Tadaaam ! Un blog tout neuf !





J'en parlais depuis des mois et j'avais la flemme pour m'y coller. J'en parlais depuis des mois sans avoir les compétences. Contempler le travail à accomplir me fatiguait d'avance. Pourtant, c'est fait !
Avec de l'aide et beaucoup de prises de tête de mon coté, enfin... l'étang se transforme !


Les nouveautés 


Pour les moins observateurs ou les nouveaux, le blog est rénové avec :
  • Une meilleure visibilité pour les articles sur la page d’accueil
  • L'apparition d'un menu pour ranger un peu le bazar :
    •  mes découvertes où je vous parler de bouquin avec ou sans images, d'expo
    • un espace d'expression où parfois je raconte ma vie, je déclame de la poésie et je prend des photos
  • Le-dit menu "se colle au plafond" quand on fait défiler le texte vers le bas
  • Une refonte totale des libellés (qui était nécessaire pour tout ranger)
  • La mise en place de pages d'index pour mes p'tits projets d'écritures et de photos
  • Un nettoyage de la colonne de droite avec un mot de bienvenu
  • Un formulaire de contact

Outre un dépoussiérage graphique par Virginie Blancher qui s'occupe du design du blog depuis sa création, je voulais surtout modifier l'ergonomie et la structure. Je tenais à séparer les articles journalistiques de ceux plus personnels. Il me paraissait nécessaire de dissocier ces deux activités, d'autant que j'ai comme objectifs d'avoir une nouvelle éditée en 2016 (on peut rêver!).



Se faire aider par des pro, le remède aux migraines et la satisfaction garantie !

Toute ces modifications techniques ont été réalisée par Catherine Sûr, graphiste et web-designeuse. Elle propose sur son blog "Lady Bird Red" de nombreux tutoriels gratuits de personnalisation de blog pour la plate-forme blogger. 
Si, comme moi, vous êtes 1) des quiches 2) des flemmards (bref, des quiches flemmardes), vous pouvez faire appel à ses services moyennant rémunération. Ses tarifs sont vraiment raisonnables. Elle peut se charger de tout l'habillage du blog et de la mise en place.

Moi, j'étais la cliente pénible. J'avais déjà une graphiste attitrée (ouais, ça pète) dans la poche et je ne voulais que des modifications de code à la noix. L'intégration est la partie la moins fun de ce boulot car la mois créative. En plus, comme tout client pénible, je ne savais pas trop ce que je voulais ! Même si j'avais deux modèles en tête : le blog du Papillon et l'empereur pour l'organisation et de Hibi no Yorokobi pour la simplicité visuelle et sa lisibilité.

Après des jours à changer les libellés de mes centaines d'articles et à me féliciter d'être si peu assidue (ça faisait moins de taff), à tergiverser sur tel ou tel détail, je me suis décidé et Catherine a fait la mise en œuvre. Inutile de vous expliquer à quel point le résultat est sublimissimement génial, vous l'avez sous les yeux.

Plus sérieusement, passer par Catherine m'a éviter beaucoup d'énervement et de temps perdu. En plus, elle m'a proposé des options auxquelles je n'aurai jamais pensé. Normal, c'est son boulot !

Mon blog est totalement bénévole, il ne me rapporte pas un radis et n'est pas sponsorisé. Pourtant, au bout de cinq ans, il est devenu plus qu'un simple loisir. Je trouve ici un espace d'expression libre et aussi la possibilité de réfléchir à voix haute, de me motiver pour des projets artistiques, de tester, de rencontrer d'autres humains. 
Je pouvais donc m'offrir ce lifting afin que le blog reflète exactement ce que je souhaite. C'est un investissement heureux. J'espère que cette nouvelle interface incitera certains d'entre vous a aller fouiller dans les archives, maintenant organisées.

Bonne lecture !



