Japon, un mois après...

Illustration de Virginie Blancher


Un mois après... La terre a encore tremblé ce matin au Japon.
Si les média détournent leur regard, sur place, les japonais ont encore besoin de notre aide et de notre soutien. Un excellent article du géographe Philippe Pelletier explique de façon pédagogique et sans concession la situation actuelle : http://echogeo.revues.org/12327

Le blog Ogijima a traduit en français l'initiative Blog4Japan. Voici le lien qui recense les ONGs japonaises sérieuses pour faire un don directement à la source :


Illustration de Bruno Bellamy


Il existe aussi des initiatives originales comme celle parisienne de Love for Japan qui propose des bentos copieux et délicieux pour 12 euros dont les bénéfices sont reversés à la croix rouge. Réservation par mail :  loveforjapan2011@gmail.com. Il existe aussi un groupe sur FaceBook.

Une association Kibo, s'est aussi créée pour organiser une vente d'objets de créateurs (bijoux, vêtements, accessoires...). L'idée est simple : donner vos créations et les vendre au profit de la Croix Rouge japonaise.
Si là encore, l'origine de l'action vient du choc et de l'envie de soutien, elle se structure, fédère tous ceux qui veulent "faire quelque chose".


Illustration de Stephane Levallois


Je vous rappelle enfin que l'ambassade du Japon a mis en ligne un calendrier de toutes les actions de soutien. Il est possible d'y inscrire vos événements pour qu'ils touchent un public plus large.

Parfois, juste faire un chèque ou un virement à une ONG, ce n'est pas suffisant. Nous avons envie de communiquer aussi par les mots et les gestes que nous sommes là. Nous n'oublions pas.

Ces événements apportent plus que de l'argent.

Leur énergie et leur intention soignent les coeurs et les âmes.
Merci à tout ceux qui les mettent en place !

Sur le même sujet, d'autres articles :
- La rentrée au Japon : un voeu pour que le souffle du printemps chasse les ombres (01/04)
- Printemps gris (18/03)
- Un triste anniversaire
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Photo 52 : Contraste


Cette semaine a été productive pour mon activité photographique. Et, à peine ai-je achevé de trier et retoucher les clichés pris au mois de mars (pas forcément 2011...) que me voilà repartie, le doigt sur la gâchette...


Participer au Projet 52 booste ma motivation de façon inespérée !

Voici donc ma participation hebdomadaire pour le thème "contraste" : un diptyque de bitume et d'eau, de lumière et d'ombre.

Contraste 


Les informations :
- à gauche :

ISO: 400
Exposition: 1/80 s
Ouverture: 4.8
Longueur focale: 16.4mm

- à droite
ISO: 400
Exposition: 1/30 s
Ouverture: 3.9
Longueur focale: 11.4mm
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Instantanée de campagne 2 / 2

Voici d'autres extraits de l'album Calme campagne, avec des clichés pris exclusivement en Charente-Maritimes, près de Sainte. Si vous êtes curieux, j'ai pris le temps de géolocaliser - à la louche - les photos.

Les cieux et les nuages me fascinent, mais j'aime aussi beaucoup photographier les lignes. Oublier les couleurs pour ne regarder que la forme, le dessin.
Mon intérêt pour les motifs brouille mon regard, et souvent l'objet s'estompe pour ne laisse qu'une géométrie élégante ou curieuse.

A Paris, je développe une obsession pour les reflets dans les flaques, contour d'un tableau éphémère. A la campagne, l'horizon s'éloigne, le regard s'élargit. Le paysage entier devient un terrain de jeu et d'observation. Tant de stimulations visuelles !



Ruche


Hanté


Tôkyô


Oiseaux


Frisson
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Instantanée de campagne 1 / 2

De novembre à mars, l'hiver s'installe avec ses cieux colorés avant de virer à la douceur pastel du givre.
Et puis, dès février, dans les sillons humides, sur les sols encore maculés de végétation pourrissante, le printemps s'invite.

Au rythme des saisons, mes pas me conduisent toujours vers ce lieu de Charente Maritime. J'y trouve l'inspiration, l'amitié et un calme bucolique.

Merci à Anne et Nicolas de me recevoir toujours avec gentillesse, de supporter mon caractère de batracien remuant et sautillant. Merci d'être toujours là...

La totalité de l'album est visible sur ma galerie photos.
Vos conseils techniques (je suis en constant apprentissage) et vos impressions sont les bienvenus ! C'est grâce à vos commentaires que je progresse !

Pur

Un ami...


... au fil des saisons


... au fil des heures


... au fil des lumières

Lignes


Que(ue) de poteaux


Froid
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Cleer : be youself... but not human !

Cleer, sous titré une fantaisie corporate, propose de l'anticipation urbaine avec une touche policière. Un roman français, écrit par deux jeunes auteurs : Laure et Laurent Kloetzer. Un livre virtuose, atypique et surprenant. J'ai adoré et surtout, j'ai été ébranlée...


