine des cercles infinis





/ / /
Commentaires : 0 commentaires

Rideau - paroles pour le disque Sable Mouvant

Rideau


Je me suis installé
À la terrasse d'un café
Un bouquin à la main
Un vague relent de regret
Je sirote du soleil
À la santé d'une vieille

Je regarde les gens passer
Ces quidams si pressés
Je suis là, tranquille
Avec ce goût d'inachevé
Qui embrasse la ville
Persistant comme une migraine
Érodant comme la Seine

Du monde sur les pavés
Je suis relax, no stress
Trop tard pour une messe
Pourquoi broyer du noir
Autant attendre peinard
Que tout soit terminé

Je me suis installé
Dans ce commerce de quartier
Pour le touriste fatigué
En mal d'authenticité
Et l'habitué désabusé
Prêt à se pochetronner

Je vois la foule bigarrée
En bagnole, à vélo, à pied
Avec ou sans papier
Une masse d'humains mouvante
Non identifiée
Certains sourient
D'autres grommellent
Un spectacle infini
Sans cesse se renouvelle

Du monde sur les pavés
Je me sens philosophe
Prêt pour la catastrophe
Pas besoin de s'en faire
Car c'est juste la terre
Qui s'arrête de tourner

Je me plonge dans ces pages
Aux longues lignes lasses
D'avoir été trop lues
Pas de montre au poignet
Pas de boulet prêt à sonner
Du monde dans les rues
Un café noir
Rien d'autre à me soucier
Circuler, plus rien à voir

Deux trois illuminés
Que personne n'a écoutés
L'avaient pourtant prédit
Avec une clairvoyance
De circonstance
C'est pour aujourd'hui
Dans l'indifférence générale
Pas de scandale

Du monde sur les pavés
Je suis relax, no stress
Trop tard pour une messe
Pourquoi broyer du noir
Autant attendre peinard
Que tout soit terminé

Du monde sur les pavés
Je me sens philosophe
Prêt pour la catastrophe
Pas besoin de s'en faire
Car c'est juste la terre
Qui s'arrête de tourner

Du monde sur les pavés
Résigné, j'attends juste
Un épilogue injuste
Parfois les histoires tristes
S'achèvent à l'improviste
Sur le pavé condamné

Tranquille, je me suis installé
À la terrasse de ce café
Profiter de la dernière lumière
D'une dernière bouffée d'air
Avant la der des ders
La fin du monde

Le site de l'artiste :  http://nicolaspabiot.fr

Pour écouter la musique : 
http://www.deezer.com/fr/artist/4158023 
https://soundcloud.com/nicolas-pabiot

Article sur le sujet :
http://etang-de-kaeru.blogspot.com/2013/09/sable-mouvant-voyage-en-eaux-sombres.html

/ / /
Commentaires : 0 commentaires

Ero Guro - paroles pour le disque Sable Mouvant

 

Ero Guro


Une silhouette décharnée
La posture voûtée
Comme un tronc torturé
Par le lierre étouffé
Ses moignons de chair
Tous luisants de glaire
Se tordent comme des gros vers

Un corps noueux, mouvant
Aux appendices aberrants
Qui se déplace en rampant
Trop de membres et pourtant
Incomplet, inachevé
Pire qu'un déchet
Un fœtus mort-né

Freaks and monsters
Alone together
In their own little sphere
Of love pain and fear

Devant un parterre extatique
D'individus fort excentriques
Bandant devant l'être canonique
Tels des pervers fanatiques
De toutes ses excroissances
Il virevolte, il danse
Hallucinante transe

La créature gesticule
Comme un gros testicule
Cette vision vous bouscule
Cette image vous accule
Et ses longs bras pendouillent
Son entrejambe se mouille
Se corrode comme de la rouille

Freaks and monsters
Alone together
In their own little sphere
Of love pain and fear

Soudain ses appendices s'agitent
Avec la grâce érotique
D'un poulpe paraplégique
Qui dans un ballet extatique
Vous dégoûte et séduit presque
Une sensualité grotesque
De cette apparition burlesque

Dans ce cirque macabre
Où brillent mille candélabres
Gît la parodie sans palabre
D'un créateur de marbre
Indécence d'une forme
Que la nature déforme
Une masse informe

On mérite ces parasites
Nos vices s'immiscent
Glissent dans les interstices
D'une société trop lisse
C'est l'espèce endémique
D'un cauchemar cyclique
Elle vous file la trique

C'est l'esthétique
De la panique !