Photos prise à Nice et à l'île St-Marguerite (Cannes)
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Trans - paroles pour le disque Sable Mouvant

 

Trans


Tu te lèves le matin
Et dans ta salle de bain
Toujours les mêmes gestes
Comme les cernes qui restent
Dans la pénombre, se laver
S'habiller sans se toucher
Et se supporter
Encore une journée à se supporter

Tu te lèves le matin
Et dans ta salle de bain
Tu fuis ta sale image
Ravales les relents de rage
Tu effleures de ton pouce
Ta mâchoire trop douce
Ces lèvres trop pleines
Pour vomir ta peine

Sombre et grise mine
Que la routine lamine
Se réfléchit dans le miroir
L'objet abject de désespoir

Sur un corps inadéquat
Son poids alourdit tes pas
Sur un corps inadéquat
Son poids alourdit tes pas

Tu te lèves le matin
Et dans ta salle de bains
La viande sur tes os
Pend tel un lourd fardeau
Les excroissances de ton torse
Siphonnent ta force
Juste avant de sortir
Tu te pares d'un sourire

Tu te lèves le matin
Et dans ta salle de bains
Les rêves d'une autre habitude
Apportent leurs vicissitudes
Tu effleures de ton pouce
Ta mâchoire trop douce
Ces lèvres trop pleines
Pour vomir ta peine

Sombre et grise mine
Que la routine lamine
Se réfléchit dans le miroir
L'objet abject de désespoir

Sur un corps inadéquat
Son poids alourdit tes pas
Sur un corps inadéquat
Son poids alourdit tes pas

Migrer
Changer
Lâcher cette prison de chair
Partir ailleurs
Un autre organisme
Pas être un autre
Être juste toi. Juste soi

Routine déroutante
Pas de miroir
Pas de reflet
Ne pas croiser les regards
Trop lourds, si lourds
Tous les jours le même poids
Le poids de toi
Ça fait si mal
Le poids de l'âme, une plume
Le poids du corps, une enclume

Continuer
Endurer
Tu voudrais migrer
Continuer
Endurer
Tu voudrais migrer
Te transformer 


Le site de l'artiste :  http://nicolaspabiot.fr

Pour écouter la musique : 
http://www.deezer.com/fr/artist/4158023 
https://soundcloud.com/nicolas-pabiot

Article sur le sujet :
http://etang-de-kaeru.blogspot.com/2013/09/sable-mouvant-voyage-en-eaux-sombres.html

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Sable mouvant - paroles pour le disque éponyme

 

Sable mouvant



Je ne veux pas choisir
Suivre toujours et sans saisir
Que la vie, ça se mérite !
Ni juste ni pratique
Ces milliers d'actes manqués
Se mêlent aux regrets
Plombent mon avenir

J'veux pas choisir,
Suivre toujours et sans finir
S'engager qu'à moitié
Pour jamais être blessé
Velléitaire de cœur
Responsable de rien
À peine humain

Tendre la main,
Jamais bien loin
Viser la facilité
Déjà prémâchée

Sable mouvant

J'veux pas choisir
Suivre encore et sans désir
Se plier à la réalité
Sans combattre, juste oublier
Qu'à l'intérieur on aspire
À des hauteurs
P'être au bonheur

J'veux pas choisir
Ne pas penser à l'avenir
Éviter tous les heurts
Ignorer même ses peurs
Coller à la normalité
Mon amie la facilité
Et se détruire

Tendre la main,
Jamais bien loin
Viser la facilité
Déjà prémâchée

Sable mouvant




Le site de l'artiste :  http://nicolaspabiot.fr

Pour écouter la musique : 
http://www.deezer.com/fr/artist/4158023 
https://soundcloud.com/nicolas-pabiot

Article sur le sujet :
http://etang-de-kaeru.blogspot.com/2013/09/sable-mouvant-voyage-en-eaux-sombres.html

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Papier - paroles pour le disque Sable Mouvant

Papier


Ma vie c'est du papier
Du papier qui s'accumule
Du papier qui pullule

Facture, Assedic
Gaz, électricité
Télécom, Internet
Impôt et publicité

Du papier

Des papiers de l'administration
Si abscons
S'empilent sur le bureau
Comme des parpaings de béton
Se reproduisent dans mon dos
Se sédimentent doucement
Comme dans un lac, tout au fond
S'entassent les limons

Du papier

Et des tours de bouquins
Comme la tour de Babel
Qui s'amoncellent
Comme la Bibliothèque nationale
Avant de se prendre une mandale
Et de s'écrouler sur le parquet

Des tours de lecture en suspens
Et encore d'autres que j'attends
Des tours de lecture à refaire
Des tours de lecture déjà faites
Des tours de papier
Science-fiction et polars
Dictionnaires et romans de gare