Roman concept

Edité chez Denoël dans la collection Lune d'Encre, Cleer soigne tant la forme que le fond.

Une belle maquette, originale et totalement dans l'esprit du roman, alpague le lecteur innocent (moi) avec efficacité. Le contenu est à la hauteur de l'écrin.

Construit au départ comme un policier froid et efficace, Cleer aborde des thèmes sociaux d'actualité avec un angle novateur.

Cleer est une méga-corporation tentaculaire digne d'un univers cyberpunk.
Cleer, un nom, une marque.
Un concept en harmonie avec le jargon professionnel des boites de consulting et de management ou l'anglicisme devient une langue indépendante, vivante. Cleer étend ses pseudopodes dans tout les domaines économiques : agro-alimentaire, cosmétique, pharmaceutique et médical, e-commerce...

Son capital le plus précieux est immatériel : son image.
Et comme pour l'entreprise à la pomme, son image doit rester impeccable , transparente et lumineuse comme le logo pur de blanc et de bleu reconnu de tous, partout. Cette image lisse et moderne qui hante l'opinion, fait rêver les foules et fantasmer ses employés. Seule la réussite professionnelle peut amener l'individu à se transcender, à l'ascension.




Charlotte et Vinh sont consultants, nouvelles recrues du service de la Cohésion Interne de chez Cleer. Charlotte, adepte des méthodes de psychologie cognitive, à l'empathie et à la sensibilité hypertrophiées accompagne Vinh, un crack des nouvelles technologies (et pratiquant bourrin d'art martiaux) dans des enquêtes avec des délais serrés et une obligation de résultat.
Leur objectifs : étouffer dans l'oeuf les scandales dans les nombreuses filiales du groupe avant qu'ils aient de fâcheuses retombées sur l'image du Groupe.

Une suite de missions sensibles et risquées mettent à rudes épreuves les compétences très complémentaires des deux personnages. En cinq enquêtes, les époux Kloetze dépeignent les rouages d'une civilisation capitaliste et libérale où règnent en maître la loi de l'image de marque. Cleer, enfant prodigue, brille comme un soleil, un messie.

Peu à peu, les différences entre les approches de Charlotte et Vinh nourrissent des tensions. La jeune femme, à la santé instable, profondément humaniste, prolixe dans ses rapports, a du mal à apporter la synthèse rapide et concise nécessaire à Vinh. Ce dernier, ambitieux, manie la diplomatie pour satisfaire ses visées politiques.
Une idéaliste humaniste intuitive face à un carriériste cérébral prêt à vendre son âme pour une place dans les hautes sphères si lumineuses, si aveuglantes...

Une écriture brillante

Le style littéraire allie jargon publicitaire et poésie industrielle, une alternance entre des slogans incisifs et des descriptions minimalistes aussi flamboyantes qu'un discours religieux. Cleer fait un grand écart permanent entre le sensoriel direct et l'intellectualisme abstrait. L'écriture m'a tellement séduite que j'ai envie de relire le bouquin juste pour la savourer, maintenant que je suis libérée de ma curiosité première.

Les auteurs jouent aussi les équilibristes sur le fil ténu de la narration. Si au début, l'enquête et la vie quotidienne ancre le lecteur dans l'histoire, d'autres éléments moins tangibles prennent bientôt le pas.
Les desiderata d'ascension passionnés prennent le dessus pour Vinh alors que Charlotte, confuse, se débat avec les aléas de son corps, noyé dans une tourmente sensorielle. L'enjeux n'est plus de résoudre la crise qui menace...

Cleer est aussi un ouvrage parsemé de références à la culture SF. Ces rappels à notre monde engendre une distanciation naturelle avec les personnages principaux, augmentée par une ironie mordante, distillée avec discrétion.
D'ailleurs, malgré une écriture à la première personne avec une alternance de point de vue, on ne s'identifie pas aux personnages. Je les ai regardée évoluer et se débattre avec une curiosité croissante mais toujours assez froide. Comme si l'objectivité du style des auteurs se communique au lecteur. Il devient un observateur posé et calme, qui regarde ébahi la tournure des enquêtes, et le glissement de l'objectif premier "sauvegarde de l'image de marque à tout prix" vers quelque chose de très différent.

Un logo-mandala pour une corpo concept
J'ai perçu Cleer comme une fable contemporaine sur la déshumanisation de notre société, de notre civilisation. C'est probablement cet aspect qui m'a le plus touché. Les deux personnages sont à la fois complémentaires et antagonistes, comme le yin- yang. L'un ancré dans la chair et la terre, l'autre consumé par un désir d'élévation quasi religieux.
Le suspens des enquêtes s'estompe face à la question centrale du devenir des personnages, de leur choix. Le roman glisse vers le mystique. Et le dernier chapitre, cynique à souhait, clôture l'histoire avec maestria. J'ai adorée la fin !
Cleer présente une réalité si transparente qu'elle s'étiole, s'efface au profit d'un culte de l'élévation et de la vacuité. Fascinant.