Le site de l'artiste :  http://nicolaspabiot.fr

Pour écouter la musique : 
http://www.deezer.com/fr/artist/4158023 
https://soundcloud.com/nicolas-pabiot

Article sur le sujet :
http://etang-de-kaeru.blogspot.com/2013/09/sable-mouvant-voyage-en-eaux-sombres.html

/ / /
Commentaires : 0 commentaires

Factice - paroles pour le disque Sable Mouvant

Factice


Ton âme meurtrie se délite
Sans faux-semblant
Sans geste aguichant
Comme un aimant parasite
Ton âme-lumière souille
Ton âme-phare rouille
Attire ceux en mal d'amour
En mal d'aimer

Ta fragilité casse la distance
Rend vulnérable la cuirasse
Ramollit la carcasse
Gagne la confiance
S'immisce dans l'intimité
Refuge pour un animal blessé
Abîme le protecteur
Abîme le sauveur

Une image, un reflet
Je tends le doigt
Sous l'illusion factice
L'ombre de toi

Tombé amoureux d'une ombre
Le plus valeureux guerrier
Désarmé par ta sincérité
Dans ton mercure, il sombre
Se noie dans ta pénombre
La source létale du mal
Effilée, cette lame
Transperce cœur et âme

Une image, un reflet
Je tends le doigt
Sous l'illusion factice
L'ombre de toi

À ses blessures béantes
Abreuve son empathie
Lape la souffrance
Son innocence bénie
Pulsation, résonance
Bat la mesure de votre amour
S'abat sur lui comme une fièvre

Désespoir ravageur
Drogué à ta bouche
Maladie honteuse
D'être amoureux d'une ombre

La réalité distordue
D'un être qui n'existe pas
Cache un fantôme malingre
À demi disparu
L'ombre de toi
Dissimulé
En filigrane, perdu

Une image, un reflet
Je tends le doigt
Sous l'illusion factice
L'ombre de toi



Le site de l'artiste :  http://nicolaspabiot.fr

Pour écouter la musique : 
http://www.deezer.com/fr/artist/4158023 
https://soundcloud.com/nicolas-pabiot

Article sur le sujet :
http://etang-de-kaeru.blogspot.com/2013/09/sable-mouvant-voyage-en-eaux-sombres.html


/ / /
Commentaires : 0 commentaires

Sable mouvant - paroles pour le disque éponyme

 

Sable mouvant



Je ne veux pas choisir
Suivre toujours et sans saisir
Que la vie, ça se mérite !
Ni juste ni pratique
Ces milliers d'actes manqués
Se mêlent aux regrets
Plombent mon avenir

J'veux pas choisir,
Suivre toujours et sans finir
S'engager qu'à moitié
Pour jamais être blessé
Velléitaire de cœur
Responsable de rien
À peine humain

Tendre la main,
Jamais bien loin
Viser la facilité
Déjà prémâchée

Sable mouvant

J'veux pas choisir
Suivre encore et sans désir
Se plier à la réalité
Sans combattre, juste oublier
Qu'à l'intérieur on aspire
À des hauteurs
P'être au bonheur

J'veux pas choisir
Ne pas penser à l'avenir
Éviter tous les heurts
Ignorer même ses peurs
Coller à la normalité
Mon amie la facilité
Et se détruire

Tendre la main,
Jamais bien loin
Viser la facilité
Déjà prémâchée

Sable mouvant




Le site de l'artiste :  http://nicolaspabiot.fr

Pour écouter la musique : 
http://www.deezer.com/fr/artist/4158023 
https://soundcloud.com/nicolas-pabiot

Article sur le sujet :
http://etang-de-kaeru.blogspot.com/2013/09/sable-mouvant-voyage-en-eaux-sombres.html

/ / /
Commentaires : 0 commentaires

Papier - paroles pour le disque Sable Mouvant

Papier


Ma vie c'est du papier
Du papier qui s'accumule
Du papier qui pullule

Facture, Assedic
Gaz, électricité
Télécom, Internet
Impôt et publicité

Du papier

Des papiers de l'administration
Si abscons
S'empilent sur le bureau
Comme des parpaings de béton
Se reproduisent dans mon dos
Se sédimentent doucement
Comme dans un lac, tout au fond
S'entassent les limons

Du papier

Et des tours de bouquins
Comme la tour de Babel
Qui s'amoncellent
Comme la Bibliothèque nationale
Avant de se prendre une mandale
Et de s'écrouler sur le parquet

Des tours de lecture en suspens
Et encore d'autres que j'attends
Des tours de lecture à refaire
Des tours de lecture déjà faites
Des tours de papier
Science-fiction et polars
Dictionnaires et romans de gare

Et des livres illustrés
Avec des milliers de cases
Et des milliers de phrases
Des dessins colorés
Des traits à l'encre de Chine
Comics mangas BD
Encore du papier
Toujours du papier

Ma vie c'est du papier
Mes loisirs, du papier
Pour voyager sans bouger
Pour oublier la réalité

Du papier virtuel
Des fichiers, des e-mails
Du papier fiduciaire
Qu'on file à la boulangère
Du papier, du papier

Ma vie officielle c'est du papier
Une existence de papier
Du papier

Et quand je caresse
Le bois de mon étagère
Dessous il y a encore, du papier, du papier

Un jour je voudrai tout jeter
Tout brûler, tout couler
Laisser derrière moi
Tout ce papier
Tout ce papier
Si lourd

Cramer l'Amazonie
Frire l'Indonésie
Sans oublier le Massif central
Et toutes les forêts domaniales
Éradiquer la source du Mal

Tous les champs de papier
Les dévaster !
Les atomiser
Jusqu'au dernier !