Et des livres illustrés
Avec des milliers de cases
Et des milliers de phrases
Des dessins colorés
Des traits à l'encre de Chine
Comics mangas BD
Encore du papier
Toujours du papier

Ma vie c'est du papier
Mes loisirs, du papier
Pour voyager sans bouger
Pour oublier la réalité

Du papier virtuel
Des fichiers, des e-mails
Du papier fiduciaire
Qu'on file à la boulangère
Du papier, du papier

Ma vie officielle c'est du papier
Une existence de papier
Du papier

Et quand je caresse
Le bois de mon étagère
Dessous il y a encore, du papier, du papier

Un jour je voudrai tout jeter
Tout brûler, tout couler
Laisser derrière moi
Tout ce papier
Tout ce papier
Si lourd

Cramer l'Amazonie
Frire l'Indonésie
Sans oublier le Massif central
Et toutes les forêts domaniales
Éradiquer la source du Mal

Tous les champs de papier
Les dévaster !
Les atomiser
Jusqu'au dernier !

Quand en moi les histoires dansent
Une kyrielle de mots s'affolent
Je n'ai alors qu'une envie folle
Les coucher sur le papier

Je sais que pour les apprivoiser
Il faut du papier, du papier



Le site de l'artiste :  http://nicolaspabiot.fr

Pour écouter la musique : 
http://www.deezer.com/fr/artist/4158023 
https://soundcloud.com/nicolas-pabiot

Article sur le sujet :
http://etang-de-kaeru.blogspot.com/2013/09/sable-mouvant-voyage-en-eaux-sombres.html

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Bob - paroles pour le disque Sable Mouvant

 

Bob


T'as un certain talent
Pour les emmerdements
T'es construit pour durer
La baston et cogner

T'es pas là par hasard
Un tantinet casse-couilles
T'es jamais en retard
Quand il s'agit d'embrouilles

Résiste à tout
Même à l'atome
Même au sarcome

Résiste à tout
Même à l'atome
Même au sarcome

Toi, plus tard
Tu s’ras cafard

T'as un certain talent
Pour les emmerdements
Des gus à dessouder
T'es là pour nettoyer

Et dans tout ce bazar
Des biftons plein les fouilles
Le voilà qui s'barre
Vers de nouvelles magouilles

Résiste à tout
Même à l'atome
Même au sarcome

Résiste à tout
Même à l'atome
Même au sarcome

Toi, plus tard,
Tu s’ras cafard

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« Sous le lit » une BD sensible et sensuelle de Monsieur Q




"Sous le lit" est tranche de vie d'une jeunesse engluée dans une adolescence qui n'en finit pas, qui tente de devenir adulte malgré la rugosité du monde et son apparente morosité. L'intrigue se construit autour d'un sujet épineux, un l'accident bête et potentiellement mortel : la relation sexuelle ou tu oublies la capote. Cependant, il s'agit plus d'une BD qui parle d'amour sous toute ses formes : dans le couple, entre ami, entre parent et enfant.

Le préservatif préserve de tout... y compris des crises d'angoisses


Valentin a un vingtaine d'années ; l'âge où on sait que les monstres sous le lit n'existent pas mais que le monde est peuplé de menaces bien pires que celles imaginées par nos peurs de l'enfance. Pourtant, on a encore toute la fragilité et les appréhensions d'un oisillon, doutant de sa capacité à prendre son envol. Et un écart fâcheux, un petit accident, risque de faire voler en éclat les belles promesses d'avenir.
Jeune étudiant, homosexuel, Valentin a une aventure lors d'une soirée arrosée. Le lendemain, il ne se souvient plus si le préservatif était de la partie. Suit alors une décente dans l'angoisse de la contamination, l'incapacité d'affronter le test sanguin, les mensonges à Émilie, sa meilleure amie, les silences avec sa mère qui ignore tout de l'attirance de son fil pour les garçons.

Timide et introverti, il se planque sous le lit, avec les monstres et les moutons de poussière. Il tente de fermer les yeux, d’ignorer très fort la réalité, mais personne n'est dupe et surtout pas Émilie qui le houspille. Petit à petit, il accomplira le chemin vers le cabinet du médecin, le chemin vers l'adulte, vers une acceptation profonde de ce qu'il est et de celui qu'il veut montrer au monde.