Notes et liens :

Je remercie Laurent Kloetzer d'avoir si gentiment répondu à mon mail. La rédaction de cette chronique a été assez laborieuse. J'ai dû tempéré mon enthousiasme pour ne pas (trop) dévoiler d'informations, sachant que mon analyse est fondée sur des éléments du chapitre final !

Le site de Laurent Kloetzer : http://www.noosfere.com/kloetzer/
Son blog : http://lependu.blogspot.com/
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Photo 52 : Joie

Joie. Un thème qui ouvre les yeux sur des émotions positives et légères.  En ce moment, les pieds à Paris, le cœur au Japon et la tête dans la tourmente des nuages, j'ai besoin de joie.
De joie immédiate et simple.

Le week-end dernier j'étais bénévole pour un festival de BD à coté de Poitiers. Une activité drôle mais éprouvante. Le dimanche soir, fatiguée, épuisée par le bruit et les gens, je me suis enfuie.
L'orage venait juste de se retirer un peu plus loin sur la plaine.
Alors, j'ai bu.
J'ai bu les couleurs psychédéliques d'un soleil couchant joueur. J'ai bu le calme surréaliste de ces instants.
Loin.

Joie...

Impression de soleil couchant Joie en fusion

Pour les données Excif, cliquer sur les photos :)
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La rentrée au Japon : un voeu pour que le souffle du printemps chasse les ombres...

Aujourd'hui, c'est le premier avril.
Au Japon, la date est symbolique de la rentrée scolaire. Ses nuées d'enfants, d'adolescents et de jeune adultes en uniformes flambant neufs. Les balades sous les pétales de cerisiers délicats, emportés par le vent. Les piques-niques familiaux ou entre collèges, sur une bâche bleu avec du sake...
Mais pour les centaines de milliers de sinistrés vivants dans le Tôhoku, ce printemps commence sous de sombres auspices.

Alors, pour chasser tristesse et apitoiement stérile, une seule solution : agir. Le temps du renouveau est là !

Sortir de la torpeur !

Le 11 mars, la terre a tremblé. Les vagues successives du Tsunami ont ravagé les côtes. Et l'énergie tellurique a ébranlée celle faussement domestiquée par les hommes, celle enfermée dans le coeur du réacteur de Fukushima.
Il m'aura fallu une semaine pour rassembler assez mes idées et faire un billet cohérent sur le sujet. Ce laps de temps était nécessaire pour accuser le coup, se rassembler et décider d'agir. L'initiative de Jean-David Morvan m'a séduite. Il proposait aux scénaristes et dessinateurs de se mobiliser en faveur des sinistrés. Mes capacités artistiques sont très limités et je n'ai pour médium d'expression que les mots, et un peu la photographie.


Avec mon amie Virginie Blancher nous avons discuté, partagé notre peine, notre effroi face à la menace du nucléaire, notre incompréhension. La solution pour évacuer la douleur et tenter de manifester concrètement notre soutien s'est imposée naturellement. Une évidence : réaliser un travail en collaboration.

Mes mots avec ses traits.
Mes mains sur le clavier.
Ses mains sur le papier et la tablette graphique.

La proposition initiale de Jean-David a fusionné avec celle d'autres auteurs de Café Salé. Des règles strictes, une projet consensuel et compétitif. Un projet qui s'éloigne de nos émotions, entre crainte et espoir.
Alors tant pis, nous avons décidé de travailler dans notre coin de la blogosphère. Parce qu'il est vital que cela sorte, vital de partager ce choc. Pour comprendre, pour être debout, pour agir.

Si notre démarche est d'abord personnelle, elle s'adresse aussi à ceux qui évoluent dans le même monde.
Le même univers où des esprits facétieux se dissimulent sous les lattes de parquet, dans les maisons abandonnées, dans les forêts profondes. Cet univers où le rouge des néons côtoie celui des tori. Où le calme des rues se mêlent à la musique du brouhaha des quartiers animés.
Un univers suspendu entre tradition et modernité.
Un monde flottant.
Harmonieux.

Malgré la menace nucléaire, l'équilibre reviendra.
L'espoir fait déjà son nid dans les cœurs ragaillardis par le printemps.


Une éclosion d'initiatives salutaires !

Depuis trois semaines, les actions pour collecter des fonds se multiplient pour collecter des fonds. L'ambassade du Japon les recense sur son site.

La démarche à suivre pour que votre évènement soit inscrit est expliquée sur le blob de Sophie Berre sur la végétation japonaise.


Si vous êtes à Paris, ce dimanche aura lieu une vente de charité de vêtements, objets de déco japonais et même de quoi déjeuner sur place. Elle est organisée par des japonaises vivant sur Paris.
Alors, venez manifester votre soutien !
Et puis, ce sera une occasion de trouver des bonnes affaires tout en aidant les sinistrés. J'espère que nous seront nombreux.
http://www.pray-for-japan.org/index.html

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