Quand en moi les histoires dansent
Une kyrielle de mots s'affolent
Je n'ai alors qu'une envie folle
Les coucher sur le papier

Je sais que pour les apprivoiser
Il faut du papier, du papier



Le site de l'artiste :  http://nicolaspabiot.fr

Pour écouter la musique : 
http://www.deezer.com/fr/artist/4158023 
https://soundcloud.com/nicolas-pabiot

Article sur le sujet :
http://etang-de-kaeru.blogspot.com/2013/09/sable-mouvant-voyage-en-eaux-sombres.html

/ / /
Commentaires : 0 commentaires

Bob - paroles pour le disque Sable Mouvant

 

Bob


T'as un certain talent
Pour les emmerdements
T'es construit pour durer
La baston et cogner

T'es pas là par hasard
Un tantinet casse-couilles
T'es jamais en retard
Quand il s'agit d'embrouilles

Résiste à tout
Même à l'atome
Même au sarcome

Résiste à tout
Même à l'atome
Même au sarcome

Toi, plus tard
Tu s’ras cafard

T'as un certain talent
Pour les emmerdements
Des gus à dessouder
T'es là pour nettoyer

Et dans tout ce bazar
Des biftons plein les fouilles
Le voilà qui s'barre
Vers de nouvelles magouilles

Résiste à tout
Même à l'atome
Même au sarcome

Résiste à tout
Même à l'atome
Même au sarcome

Toi, plus tard,
Tu s’ras cafard

/ / /
Commentaires : 0 commentaires

Miroirs et boue




L'ennuie du plateau normand à perte de vue. 
Le gris d'un hiver retardataire. 
Le piquant d'un souffle énergique. 
Alors que janvier égrène sa lente avancée, 
je sors faire mes premières captures de l'année nouvelle.






La forêt nue raconte une histoire en lignes brisées,
 de noir et d’anthracite. 
Le chemin gluant nous mène de chapitre en chapitre.
 Après l'orée verte et parfumé, le sous-bois figé, sec, attend.
 Abandonné dans un champs, 
 seul champignon fait la vigie. 




Les feuilles sans charme des betteraves
 mesurent la température du soir. 
Dans les grandes flaques, des mers miniatures agitées de houle,
les nuages s'y mirent.



 

Les couleurs s'accordent à la saison,
froides,
vibrantes,
 et d'une mélancolie vague. 
La campagne s'étire, d'eau, de culture, et de gadoue,
 collée sous les sillons profonds de mes chaussures de marche.


Planquée dans les nuées, 
l'étoile amorce sa descente dans un rougeoient timide ; 
 enfin, nous pouvons sentir dans l'air que la douceur s'évapore.
Il est temps de rentrer. 



/ / /
Commentaires : 2 commentaires

Grande marée



Grande marée

Et si la marée, par sa joie lavée,
pouvait racler la peur qui endeuille les plages ?
Et si, dans ses bagages d'écumes,
elle emportait les amertumes qui usent les cœurs ?
Et si la marée, au regard bleu doré
s'infiltrait jusqu'à l'os pour toucher les âmes sèches.




Dans le sable mouillé, elle retourne aux hommes
leurs objets abandonnés,
des lambeaux de vie,
les détritus polis,
les paillettes multicolores 
des rêves déchiquetés par la grande machine à broyer,
tout les rebuts empoisonnés,
et quelques trésors oubliés,
sans cesse ramenés à la jetée. 




Et si la marée, par sa joie lavée,
pouvait insuffler un vent libre dans nos recoins sclérosés
Et si, dans ses courbes mouvantes,
elle donnait l'élan d'ouvrir les yeux grands
Et si la marée, de dentelle de mousse, proposait une autre musique
brisant l'inertie du rythme



La marée, elle, 
ne se lasse jamais...



/ / / / /
Commentaires : 6 commentaires

Dans la cours des grands ?




Saute par dessus une décennie
À la une, à la deux, à la trois, à la quatre
Encore une de franchie
Atterrissage pirouette
Sans filet
Dans le sable mouillé
Chute amortie

Le choc résonne pourtant
De la plante des pieds
Profondément ancrée
Jusqu'au sommet du crane
là-haut dans les nuages
Une vibration dans les os et la gorge
Un sanglot qui a perdu sa route



Saute par dessus une décennie
À la une, à la deux, à la trois, à la quatre
Ça suffit pour aujourd'hui
Le corps accuse le coup
Se tasse un peu à la réception
Récupération plus pénible
Années qui s'empilent
Alourdissent les pas et lient le cœur

Les orteils dans le sel
Les doigts engourdis
Les yeux embués

Les états d'âme influent sur le temps intérieur
Dans les forêts de globules et les mers de neurones
L'horloge détraquée hoquette et trébuche
Dissociée
Des bouts brisés, bloqués depuis des lustres
D'autres avancent encore, inlassables
Des lois implacables ignorent le temps du dedans

Tant-pis
À la une, à la deux, à la trois, à la quatre


... Sinon, crise de la quarantaine oblige, après m'être fait tatouer l'an passé, je me suis teint les cheveux en vert.

/ / / /
Commentaires : 4 commentaires