Le talent n'attend point le nombre des années


Le trait hésitant, un peu brouillon de Monsieur Q (Quentin Zuttion) retranscrit les émotions et les conflits intérieurs avec tant que justesse qu'on se sent happé par la terreur de Valentin. Avec un découpage soigné qui laisse la place au passage du temps et aux petites choses de la vie, le récit progresse tout en douceur. La construction narrative est impeccable avec un choix judicieux du flash back qui donne au lecteur la certitude, dès les premières pages, que Valentin pourra dépasser ses craintes. Les représentions graphiques de la panique et les différents choix dans le traitement du dessin, en fonction du bagage émotionnel des scènes, dénotent d'une grande maturité artistique pour ce jeune homme.
Les dialogues sont fluides, dans l'air du temps, parfaitement compréhensibles (même quand on a deux fois 20 ans!). Le rythme est parfait : une alternance entre le quotidien et les ruptures graphiques quand les masques tombent et que Valentin cède à ses craintes.
Loin des stéréotypes et des discours moralisateurs, voici une BD en forme d’instantané sur une génération de nouvelles pousses qui rêvent toujours de libertés. Le sujet était casse-gueule, surtout quand on connait les statistiques sur la progression en recrudescence du SIDA et des MST. Pourtant, Monsieur Q le traite directement, avec sincérité et évitant l’écueil du discours lisse de campagne de prévention.
Il nous parle des difficultés de la vie quand on est hors des clous de la norme hétérosexuelle, nous parle de la douleur de grandir, d'être soi-même. Car il s'agit avant tout d'une histoire intime sur le passage de la fin de l'adolescence à l'age adulte, sur la transformation en un individu responsable et pourtant, toujours fragile et faillible qui veut être aimer.
Un seul bémol : l'omniprésence de la cigarette parce qu'il fallait bien que je trouve un truc négatif.

Sous le lit est une BD intelligente qui s'adresse aux curieux de l'Humain, qu'on soit jeune ou moins jeune, hétéro ou pas dans les cases. Bien sur, ce livre rappelle aussi que la capote évite non seulement de chopper et transmettre des saloperies mais surtout, qu'elle garantie - un peu - la quiétude de l'esprit.



Cette BD est sortie chez un petit éditeur spécialisé LGBT "Des ailes sur un tracteur". Sa diffusion est peut-être assez confidentielle. Le plus simple est de vous rendre sur le site de l'éditeur :

http://www.desailessuruntracteur.com/NOUVEAU-Sous-le-lit--la-premiere-BD-de-MR-Q--une-histoire-d-amour-et-d-amitie_a166.html

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Enfin disponible, « Les destructeurs » la BD coup-de-poing de François Amoretti





Voici un projet dont je vous ai déjà parlé avec enthousiasme ; Auto-édité, financé grâce à la plate-forme Ulule, le livre est maintenant imprimé. Son auteur expose actuellement à la galerie parisienne arludik et il sera en dédicace le samedi 6 février, pour le décrochage. Une occasion de se procurer son ouvrage et d'admirer « en vrai » ses magnifiques dessins et découvrir ses nouveaux projets.


L'histoire Destructeurs


Les Destructeurs est roman graphique protéiforme qui tient à la fois du conte fantastique, du récit d'aventure épique et de la satire sociale.

Londres, de nos jours, Shauna se sent mal, déphasée par rapport à ses contemporains. La vie ne l'a pas épargnée. Elle travaille le soir comme serveuse dans un pub, étudie le jour, et la nuit, s’effeuille devant sa webcam tant elle peine à joindre les deux bouts. Son quotidien terne et solitaire vire au cauchemar. La malchance lui colle à la peau avec une constance surnaturelle. Tant et si bien qu’elle se sent persécutée. Paranoïa ou risque réel ? Après une agression violente, Shauna n'en peut plus. Quelque chose en elle se rompt, ou peut-être se libère. La voilà soudain téléportée dans un petit village d’Écosse.

C'est le début de la fin. Les maux de notre monde moderne (la saleté, l’idiotie de la masse inerte, l'égocentrisme, la contamination radioactive...) s'incarnent pour devenir des nouveaux dieux tout aussi formidables que mortifères. Leur objectif est simple : anéantir Shauna. Leur particularité réside dans leur origine : ils sont la création des hommes. L'affrontement entre Shauna et ces créatures sera apocalyptique. Une seule issue semble possible : la destruction du monde.

Shauna est-elle la cause du carnage en refusant de mourir et de se sacrifier pour l'humanité ? À moins qu'elle en soit la sauveuse en éradiquant ces dieux asservissants... Dans son combat, elle ne sera pas seule, avec à ses côtés les membres disparates d'une équipe de cricket ! Tandis que notre groupe de héros lutte pour la survie de tout ce qui leur est cher, d'autres préparent lâchement leur fuite à bord d'un immense vaisseau, le Ark II. Shauna, par son refus de capituler et ses actions radicales, devient le bouc émissaire idéal. Arrivera-t-elle à sauver l'essentiel avant que les nouveaux dieux et la stupidité des hommes ne la terrassent ?

Le récit des Destructeurs est porté par la force de la mythologie nordique mais aussi de légendes et croyances de multiples origines, comme on le retrouve souvent dans les scénarios des jeux vidéo japonais, qui puisent dans les cultures du monde entier et créent des panthéons cosmopolites.
Malgré la violence visuelle et le sérieux des thèmes abordés, un humour absurde, très britannique dans l'esprit, allège le récit et en fait un roman graphique divertissant.


 

Petite biographie de l'auteur


François Amoretti est un dessinateur français aux influences éclectiques et au style graphique affirmé, qui aime tester de nouveaux modes narratifs.
Né à Aix en Provence, il a grandi sous l’influence des estampes de Hokusaï et des gravures de John Tenniel. Son dessin exprime toute sa fascination pour les femmes, particulièrement pour les figures hors-normes, fortes, qu’elles soient des pin-up vintages, romantiques ou guerrières.
Après des études d'arts appliqués à l’École supérieure d’arts graphiques Penninghen à Paris, François Amoretti part vivre au Japon. Durant une dizaine d'années, il y travaille comme illustrateur notamment pour la presse, participe à des expositions et à des concours prestigieux comme celui du musée d’art contemporain de la ville de Tokyo.

De retour en France, il revient en Provence et rejoint le studio Gottferdom. Sa rencontre avec la scénariste Audrey Alwett apporte à ses illustrations les mots qui lui manquent, ainsi qu'un récit structuré. Ils signent ensemble trois albums de contes, publiés aux éditions Soleil, avec comme dénominateur commun des personnages féminins charismatiques et complexes.
Puis, François Amoretti s’émancipe, il s'essaie au scénario et quitte l'univers de l'illustration pour celui de la BD. Ce changement de mode expression s'accompagne aussi d'une rupture plus profonde : dorénavant, il s'adresse à un public adulte. Sa série Burlesque girrrl en deux tomes séduit le lectorat. On y retrouve toujours une thématique autour de la féminité mais cette fois plus rebelle, inspirée par le mouvement des effeuilleuses burlesques, de la musique rockabilly et des vieilles voitures.

Souhaitant raconter des histoires encore plus intimes et sans concession, il fonde en 2015 le label Four Horsemen. La structure regroupe plusieurs artistes et peut accueillir le nouveau projet de François : Les Destructeurs, un projet audacieux qu’il mûrit depuis plusieurs années. Face à la frilosité des éditeurs à publier ce projet en l’état, dans toute sa radicalité et sa singularité, François a décidé de le sortir du circuit traditionnel. Ainsi, il peut s'exprimer en tout liberté.
En parallèle, il continue de sortir des ouvrages en collaboration avec d'autres scénaristes (Doggybags chez Ankama et un Sketchbook chez Comix Buro).


Quand François amène un peu d’Écosse sur les quais de Seine

 

L'auto-édition pour un livre luxueux


Un auteur déjà édité par des maisons reconnues (Soleil, Ankama...) qui sort un livre en auto-édition, ce n’est pas habituel. Pourtant, avec la situation économique du marché de la BD, ils sont de plus en plus nombreux à auto-publier un projet, souvent intime ou très original, sans pour autant quitter l’escarcelle de l’édition traditionnelle (Enrique Fernandez avec Brigada…)

François Amoretti a fait ce choix et l'assume pleinement. Dès les prémices du projet, François souhaitait sortir un livre sans concession. Pour que ce roman graphique se concrétise selon ses souhaits, il a donc opté pour l’auto-édition, rendue possible grâce à une plate-forme de financement participatif.
Il a pu ainsi contrôler toutes les étapes de la maquette à la fabrication afin que Les Destructeurs soit un livre dans l’esprit des vieux ouvrages classiques précieux qu’il affectionne tant. Le montant collecté par la campagne de financement a dépassé les objectifs, autorisant encore plus de fantaisie pour l’impression.
Les Destructeurs a une couverture en simili-cuir, avec des embossages et des dorures, les tranches colorées (pantone 666, ça ne s’invente pas !), et un tranchefile dans l’esprit des ouvrages classiques.

François Amoretti à la galerie Arludik

Féminisme et engagement politique


Les ouvrages de François Amoretti sont toujours centrés sur un personnage féminin. Ses héroïnes se caractérisent par une grande épaisseur psychologique, avec des contradictions et des failles qui les rendent très crédibles. Leur personnalité et leur motivation évoluent au fur et à mesure des albums.

Au début de sa carrière, il dessinait des Gothic Lolita post-adolescentes rebelles. Cependant, la dimension gentille et mignonne l'emportait sur leur originalité et leur anti-conformisme. Avec Violette, dans Burlesque Girrrl, l'héroïne devient une adulte, elle affirme sa féminité envers et contre les carcans sociaux. Cependant, elle reste encore prisonnière de son image de par son exposition publique et sa profession de chanteuse et effeuilleuse burlesque.
Shauna, la protagoniste des Destructeurs, est l'héroïne la plus radicale des BD de François Amoretti. Elle utilise sa propre image et le stéréotype de la femme-objet pour exploiter le système (les webcams coquines), un peu comme Violette. Mais cette situation change rapidement : Shauna abandonne ce jeu pour rentrer en conflit ouvert avec les injustices, inégalités et aberrations diverses de notre société.

L'évolution des héroïnes, qui gardent pourtant des traits communs très forts, s'explique par le lien presque charnel qui unit l'auteur avec elles. Il ne les conçoit pas comme un homme fasciné ou attiré par le sexe opposé et qui projetterait ses fantasmes et attentes : chaque nouvelle héroïne est dessinée comme la femme qu'il aimerait être.

L'idéalisme de Shauna et sa radicalité sont l'expression tangible de la violence de notre société, du flux d'informations terrifiantes qui envahit notre quotidien. François Amoretti revendique la dimension sociale des Destructeurs. Il a choisi le dessin et les mots pour exprimer sa colère face à la brutalité absurde du monde que chacun peut constater en regardant les news à la télé ou en lisant la presse.

Il a été particulièrement choqué par la catastrophe de Fukushima en 2011 et son traitement par le gouvernement japonais, qui a choisi ouvertement le déni. Ses préoccupations se retrouvent dans ce livre où la thématique de l'écologie est omniprésente. Elle s’additionne d'un rejet du consumérisme acharné, enfant du libéralisme et de ses dérives. Les attentats de janvier 2015 à la rédaction de Charlie Hebdo et le débat sur la liberté d’expression, la laïcité et le blasphème qui a suivi, ont aussi renforcé certains des propos de l'ouvrage. En effet, le grand adversaire manipulateur des Destructeurs est le Dieu Unique. Cette entité tente de détruire Shauna par tous les moyens, quitte à raser la planète. Elle est née de l’agrégation des trois grandes religions monothéistes.

Farouchement athée et surtout profondément humaniste, François Amoretti choisit la satire comme mode de dénonciation. Elle apporte la distance nécessaire afin d'éviter l’écueil du discours moraliseur ou nihiliste.


J'ai écris texte pour le dossier de presse de François, d'où le ton objectif et l'absence de fautes. Pour ceux qui ont échappé à mon matraquage sur les réseaux sociaux, ne doutez pas de mon enthousiasme. J'attends avec impatience les retours de ceux d'entre-vous qui l'auront lu !

Blog de l'auteur : http://www.francoisamoretti.com/


Autre article dans l'étang avec des images de planches entière : http://etang-de-kaeru.blogspot.fr/2015/01/les-destructeurs-un-projet-bd-courageux.html

Le début du livre à découvrir sur BDGest :
http://www.bdgest.com/preview-1871-BD-les-destructeurs-recit-complet.html
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